# Porte-fenêtre et performance acoustique : quels indices prendre en compte ?
Le bruit représente aujourd’hui l’une des principales nuisances environnementales dans les zones urbaines et périurbaines. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 100 millions d’Européens sont exposés quotidiennement à des niveaux sonores dépassant les seuils de confort recommandés. En France, environ 10 millions de personnes subissent une gêne importante liée aux bruits extérieurs, et plus de 3 millions voient leur qualité de sommeil altérée. Dans ce contexte, le choix d’une porte-fenêtre performante sur le plan acoustique devient un enjeu majeur pour garantir le confort et la santé des occupants. La performance phonique d’une menuiserie ne s’évalue pas au hasard : elle repose sur des indices normalisés, des compositions techniques précises et une mise en œuvre rigoureuse. Comprendre ces critères permet de faire un choix éclairé et d’éviter les déceptions après installation.
Les indices normalisés de performance acoustique pour les menuiseries
La mesure de la performance acoustique d’une porte-fenêtre s’appuie sur des normes internationales qui permettent de comparer objectivement les produits. Ces indices constituent le langage universel de l’isolation phonique et orientent les choix techniques en fonction de l’environnement sonore.
L’indice d’affaiblissement acoustique rw (C; ctr) selon la norme NF EN ISO 717-1
L’indice Rw représente la capacité d’un élément de construction à réduire la transmission des bruits aériens. Exprimé en décibels (dB), il est mesuré en laboratoire selon la norme NF EN ISO 717-1, dans une plage de fréquences allant de 100 à 4000 Hz. Plus cet indice est élevé, meilleure est la protection contre les nuisances sonores extérieures. Cependant, l’indice Rw seul ne suffit pas à caractériser la performance réelle d’une menuiserie : il doit être complété par deux termes correctifs, C et Ctr, qui ajustent la mesure en fonction du type de bruit rencontré.
Le terme C correspond aux bruits riches en fréquences moyennes et aiguës, typiques des activités humaines intérieures comme les conversations, la musique ou les bruits de pas. Le terme Ctr, quant à lui, s’applique aux bruits contenant davantage de basses fréquences, comme le trafic routier, ferroviaire ou aérien. Ces corrections sont généralement négatives : par exemple, une porte-fenêtre affichant un indice de 37 dB (-1; -4) offre une isolation de 37 dB pour les bruits standard, 36 dB pour les bruits d’activités (37 + C = 37 – 1) et seulement 33 dB pour les bruits de trafic (37 + Ctr = 37 – 4). Cette distinction est cruciale car les nuisances les plus fréquentes en environnement urbain proviennent justement du trafic routier.
Le classement CEKAL AR et ses six catégories d’isolation phonique
La certification CEKAL AR (Acoustique Renforcée) classe les vitrages selon leur capacité à atténuer les bruits aériens d’origine routière pendant une durée garantie de 10 ans. Ce label définit six catégories, allant de AR1 (≥ 25 dB) à AR6 (≥ 37 dB), permettant d’adapter précisément le choix du vitrage à l’environnement sonore.
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| Classe CEKAL | Affaiblissement minimal (dB) | Niveau de bruit typique | Environnement conseillé |
|---|---|---|---|
| AR1 | ≥ 25 dB | Trafic très modéré | Zone calme, quartier résidentiel peu passant |
| AR2 | ≥ 28 dB | Rue à circulation occasionnelle | Rue piétonne, petite ville |
| AR3 | ≥ 30 dB | Rue avec circulation régulière | Voie urbaine standard |
| AR4 | ≥ 33 dB | Voie urbaine dense | Axes de circulation importants |
| AR5 | ≥ 35 dB | Trafic soutenu et continu | Proximité de grands axes routiers |
| AR6 | ≥ 37 dB | Nuisances très fortes | Autoroute, voie ferrée, couloir aérien |
Pour une porte-fenêtre exposée directement au trafic routier ou ferroviaire, il est généralement recommandé de viser au minimum une classe AR3 à AR4. Dans les environnements particulièrement bruyants (proximité immédiate d’une voie rapide, d’une gare ou d’un aéroport), un vitrage classé AR5 ou AR6 devient pertinent afin de garantir un niveau de confort acceptable dans les pièces de vie ou les chambres.
La différence entre rw, RA et RA,tr dans l’évaluation des bruits extérieurs
Les indices Rw, RA et RA,tr prêtent souvent à confusion, alors qu’ils désignent des notions proches mais pas identiques. Le Rw est l’indice de base mesuré en laboratoire selon la norme NF EN ISO 717‑1 ; il caractérise l’affaiblissement acoustique global, toutes fréquences confondues, sans prise en compte d’un spectre de bruit particulier. C’est le chiffre que les fabricants mettent le plus souvent en avant, car il permet de comparer rapidement deux porte-fenêtres entre elles.
RA et RA,tr sont des indices dérivés de Rw, obtenus en appliquant les termes correctifs C et Ctr. L’indice RA (parfois noté simplement Ra) correspond à Rw + C et convient pour les bruits dits « roses », c’est‑à‑dire des bruits aériens intérieurs riches en fréquences moyennes, comme les conversations, les téléviseurs ou les bruits de bureau. L’indice RA,tr, lui, est égal à Rw + Ctr et vise spécifiquement les bruits de trafic (routier, ferroviaire, aérien), plus chargés en basses fréquences. C’est donc ce dernier indice qu’il faut regarder en priorité pour le choix d’une porte-fenêtre donnant sur l’extérieur.
Concrètement, une porte-fenêtre annoncée à 40 dB (-1; -5) aura un RA de 39 dB et un RA,tr de 35 dB. Sur le papier, le produit semble « 40 dB », mais pour le bruit routier, vous disposez en réalité d’un affaiblissement effectif de 35 dB. C’est un peu comme la consommation d’un véhicule : la valeur normalisée sur catalogue ne reflète pas toujours la consommation réelle en conditions urbaines. Pour comparer des menuiseries destinées à des façades exposées, il est donc plus pertinent de comparer leurs RA,tr que leurs seuls Rw.
Les exigences réglementaires de la NRA (nouvelle réglementation acoustique)
En France, la Nouvelle Réglementation Acoustique (NRA) fixe des exigences minimales d’isolement aux bruits extérieurs pour les bâtiments d’habitation neufs. L’exigence porte sur l’isolement de façade DnT,A,tr, mesuré in situ, qui doit être au minimum de 30 dB et peut atteindre 45 dB en fonction du niveau de bruit ambiant et de la configuration de la voie (rue en U, en L, etc.). Cela signifie que l’ensemble de la façade (murs, porte-fenêtre, fenêtres, coffres de volets roulants, entrées d’air) doit, pris comme un tout, offrir cet affaiblissement vis‑à‑vis du bruit routier.
La porte-fenêtre, en tant que grande surface vitrée et seul élément mobile de la façade, contribue fortement à cet isolement global. Dans le cas d’une façade classée 35 dB, la NRA et les référentiels associés imposent par exemple des valeurs minimales pour chaque composant : menuiseries avec Rw + Ctr > 35 dB, entrées d’air et grilles de ventilation avec Dnew + Ctr adapté, etc. En rénovation, l’arrêté du 13 avril 2017 introduit des exigences d’affaiblissement acoustique minimal élément par élément : la porte-fenêtre doit alors présenter un indice Rw (C; Ctr) suffisant pour compenser l’absence de traitement global de façade.
Vous l’aurez compris : choisir une porte-fenêtre très performante, mais l’associer à des coffres de volets roulants non traités ou à des entrées d’air non acoustiques, ne permettra pas d’atteindre les objectifs réglementaires. C’est l’ensemble du système de façade qui doit être cohérent. D’où l’importance de se référer aux prescriptions du DTU 36.5 pour la mise en œuvre et d’anticiper, dès la phase de conception, les performances acoustiques nécessaires en fonction du classement sonore de la parcelle.
Composition technique des vitrages à isolation acoustique renforcée
La performance acoustique d’une porte-fenêtre dépend d’abord de son vitrage. Contrairement à une idée répandue, passer systématiquement d’un double vitrage à un triple vitrage ne garantit pas une meilleure isolation phonique. Ce qui fait la différence, ce sont la masse des verres, l’asymétrie des épaisseurs, la présence de films feuilletés et la nature du gaz emprisonné dans la lame. Une bonne porte-fenêtre acoustique s’appuie donc sur un vitrage spécifiquement étudié, et pas seulement « plus épais ».
Le vitrage acoustique feuilleté avec intercalaire PVB phonique
Le vitrage feuilleté acoustique repose sur l’assemblage de deux feuilles de verre, collées entre elles par un ou plusieurs films de polyvinyl butyral (PVB) de type phonique. Ce film agit comme un amortisseur : il dissipe une partie de l’énergie de l’onde sonore au moment où celle‑ci traverse la paroi vitrée. Par rapport à un simple vitrage de même épaisseur, un vitrage 44.2A (deux verres de 4 mm + 2 films PVB acoustiques) peut ainsi gagner 2 à 3 dB sur l’indice Rw, ce qui représente une réduction sensible à l’oreille humaine.
Le principal avantage du PVB acoustique est sa capacité à limiter la transmission des vibrations dans une large plage de fréquences, y compris autour des fréquences de résonance du vitrage. Là où un double vitrage standard présente souvent un « creux » de performance à certaines fréquences critiques, la feuille feuilletée vient lisser la courbe d’affaiblissement acoustique. Pour une porte-fenêtre donnant sur une rue très passante, combiner un vitrage feuilleté acoustique côté extérieur et un vitrage simple ou asymétrique côté intérieur est souvent l’une des solutions les plus efficaces pour gagner en confort sans alourdir à l’excès la menuiserie.
Les vitrages asymétriques et leur impact sur l’affaiblissement des fréquences critiques
Un double vitrage se comporte comme un système masse‑ressort‑masse : les deux vitres constituent les masses, et la lame d’air ou de gaz joue le rôle de ressort. Lorsque les deux verres ont la même épaisseur (4/16/4, 6/16/6, etc.), le système présente une fréquence de résonance marquée, à laquelle l’affaiblissement chute brutalement. C’est un peu comme deux diapasons accordés sur la même note : ils entrent facilement en résonance l’un avec l’autre. Résultat : les performances acoustiques d’un double vitrage symétrique peuvent être inférieures, à certaines fréquences, à celles d’un simple vitrage épais.
Le vitrage asymétrique casse cette symétrie en combinant deux épaisseurs de verre différentes (par exemple 10/16/4 ou 8/18/6). La fréquence de résonance de chaque vitre n’est plus la même, ce qui évite qu’elles vibrent en phase et réduit le fameux « trou » de performance. L’affaiblissement est ainsi amélioré sur l’ensemble du spectre, et en particulier dans les basses et moyennes fréquences, là où le bruit routier est le plus pénalisant. Pour une porte-fenêtre exposée à un trafic urbain dense, privilégier un double vitrage asymétrique, même sans film feuilleté, est déjà un premier levier d’optimisation acoustique.
La performance des vitrages 10/16/4 versus 44.2/16/10 en atténuation phonique
Face à un environnement sonore exigeant, deux configurations de vitrage sont souvent mises en balance pour les porte-fenêtres : le double vitrage asymétrique non feuilleté, de type 10/16/4, et le double vitrage combinant feuilleté acoustique et asymétrie, de type 44.2/16/10. Le premier capitalise sur la différence d’épaisseur des verres pour limiter les résonances, tandis que le second ajoute à cette asymétrie la présence d’un film PVB phonique dans l’une des feuilles de verre.
En pratique, un vitrage 10/16/4 peut atteindre un indice Rw de l’ordre de 36 à 37 dB, avec un RA,tr adapté à un bruit urbain standard. En passant à une composition 44.2A/16/10, on peut viser des indices proches de 43–45 dB, soit un gain de l’ordre de 6 à 8 dB. Or, un gain de 10 dB correspond à une division par deux de la sensation sonore perçue : 6 à 8 dB représentent donc un progrès très net au quotidien, en particulier pour une chambre ou un séjour donnant sur un axe bruyant.
Faut‑il systématiquement opter pour la solution la plus performante ? Pas nécessairement. Dans un environnement modérément bruyant, un 10/16/4 pourra suffire tout en restant plus léger et plus économique, ce qui simplifie la conception de la porte-fenêtre (dimensions maximales, ferrage, manœuvrabilité). En revanche, à proximité d’une voie rapide, d’une voie ferrée ou d’un aéroport, un vitrage de type 44.2A/16/10 ou équivalent devient rapidement indispensable pour atteindre les niveaux d’affaiblissement recommandés (supérieurs à 40 dB en RA,tr).
Le rôle du gaz argon dans l’optimisation acoustique des doubles vitrages
L’argon est surtout connu pour ses bénéfices thermiques : ce gaz inerte, plus lourd que l’air, réduit les échanges de chaleur dans la lame intermédiaire du double vitrage. Sur le plan acoustique, son effet est plus modeste, mais réel. En remplaçant l’air par de l’argon dans un double vitrage, on peut espérer un gain de 1 à 3 dB sur l’indice Rw, en particulier dans les moyennes et hautes fréquences (bénéfice plus sensible sur Rw et Rw + C que sur Rw + Ctr).
Ce gain ne doit toutefois pas être surestimé : l’argon ne compensera ni un vitrage mal dimensionné, ni un châssis peu étanche. Son rôle est celui d’un « bonus » qui vient optimiser une configuration déjà pertinente (verres épais, asymétriques, éventuellement feuilletés). Dans une logique de porte-fenêtre à haute performance globale, combiner argon, intercalaire à bord chaud et vitrage acoustique feuilleté permet de marier isolation thermique et phonique sans compromis. Mais si le budget est contraint, il sera toujours plus judicieux de prioriser l’épaisseur des verres et la qualité du feuilleté plutôt que de compter uniquement sur le gaz.
L’étanchéité périphérique et les points faibles acoustiques des porte-fenêtres
Une porte-fenêtre peut être équipée du meilleur vitrage acoustique du marché, si l’air passe autour du dormant ou entre les vantaux, le bruit passera aussi. Le son se propage en grande partie via l’air : la moindre fuite devient un « trou » acoustique, à l’image d’un seau percé qui se vide malgré son épaisseur. C’est pourquoi l’étanchéité périphérique de la menuiserie – joints, seuil, liaisons avec le gros œuvre – est déterminante pour atteindre les performances annoncées en laboratoire.
Les joints à lèvre et joints à brosse dans la suppression des passages d’air
Les joints assurent la continuité entre les différents éléments de la porte-fenêtre (ouvrants, dormant, vitrage) et limitent les fuites d’air. On distingue principalement les joints à lèvre (EPDM, silicone ou PVC souple) et les joints à brosse. Les premiers, à base de matériaux élastomères, offrent une excellente étanchéité à l’air et donc une très bonne performance acoustique lorsqu’ils sont continus, correctement compressés et bien entretenus. Les seconds, constitués de fibres synthétiques, sont plus adaptés à certains systèmes coulissants, mais restent en général moins performants sur le plan phonique.
Pour une porte-fenêtre à frappe (ouvrant(s) battant(s)), il est recommandé de mettre en œuvre plusieurs lignes de joints à lèvre successives, posées en continu tout autour du dormant. L’objectif est de créer un « labyrinthe » d’air qui freine la propagation du bruit et évite les passages directs. Dans le temps, ces joints peuvent se tasser, se déformer ou se décoller : un contrôle régulier, avec remplacement si nécessaire, est indispensable pour maintenir les performances d’origine. Un simple test avec une feuille de papier pincée dans le joint vous permettra de vérifier si la compression est suffisante.
Le seuil à rupture de pont thermique et son influence sur l’isolation phonique
Le seuil est un autre point sensible, souvent négligé en acoustique. Sur une porte-fenêtre, il doit concilier accessibilité (passage PMR, absence de ressaut important), étanchéité à l’eau, isolation thermique et isolation phonique. Les seuils à rupture de pont thermique, composés de plusieurs matériaux (aluminium + isolant par exemple), présentent une géométrie complexe et des chambres internes qui augmentent le chemin à parcourir pour l’air et donc pour le son. Ils contribuent ainsi à atténuer les bruits extérieurs, à condition d’être associés à des joints bas de porte efficaces.
Un seuil mal raccordé au gros œuvre, ou laissé avec un vide non rempli sous la menuiserie, peut en revanche devenir un véritable « haut‑parleur » pour le bruit. Pour éviter cela, la réservation doit être dimensionnée au plus juste et comblée sur toute sa hauteur avec un matériau adapté (mousse PU projetée, bande imprégnée, laine minérale compressée, etc.). Là encore, l’analogie avec l’eau est parlante : si le seuil laisse passer une infiltration ponctuelle d’eau en cas de pluie battante, il y a de fortes chances que le bruit s’y engouffre également.
Les systèmes de fermeture multipoints et la compression des joints périmétriques
Les ferrures et systèmes de verrouillage jouent un rôle clé dans la performance acoustique d’une porte-fenêtre. Une fermeture multipoints (crémone avec plusieurs points de verrouillage répartis sur le pourtour du vantail) permet d’appliquer une pression régulière sur les joints à lèvre, garantissant une compression uniforme et durable. À l’inverse, une fermeture à un seul point crée des zones moins plaquées, où l’air – et donc le bruit – peut s’infiltrer plus facilement.
Pour les grandes dimensions de porte-fenêtre, ce point est encore plus critique : sous l’effet du vent ou des variations thermiques, les ouvrants peuvent se déformer légèrement. Un système multipoints, associé à des réglages périodiques des paumelles et gâches, permet de compenser ces mouvements et de conserver un bon niveau d’étanchéité. Lors de la réception de chantier, n’hésitez pas à vérifier, vantail fermé, l’absence de jour visible tout autour de l’ouvrant et à tester le bon serrage de la poignée : si vous sentez un « flottement » à la fermeture, il est probable que la compression des joints ne soit pas optimale.
Matériaux de châssis et transmission solidienne des vibrations
Au‑delà du vitrage et des joints, le matériau du châssis influence lui aussi la performance acoustique. Le bruit ne se transmet pas uniquement par l’air, mais aussi par la structure des matériaux : on parle alors de transmission solidienne. Masse, rigidité, densité et composition du dormant et des ouvrants déterminent leur capacité à amortir ou, au contraire, à relayer les vibrations sonores. PVC, aluminium et bois n’ont pas le même comportement, et les systèmes mixtes permettent parfois de tirer le meilleur parti de chacun.
Comparaison PVC, aluminium à rupture de pont thermique et bois massif
Le bois massif est historiquement le matériau de référence en acoustique : dense, relativement lourd et naturellement amortissant, il limite efficacement la propagation des vibrations. Un dormant bois de 68 à 78 mm d’épaisseur, bien conçu, peut ainsi accompagner sans difficulté un vitrage à haute performance phonique jusqu’à 40 dB et plus. Son principal inconvénient reste l’entretien dans le temps, qui doit être rigoureux pour maintenir l’étanchéité et éviter les déformations liées à l’humidité.
Le PVC, grâce à sa densité élevée et à sa souplesse, offre également de très bonnes performances acoustiques, surtout lorsqu’il est conçu avec des profilés multi‑chambres. Il se comporte comme une « coque » amortissante qui absorbe une partie des vibrations. Au‑delà de 35 dB d’indice Rw, il doit toutefois être renforcé par des armatures métalliques pour garantir la stabilité mécanique, notamment sur les grandes porte-fenêtres. L’aluminium, plus léger et rigide, conduit mieux les vibrations : sans traitement spécifique, il est donc moins performant sur le plan phonique. Les profilés à rupture de pont thermique, dotés d’insert isolant, améliorent à la fois la performance thermique et l’amortissement vibratoire.
Les profilés à chambres multiples et leur capacité d’amortissement acoustique
Qu’ils soient en PVC ou en aluminium avec rupteur, les profilés modernes intègrent plusieurs chambres internes. Ces cavités jouent un double rôle : elles améliorent l’isolation thermique en piégeant l’air, et elles créent des discontinuités qui freinent la propagation du son. Chaque changement de section ou de matériau agit comme une « barrière » pour l’onde vibratoire, un peu comme un labyrinthe qui complique la progression d’un flux d’air.
Dans une perspective de performance acoustique, il est donc préférable de choisir des porte-fenêtres dont les profilés présentent un nombre suffisant de chambres, avec éventuellement des renforts rigides stratégiquement placés. Les catalogues fabricants indiquent parfois des valeurs d’affaiblissement propres aux dormants et ouvrants (indice R mesuré sur un panneau de référence) : c’est un indicateur utile pour s’assurer que le châssis ne sera pas le maillon faible d’un ensemble vitré très performant. En pratique, veiller à ce que la surface de châssis ne dépasse pas 30 % de la surface totale de la porte-fenêtre est un bon compromis entre robustesse, clair de jour et acoustique.
Les systèmes mixtes bois-aluminium face aux nuisances sonores urbaines
Les menuiseries mixtes bois‑aluminium combinent un ouvrant et un dormant en bois côté intérieur, et un capotage aluminium côté extérieur. Sur le plan acoustique, ce type de porte-fenêtre bénéficie de la masse et de l’amortissement du bois, tout en profitant de la durabilité de l’aluminium exposé aux intempéries. La présence de deux matériaux de nature différente crée en outre une discontinuité mécanique supplémentaire, qui contribue à briser la transmission des vibrations solidiennes.
Dans les environnements urbains bruyants, les systèmes mixtes sont particulièrement pertinents pour des projets exigeants, notamment en logements collectifs haut de gamme ou en maisons individuelles à proximité d’axes bruyants. Ils permettent d’atteindre aisément des niveaux d’affaiblissement élevés (plus de 40 dB en RA,tr) lorsque le vitrage est lui‑même acoustique. Le tout avec une esthétique soignée côté intérieur, où le bois apporte chaleur et confort visuel, et un entretien réduit côté extérieur grâce au parement aluminium.
Pose en tunnel, en applique et en feuillure : impact sur l’isolation phonique
La meilleure porte-fenêtre du marché perdra plusieurs décibels de performance si sa pose n’est pas adaptée. Le mode de pose – en tunnel, en applique intérieure ou en feuillure – conditionne la manière dont la menuiserie s’interface avec le mur et les autres éléments de façade. Chaque configuration présente ses avantages, mais aussi ses points de vigilance acoustiques : choix des matériaux de calfeutrement, continuité des joints, traitement des coffres de volets roulants et des entrées d’air.
La pose en tunnel, dans l’épaisseur du mur, offre souvent une bonne continuité de matériau autour de la porte-fenêtre et limite les ponts acoustiques, à condition de soigner le bourrage périphérique avec des matériaux adaptés (laine minérale compressée, mousse imprégnée). La pose en applique, en façade intérieure, est très fréquente en construction neuve isolée par l’intérieur : elle nécessite une parfaite continuité entre l’isolant, le pare‑vapeur éventuel et le dormant, sans vide non traité. Quant à la pose en feuillure, courante en rénovation sur bâti ancien, elle demande une attention particulière aux reprises de maçonnerie et aux zones de liaison entre ancien et neuf, là où des fuites acoustiques peuvent subsister.
Dans tous les cas, le respect du DTU 36.5 et l’utilisation de systèmes de calfeutrement performants (bandes résilientes, mastics adaptés, mousses à cellules fermées, etc.) sont indispensables pour se rapprocher des performances mesurées en laboratoire. Pour simplifier, on peut dire que la pose est à l’acoustique ce que la finition est à la peinture : elle fait toute la différence entre un résultat théorique et la qualité réellement perçue au quotidien.
Mesures et certifications acoustiques des fabricants de menuiseries
Pour comparer objectivement différentes porte-fenêtres acoustiques, il ne suffit pas de se fier aux argumentaires commerciaux. Les performances doivent être mesurées selon des protocoles normalisés, puis certifiées par des organismes indépendants. C’est tout l’enjeu des essais en laboratoire (NF EN ISO 140‑3, NF EN ISO 717‑1), des labels comme Acotherm et des procès‑verbaux (PV) d’essais délivrés par le CSTB ou d’autres laboratoires accrédités.
Les essais en laboratoire selon la norme NF EN ISO 140-3
La norme NF EN ISO 140‑3 décrit la méthode de mesure de l’isolement acoustique des éléments de construction (dont les porte-fenêtres) dans des conditions de laboratoire. Le principe consiste à placer la menuiserie dans une paroi de séparation entre deux salles (une salle émettrice et une salle réceptrice) et à mesurer la différence de niveau sonore entre ces deux volumes, en fonction de la fréquence. On obtient ainsi une courbe d’affaiblissement, qui sera ensuite pondérée selon la norme NF EN ISO 717‑1 pour aboutir à l’indice Rw (C; Ctr).
Ces essais sont réalisés dans des conditions très contrôlées : dimensions standardisées de la menuiserie (par exemple 1,48 x 1,45 m pour une fenêtre ou porte-fenêtre 2 vantaux à frappe), absence de défauts de pose, parois lourdes, etc. Les résultats représentent donc une performance maximale, rarement atteinte à l’identique sur chantier, mais qui permet de comparer différents produits dans les mêmes conditions. Pour une porte-fenêtre très exposée, il est généralement conseillé de viser 1 à 3 dB de plus que la valeur strictement nécessaire, afin de compenser les pertes liées à la mise en œuvre réelle et à la taille réelle du vitrage (plus la surface augmente, plus l’affaiblissement tend à diminuer légèrement).
La certification acotherm et ses niveaux de performance AC1 à AC4
La certification Acotherm permet de garantir, de manière lisible pour le client final, les performances acoustiques et thermiques des menuiseries. Pour la partie phonique, le classement s’étend de AC1 à AC4, en se basant sur l’indice RA,tr = Rw + Ctr mesuré en laboratoire. Chaque classe correspond à un seuil minimal d’affaiblissement acoustique en œuvre : AC1 pour les menuiseries les moins isolantes, AC4 pour les plus performantes.
| Classe Acotherm | Indice RA,tr minimal (dB) | Contexte d’utilisation typique |
|---|---|---|
| AC1 | ≈ 28 dB | Zone calme, habitat peu exposé |
| AC2 | ≈ 33 dB | Rue à circulation modérée |
| AC3 | ≈ 36 dB | Environnement urbain dense |
| AC4 | ≈ 40 dB | Proximité d’axes routiers ou ferroviaires bruyants |
En pratique, si votre habitation se situe en zone urbaine avec un trafic significatif, viser au moins une porte-fenêtre classée AC3 est une bonne base. À proximité immédiate d’une voie rapide, d’une ligne de train ou dans un couloir aérien, un classement AC4 devient pertinent pour garantir un vrai saut de confort. La certification Acotherm vous assure par ailleurs que les performances ont été vérifiées par un laboratoire accrédité, selon un protocole reconnu, et qu’elles sont suivies dans le temps par des audits réguliers.
Les PV d’essais du CSTB et leur validité pour les déclarations de performance
Les procès‑verbaux (PV) d’essais délivrés par le CSTB ou d’autres laboratoires accrédités constituent la base technique sur laquelle s’appuient les déclarations de performance (DoP) des fabricants. Ils détaillent les conditions précises de l’essai (dimensions, configuration de la porte-fenêtre, type de vitrage, présence ou non d’entrée d’air, etc.) ainsi que les résultats mesurés : courbe d’isolement, indice Rw (C; Ctr), parfois RA et RA,tr.
Pour un maître d’ouvrage ou un prescripteur, consulter ces PV permet de vérifier que la performance annoncée correspond bien à la configuration envisagée sur le chantier. Une porte-fenêtre testée sans entrée d’air acoustique n’aura pas le même comportement qu’un bloc‑baie intégrant un coffre et une grille de ventilation. De même, la validité du PV est liée au respect strict des compositions décrites : changer l’épaisseur du vitrage, la nature du gaz ou le type de joint peut modifier la performance réelle. C’est pourquoi il est essentiel, lors de la rédaction des CCTP ou de la sélection des produits, de s’appuyer sur des documents actualisés et parfaitement cohérents avec les solutions mises en œuvre.