# Quels joints choisir pour garantir l’étanchéité d’une porte-fenêtre ?

L’étanchéité d’une porte-fenêtre représente un enjeu crucial pour le confort thermique et acoustique d’une habitation. Une menuiserie mal étanchée peut engendrer des pertes énergétiques considérables, jusqu’à 25% selon les estimations de l’ADEME, tout en créant des infiltrations d’air parasites et des courants d’air désagréables. Les joints d’étanchéité constituent la première ligne de défense contre ces désordres, formant une barrière continue entre l’intérieur et l’extérieur. Leur choix ne doit jamais être laissé au hasard : la nature du matériau, sa compatibilité avec le dormant, sa résistance aux UV et aux variations thermiques déterminent directement la performance globale de votre installation. Dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant, avec la RE2020 qui impose des seuils d’étanchéité stricts, comprendre les différentes technologies disponibles devient indispensable pour tout projet de rénovation ou de construction.

Les différents types de joints d’étanchéité pour portes-fenêtres

Le marché propose aujourd’hui une diversité impressionnante de solutions d’étanchéité, chacune répondant à des contraintes techniques spécifiques. Cette variété reflète l’évolution des normes thermiques et la recherche constante d’une performance optimale. Contrairement aux idées reçues, tous les joints ne se valent pas, et leur sélection doit impérativement tenir compte du contexte d’installation, de l’exposition climatique et du type de menuiserie concerné. Les fabricants ont développé des formulations sophistiquées qui combinent élasticité, mémoire de forme et résistance au vieillissement.

Joints en EPDM : résistance aux UV et longévité optimale

L’éthylène-propylène-diène monomère (EPDM) représente la référence en matière de durabilité pour les applications extérieures. Ce caoutchouc synthétique se distingue par une résistance exceptionnelle aux rayonnements ultraviolets, aux températures extrêmes (de -40°C à +120°C) et aux intempéries. Les joints en EPDM maintiennent leur élasticité pendant au minimum 15 à 20 ans, ce qui en fait le choix privilégié pour les menuiseries exposées à des conditions climatiques sévères. Leur structure moléculaire leur confère également une excellente résistance à l’ozone et aux agents chimiques présents dans l’atmosphère urbaine ou industrielle.

La mise en œuvre des joints EPDM s’effectue généralement par insertion dans une rainure usinée dans le dormant ou l’ouvrant. Certains modèles disposent d’un talon rigide qui facilite le positionnement et garantit une tenue mécanique optimale. Leur coefficient de compression permet d’absorber les tolérances de fabrication et les variations dimensionnelles liées aux cycles thermiques. Vous constaterez que cette technologie équipe massivement les menuiseries haut de gamme, particulièrement celles destinées aux régions montagnardes ou littorales où les agressions climatiques sont maximales.

Joints en silicone : flexibilité et adhérence sur supports variés

Le silicone offre une polyvalence remarquable qui explique sa présence dans de nombreuses configurations d’étanchéité. Sa capacité à adhérer sur des supports très différents (PVC, aluminium, bois, verre, maçonnerie) en fait une solution universelle, particulièrement appréciée pour les interventions en rénovation. Les mastics silicones neutres, labellisés SNJF, garantissent une durabilité minimale de 10 à 15

complètes lorsqu’ils sont associés à un fond de joint et mis en œuvre avec un pistolet adapté.

Sur une porte-fenêtre, les joints et mastics silicones interviennent à deux niveaux : en périphérie du dormant (entre menuiserie et maçonnerie) pour assurer l’étanchéité à l’air et à l’eau, et localement pour traiter des points singuliers (seuil, traverse haute, raccords de tapées d’isolation). Leur grande flexibilité permet d’absorber les mouvements différentiels entre matériaux, notamment entre un cadre aluminium et une façade en enduit ou en briques. Ils sont particulièrement recommandés en rénovation de portes-fenêtres anciennes, lorsque les supports présentent de petites irrégularités qu’un joint rigide ne pourrait pas compenser.

Vous recherchez une solution capable de suivre les déformations d’un bâti ancien sans se fissurer ? Le silicone neutre est alors un excellent candidat. Il exige cependant une préparation minutieuse des supports (dépoussiérage, dégraissage) et un respect scrupuleux des largeurs de joint préconisées par le fabricant. Utilisé en combinaison avec des joints de frappe ou de vitrage préfabriqués, il contribue à constituer un système d’étanchéité global, conforme aux exigences de la RE2020 et aux prescriptions du DTU 36.5.

Joints en TPE thermoplastique : performance thermique et recyclabilité

Les joints en TPE (élastomères thermoplastiques) représentent une génération plus récente de solutions d’étanchéité pour portes-fenêtres. Issus de polymères pouvant être fondus et remoulés, ils cumulent des propriétés proches de celles du caoutchouc (élasticité, résilience) avec les avantages des plastiques techniques (stabilité dimensionnelle, recyclabilité). Cette combinaison en fait une option particulièrement intéressante pour les menuiseries industrielles, notamment en PVC et aluminium.

Sur le plan de la performance thermique, les TPE affichent une conductivité relativement faible, ce qui limite les ponts thermiques au niveau des joints périphériques. Leur comportement sous compression est très stable, avec une bonne mémoire de forme qui garantit le maintien de la pression de contact dans le temps. Concrètement, cela signifie que votre porte-fenêtre conservera son niveau d’étanchéité à l’air même après des milliers de cycles d’ouverture/fermeture. Certains fabricants proposent des formulations spécifiques pour le froid extrême, d’autres pour les climats chauds, ce qui permet d’adapter le joint à votre zone géographique.

L’un des atouts majeurs des joints TPE réside aussi dans leur recyclabilité. Dans un contexte où l’empreinte environnementale des menuiseries devient un critère de choix déterminant, pouvoir réintroduire ces matériaux dans une boucle de valorisation est un argument fort. Si vous visez une porte-fenêtre à haute performance thermique, avec un excellent coefficient Uw, les profils équipés de joints TPE multicavités font partie des solutions à privilégier. Ils sont très présents sur les gammes BBC et Passivhaus, où chaque détail d’étanchéité compte.

Joints en mousse polyuréthane : isolation acoustique renforcée

Les mousses polyuréthane jouent un double rôle dans l’étanchéité des portes-fenêtres : elles interviennent comme isolant dans l’espace entre dormant et maçonnerie, et, sous forme de bandes pré-comprimées, comme joints périphériques assurant à la fois isolation thermique, acoustique et étanchéité à l’eau. Contrairement aux mousses adhésives « grand public » utilisées pour du simple calfeutrement, les produits professionnels à base de polyuréthane imprégné offrent des performances contrôlées et durables.

Sur le plan acoustique, ces mousses se révèlent particulièrement efficaces. Leur structure cellulaire absorbe une partie de l’énergie des ondes sonores, réduisant la transmission des bruits extérieurs au niveau des jonctions. Si votre porte-fenêtre donne sur une rue passante ou une voie ferrée, l’utilisation de bandes mousse haute densité autour du dormant peut faire la différence entre un simple confort et un véritable cocon phonique. Elles sont classées selon leur capacité à résister à la pluie battante (jusqu’à 600 ou 1 000 Pa), ce qui garantit une excellente tenue en façade exposée au vent.

Attention toutefois : la mousse expansive injectée seule dans le joint de pose ne suffit pas à assurer l’étanchéité à l’air et à l’eau, comme le rappelle explicitement le DTU 36.5. Elle doit être complétée par un joint d’étanchéité continu, qu’il s’agisse de mastic ou de bande pré-comprimée. En combinant une mousse polyuréthane pour le remplissage thermique et une bande imprégnée pour l’étanchéité, vous obtenez un système performant, à la fois contre les déperditions de chaleur et contre les nuisances sonores.

Critères de sélection selon le matériau du dormant et de l’ouvrant

Le choix des joints pour une porte-fenêtre ne peut pas se faire indépendamment du matériau de la menuiserie. PVC, aluminium, bois ou systèmes mixtes n’ont ni les mêmes comportements mécaniques, ni les mêmes coefficients de dilatation. Un joint parfaitement adapté à un cadre PVC peut se révéler inadapté sur une structure alu à rupture de pont thermique. Pour garantir une étanchéité durable, il est donc indispensable de raisonner en « système », en associant le bon profil de joint au bon type de dormant et d’ouvrant.

Vous vous demandez quel joint privilégier pour une porte-fenêtre en PVC exposée plein sud, ou pour une grande baie alu sur façade nord ? Les critères à prendre en compte sont multiples : compatibilité chimique, adhérence, dureté (shore A), capacité de compression, résistance aux UV, mais aussi contraintes de pose (rainuré, collé, clippé). Voyons plus en détail, matériau par matériau, quelles sont les options d’étanchéité les plus pertinentes.

Compatibilité des joints avec les menuiseries PVC

Les portes-fenêtres en PVC se caractérisent par une bonne stabilité dimensionnelle, mais aussi par un coefficient de dilatation relativement élevé par rapport aux matériaux minéraux. Les joints d’étanchéité doivent donc être capables d’absorber ces variations sans se décoller ni se cisailler. C’est l’une des raisons pour lesquelles les fabricants privilégient souvent l’EPDM et le TPE pour les joints de frappe et de vitrage des profils PVC.

Les joints en EPDM insérés en rainure offrent une excellente résistance aux UV et conservent leur élasticité malgré les cycles thermiques importants auxquels une porte-fenêtre peut être soumise. Les TPE, quant à eux, présentent l’avantage supplémentaire d’une mise en œuvre en co-extrusion directement avec le profil PVC, assurant une liaison parfaite et une continuité de matière. Pour le calfeutrement périphérique entre dormant PVC et maçonnerie, les mastics silicones neutres compatibles PVC ou les bandes mousse imprégnées sont à privilégier, en veillant à ne jamais utiliser de solvants agressifs qui pourraient attaquer le profil.

Sur les menuiseries PVC modernes, on rencontre fréquemment des systèmes à double ou triple joint de frappe, parfois complétés par un joint central. Cette architecture permet d’améliorer sensiblement la perméabilité à l’air (classe A3 ou A4 au classement AEV) et de réduire les ponts thermiques. Si vous remplacez un joint usé sur une porte-fenêtre PVC existante, il est recommandé d’utiliser un profil d’origine ou un équivalent exact, car une section inadaptée pourrait nuire à la compression et donc à l’étanchéité globale.

Solutions d’étanchéité spécifiques pour cadres aluminium à rupture de pont thermique

Les portes-fenêtres en aluminium à rupture de pont thermique combinent finesse des profils, grande résistance mécanique et performances énergétiques élevées. Toutefois, l’aluminium reste un excellent conducteur de chaleur, et la maîtrise de l’étanchéité au droit des joints devient déterminante pour atteindre les niveaux exigés par la RE2020. Les systèmes de joints doivent composer avec les différences de dilatation entre l’alu, les barrettes isolantes (généralement en polyamide) et les autres matériaux de la façade.

Dans ce contexte, les joints en EPDM et TPE à haute résilience sont majoritaires, car ils supportent bien les micro-mouvements des profils sans perte d’étanchéité. Les fabricants développent des géométries complexes (joints bulbes, lèvres multiples) qui viennent se comprimer sur plusieurs plans, créant des chambres d’air successives. Pour le raccord entre dormant aluminium et maçonnerie, on privilégiera des bandes d’étanchéité pré-comprimées compatibles avec les laquages et anodisations, ou des mastics silicones neutres non tachants, spécifiquement formulés pour l’alu.

Autre particularité : le seuil des portes-fenêtres alu, souvent très bas pour favoriser l’accessibilité PMR, constitue une zone sensible. Des profils spécifiques avec joints brosse ou lèvres souples sont alors mis en place pour concilier étanchéité à l’air et facilité de passage. Une attention particulière doit être portée à l’évacuation de l’eau de pluie (drainage) afin d’éviter tout risque de stagnation au droit des joints inférieurs, ce qui pourrait accélérer leur vieillissement.

Joints adaptés aux portes-fenêtres en bois : gestion de la dilatation naturelle

Le bois est un matériau vivant, soumis à des variations dimensionnelles en fonction de l’humidité et de la température. Sur une porte-fenêtre, ces mouvements peuvent être significatifs, en particulier sur de grandes hauteurs. Les joints d’étanchéité doivent donc combiner une grande élasticité avec une capacité de suivi des déformations du dormant et de l’ouvrant, tout en préservant l’aspect esthétique de la menuiserie.

Les joints en EPDM restent une valeur sûre pour ce type de configuration, notamment lorsqu’ils sont insérés dans des rainures précisément usinées dans le bois. Leur forte capacité de compression-compensation permet d’absorber les légères déformations sans créer de points durs qui gêneraient la fermeture. Les mastics silicones neutres sont également très utilisés en périphérie, à condition de respecter les temps de séchage sur support bois (souvent préalablement peint ou lasuré) et d’éviter tout contact avec des produits de finition non compatibles.

Dans les constructions à ossature bois ou les maisons anciennes, où les mouvements structurels peuvent être plus marqués, certains professionnels optent pour des systèmes mixtes combinant joints compressibles et bandes mousse imprégnées. Cette approche permet de créer une « zone tampon » entre la menuiserie et la structure porteuse, limitant ainsi les contraintes sur le joint principal de frappe. Pour vous, cela se traduit par une porte-fenêtre bois qui reste facile à manœuvrer au fil des saisons, sans que l’étanchéité ne se dégrade.

Systèmes mixtes bois-aluminium : double étanchéité périphérique

Les portes-fenêtres mixtes bois-aluminium, qui associent la chaleur du bois en intérieur à la robustesse de l’aluminium en extérieur, imposent des exigences particulières en matière de joints. On se trouve en présence de deux environnements très différents : côté extérieur, l’aluminium est directement exposé aux intempéries et aux rayons UV ; côté intérieur, le bois doit gérer l’hygrométrie du logement. La solution la plus couramment retenue consiste à mettre en place une double étanchéité périphérique distincte.

Côté extérieur, des joints en EPDM ou TPE résistants aux UV, complétés par un calfeutrement au mastic silicone neutre ou par des bandes d’étanchéité pré-comprimées, assurent la protection contre l’eau de pluie et le vent. Côté intérieur, des joints plus souples, parfois en TPE ou en mousse à cellules fines, sont utilisés pour garantir l’étanchéité à l’air et le confort thermique tout en respectant les mouvements du bois. Cette double barrière permet de créer une zone intermédiaire « tampon », dans laquelle l’humidité éventuelle peut être contrôlée et évacuée.

Lorsque vous choisissez une porte-fenêtre mixte, il est pertinent de vérifier auprès du fabricant le détail des systèmes d’étanchéité mis en œuvre : nombre de joints de frappe, présence d’un joint central, nature des calfeutrements périphériques. Un système bien conçu combinera une excellente perméabilité à l’air (A3 ou A4), une bonne étanchéité à l’eau (E6 ou plus) et une résistance mécanique adaptée à l’exposition au vent de votre façade.

Coefficients de performance thermique et étanchéité à l’air AEV

Les joints de portes-fenêtres ne se contentent pas d’empêcher l’eau et l’air de s’infiltrer : ils contribuent directement aux performances thermiques et acoustiques de la menuiserie. Dans un contexte où les réglementations thermiques se durcissent et où les logements BBC et RE2020 deviennent la norme, comprendre le lien entre qualité des joints, classement AEV et coefficient Uw est essentiel. Une porte-fenêtre dotée d’un excellent vitrage mais de joints médiocres ne pourra jamais atteindre les performances annoncées sur le papier.

Vous l’avez sans doute remarqué sur les fiches techniques : chaque menuiserie est accompagnée d’un classement AEV (Air, Eau, Vent) et d’un coefficient Uw exprimé en W/m².K. Derrière ces chiffres se cachent des essais normalisés rigoureux, qui évaluent la capacité de la porte-fenêtre à résister aux sollicitations climatiques. Les joints jouent un rôle central dans ces tests, en assurant la continuité de l’étanchéité entre l’ouvrant, le dormant et la structure porteuse.

Classement AEV et perméabilité à l’air selon norme NF EN 12207

La perméabilité à l’air des portes-fenêtres est évaluée selon la norme NF EN 12207, qui attribue une classe allant de 1 à 4 (A1 à A4 pour les menuiseries). Plus la classe est élevée, plus la menuiserie est étanche à l’air. Concrètement, une porte-fenêtre de classe A4 laissera passer beaucoup moins d’air parasite sous une pression donnée qu’une menuiserie de classe A2. Cette performance est déterminante pour limiter les déperditions énergétiques et éviter les sensations de courant d’air à proximité des ouvertures.

Lors des essais, la porte-fenêtre est soumise à des différences de pression croissantes, simulant l’effet du vent sur la façade. Les infiltrations d’air sont mesurées et comparées aux seuils de la norme. Les joints de frappe, les joints de vitrage, mais aussi les joints périphériques de pose sont sollicités. Un défaut d’écrasement du joint, une discontinuité au niveau d’un angle ou un mastic mal appliqué peuvent suffire à faire baisser le classement AEV. C’est pourquoi les fabricants conçoivent des systèmes de joints multi-niveaux et multiplient les barrières à l’air sur le pourtour de l’ouvrant.

Pour votre projet, viser une classe A3 ou A4 est fortement recommandé, en particulier dans les zones ventées ou pour les habitations à haute performance énergétique. Une bonne étanchéité à l’air ne dispense pas d’une ventilation maîtrisée (VMC simple ou double flux), mais elle permet de contrôler les échanges d’air, plutôt que de les subir via des fuites parasites.

Coefficient uw et contribution des joints à l’isolation globale

Le coefficient Uw (Window U-value) exprime la performance thermique globale d’une porte-fenêtre, en prenant en compte le vitrage (Ug), le profil de menuiserie (Uf) et les effets de bord. On pourrait croire que les joints ont un impact marginal sur ce coefficient, mais dans les faits, ils jouent un rôle clé pour maintenir la performance dans des conditions réelles d’utilisation. En l’absence d’une étanchéité correcte, les mouvements d’air à travers les interstices viennent annuler une partie des bénéfices d’un double ou triple vitrage performant.

Imaginez votre porte-fenêtre comme une doudoune technique : le vitrage serait l’isolant, le profil la structure, et les joints, les fermetures éclair et rabats qui empêchent l’air froid de s’infiltrer. Si ces derniers sont défaillants, l’ensemble perd en efficacité. Des études menées sur le bâti résidentiel montrent qu’une mauvaise étanchéité des menuiseries peut augmenter les besoins de chauffage de plus de 10 à 15 %, même avec une isolation par ailleurs correcte. À l’inverse, des joints bien conçus permettent de tirer pleinement parti d’un Uw bas (1,3 W/m².K ou moins).

Lorsque vous comparez plusieurs portes-fenêtres, ne vous limitez donc pas au seul Uw annoncé. Intéressez-vous aussi à la conception des joints, à leur nombre, à leur nature, et au classement AEV associé. Demandez-vous : comment cette menuiserie maintiendra-t-elle ses performances dans 10 ou 15 ans, une fois les joints soumis aux UV, aux chocs thermiques et aux cycles d’ouverture quotidiens ? C’est là que la qualité des matériaux (EPDM, TPE, silicone) et le soin apporté à la pose font la différence.

Tests d’infiltrométrie et détection des points de déperdition

Les tests d’infiltrométrie, aussi appelés tests « blower-door », sont de plus en plus utilisés pour vérifier l’étanchéité à l’air des bâtiments neufs ou rénovés. Ils consistent à mettre le logement en légère surpression ou dépression à l’aide d’un ventilateur installé sur une porte, puis à mesurer les débits d’air traversant l’enveloppe. Les portes-fenêtres, en tant que zones sensibles, sont systématiquement observées durant ces essais.

Lors d’un test, les techniciens utilisent souvent une caméra thermique ou des fumigènes pour visualiser les points de fuite. Un joint de porte-fenêtre mal comprimé, une jonction dormant/maçonnerie mal mastiquée, un seuil sans rejingot ou sans bande d’étanchéité peuvent apparaître immédiatement comme des zones de déperdition. Ces diagnostics permettent de cibler des actions correctives : remplacement de joints de frappe, reprise de mastic, ajout de bandes pré-comprimées, réglage de la quincaillerie pour améliorer la compression.

Pour vous, propriétaire ou maître d’ouvrage, le recours à un test d’infiltrométrie est un moyen très concret de vérifier l’efficacité des systèmes d’étanchéité de vos portes-fenêtres. Au-delà de la conformité réglementaire, il vous offre la garantie que l’investissement consenti dans des menuiseries performantes se traduit réellement par un confort accru et des économies d’énergie mesurables.

Zones critiques d’application des joints sur une porte-fenêtre

Sur une porte-fenêtre, toutes les zones ne sont pas égales face aux risques d’infiltration. Certaines parties du châssis sont particulièrement exposées aux agressions climatiques ou aux contraintes mécaniques : seuil bas, angles, zones de ferrage, jonction entre ouvrants dans le cas d’une porte-fenêtre à deux vantaux. Identifier ces zones critiques permet de concentrer les efforts d’étanchéité là où ils auront le plus d’impact.

En partie basse, le seuil est soumis aux ruissellements, aux projections d’eau, voire à l’eau stagnante en cas de mauvais drainage. Un joint continu, associé à un rejingot ou à un seuil spécifique avec larmier, est indispensable pour empêcher les infiltrations par capillarité. En périphérie verticale, les montants doivent recevoir des joints de frappe correctement comprimés, tandis que les angles, souvent sources de faiblesses, doivent être traités avec des pièces de renfort ou des reprises de mastic soigneusement lissées.

Au droit de la crémone et des paumelles, les efforts mécaniques répétés peuvent à terme déformer légèrement l’ouvrant, ce qui affecte la compression des joints. C’est pourquoi les menuiseries de qualité prévoient des renforts et des réglages de quincaillerie permettant de corriger ces jeux. Enfin, sur une porte-fenêtre coulissante, les rails et chariots imposent une autre logique d’étanchéité, basée sur une combinaison de joints brosse, de lèvres souples et de systèmes de drainage multi-niveaux pour évacuer l’eau infiltrée dans les chambres.

Techniques de pose et outils professionnels pour une étanchéité durable

Une porte-fenêtre équipée des meilleurs joints ne donnera son plein potentiel que si sa pose respecte les règles de l’art. L’étanchéité dépend autant de la qualité des matériaux que de la précision du calage, du vissage et du calfeutrement. C’est pourquoi les professionnels utilisent des méthodes et des outils spécifiques pour garantir une compression homogène des joints et une continuité parfaite des barrières à l’air et à l’eau.

La mise à niveau et l’équerrage de la menuiserie sont des étapes incontournables : des cales de montage adaptées (en plastique cranté, non compressible) sont positionnées aux points stratégiques (angles, zones de charge) pour stabiliser le dormant. Une fois la porte-fenêtre fixée mécaniquement dans la maçonnerie, l’espace périphérique est comblé avec un isolant (souvent mousse polyuréthane ou laine minérale), puis fermé par un joint d’étanchéité continu, posé au mastic silicone ou via une bande pré-comprimée. Un pistolet à mastic de qualité, des lisseurs de joints, ainsi que des outils de coupe précis pour les bandes sont indispensables pour un rendu propre et durable.

Pour les menuiseries les plus exigeantes (maisons passives, bâtiments tertiaires performants), des systèmes de membranes d’étanchéité à l’air sont parfois utilisés en complément, collés sur le dormant et raccordés au pare-vapeur intérieur. Côté extérieur, une attention particulière est portée à la compatibilité des produits d’étanchéité avec les enduits, bardages ou parements. En respectant scrupuleusement les préconisations du DTU 36.5 et des fabricants de joints, il est possible d’obtenir une porte-fenêtre dont les performances réelles sont conformes aux valeurs annoncées sur les fiches techniques.

Pathologies courantes et maintenance préventive des systèmes d’étanchéité

Comme tout composant de l’enveloppe du bâtiment, les joints de porte-fenêtre sont soumis au vieillissement et à l’usure. Sans maintenance, même les meilleurs matériaux finissent par perdre de leur efficacité. Les pathologies les plus courantes incluent le durcissement ou le craquelage des joints EPDM ou TPE sous l’effet des UV, le décollement de mastics silicones mal préparés, ou encore l’écrasement permanent de joints mal dimensionnés, qui ne reprennent plus leur forme initiale.

Les signes précurseurs sont souvent visibles ou perceptibles : courants d’air ressentis à proximité de la porte-fenêtre, apparition de condensation en périphérie du vitrage, traces d’humidité ou de moisissures au bas du dormant, bruit accru lors de rafales de vent. Une inspection visuelle annuelle, accompagnée d’un simple test à la feuille de papier (glissée entre ouvrant et dormant pour vérifier la compression), permet de détecter rapidement les faiblesses. Un nettoyage régulier des joints avec un chiffon doux et de l’eau savonneuse, sans solvants, contribue aussi à prolonger leur durée de vie.

En maintenance préventive, il est conseillé de :

  • vérifier l’état des joints de frappe et de seuil au moins une fois par an, notamment avant l’hiver ;
  • contrôler le bon fonctionnement de la quincaillerie (réglage des paumelles, compression de la crémone) pour garantir une fermeture correcte et une compression homogène des joints.

Lorsque des dégradations sont constatées, le remplacement des joints concernés doit être envisagé sans attendre, en privilégiant des pièces d’origine ou des profils strictement compatibles. Dans certains cas, une reprise complète du calfeutrement périphérique au mastic ou à la bande pré-comprimée sera nécessaire, notamment si des infiltrations d’eau ont été observées. Cette approche proactive vous permettra de conserver, sur la durée, une porte-fenêtre parfaitement étanche, gage de confort et d’économies d’énergie au quotidien.