Les baies vitrées constituent aujourd’hui un élément incontournable de l’architecture moderne, transformant radicalement la perception de l’espace intérieur et l’interaction avec l’environnement extérieur. Bien plus qu’une simple ouverture, elles représentent un véritable pont entre votre intérieur et votre jardin ou terrasse, apportant luminosité naturelle et sensation d’amplitude. Avec l’évolution des technologies de construction et l’accent mis sur l’efficacité énergétique, les fabricants proposent désormais une gamme étendue de solutions techniques adaptées à chaque configuration architecturale. Chaque système présente ses propres caractéristiques techniques, ses avantages spécifiques et ses contraintes d’installation, nécessitant une analyse approfondie pour faire le choix optimal.
Baies vitrées coulissantes : systèmes de rails et mécanismes de déplacement
Les baies vitrées coulissantes dominent le marché résidentiel grâce à leur praticité et leur esthétique épurée. Ces systèmes reposent sur des mécanismes sophistiqués qui garantissent une utilisation fluide et durable, même pour des ouvertures de grandes dimensions atteignant plusieurs mètres de largeur. L’évolution technologique a permis de développer des solutions innovantes qui conjuguent performance thermique, sécurité et facilité de manipulation.
Rails en aluminium avec galets à roulement à billes
Le système de rails en aluminium équipé de galets à roulement à billes constitue la base technique des baies coulissantes performantes. Ces rails, usinés avec une précision de l’ordre du dixième de millimètre, permettent un glissement parfaitement linéaire des vantaux. Les galets, fabriqués en polymère haute résistance ou en acier inoxydable, sont montés sur roulements à billes étanches pour garantir une longévité optimale. Cette conception technique assure une charge admissible pouvant atteindre 400 kg par vantail, ouvrant la voie à des réalisations architecturales audacieuses avec des surfaces vitrées exceptionnelles.
Système de levage-coulissement schüco ASS 77 PD
Le mécanisme de levage-coulissement représente une innovation majeure dans la conception des baies coulissantes. Ce système soulève légèrement le vantail lors de la manœuvre d’ouverture, réduisant considérablement les efforts nécessaires et éliminant les frottements sur le seuil. La technologie Schüco ASS 77 PD intègre des vérins pneumatiques qui compensent automatiquement le poids du vantail, permettant une manipulation aisée même pour des éléments de 300 kg. Cette solution technique améliore également l’étanchéité en position fermée grâce à la pression exercée par les joints sur leurs supports.
Mécanisme de translation parallèle technal soleal SL 25
La translation parallèle constitue une alternative technique intéressante pour les baies coulissantes haut de gamme. Dans ce système, le vantail mobile se décale légèrement vers l’intérieur avant de coulisser devant la partie fixe, optimisant ainsi l’étanchéité périmétrique. Le système Technal Soleal SL 25 utilise cette technologie pour atteindre des performances thermiques exceptionnelles avec un coefficient Uw pouvant descendre jusqu’à 1,1 W/m²K. Cette conception permet également d’intégrer des vitrages plus épais, améliorant significativement l’isolation acoustique avec des affaiblissements sonores pouvant dépasser 40 dB.</p
Cette configuration à translation parallèle offre enfin un excellent confort d’usage au quotidien : le vantail se déplace sans à-coups, reste parfaitement guidé, et la compression homogène des joints périmétriques limite les risques d’infiltrations d’air et d’eau, même sous fortes sollicitations (vents violents, pluies battantes). Pour un projet de rénovation haut de gamme ou une maison neuve à très hautes performances énergétiques, ce type de baie vitrée coulissante constitue une option particulièrement pertinente.
Seuils PMR conformes à l’accessibilité handicapés
Les seuils PMR (Personnes à Mobilité Réduite) sont devenus un élément incontournable dans la conception des baies vitrées coulissantes modernes. Conformes aux exigences d’accessibilité de la réglementation française (arrêtés des 24 décembre 2015 et 20 avril 2017), ils présentent une hauteur généralement inférieure ou égale à 20 mm, avec des profils biseautés permettant le passage aisé des fauteuils roulants, poussettes ou déambulateurs. Le défi technique consiste à concilier ce seuil extra-plat avec des exigences élevées d’étanchéité à l’air et à l’eau.
Pour y parvenir, les fabricants de baies vitrées coulissantes mettent en œuvre des systèmes de drainage sophistiqués : chicanes multiples, chambres de décompression, évacuations cachées vers l’extérieur et bouchons de finition. Des joints brosses et joints à lèvres en EPDM assurent la continuité de l’étanchéité tout en permettant le coulissement fluide des vantaux. Dans les zones très exposées au vent et à la pluie, il peut être judicieux d’associer ces seuils PMR à des protections complémentaires (avancées de toit, pergola bioclimatique) afin de limiter l’impact direct des intempéries.
Au-delà de la conformité réglementaire, le seuil PMR améliore le confort de tous les occupants : plus de risque de trébucher sur une marche, circulation fluide entre salon et terrasse, facilité d’entretien puisque aucune gorge profonde ne retient durablement l’eau ou la poussière. Lors de la phase de conception, il est important d’anticiper la réservation au sol (chape, isolation, revêtements) afin que le seuil vienne parfaitement s’aligner avec le sol intérieur et extérieur, sans créer de ressaut parasite.
Baies vitrées à frappe : ferrures et systèmes d’ouverture traditionnels
Les baies vitrées à frappe, souvent assimilées aux portes-fenêtres traditionnelles, restent une solution très appréciée dans les projets résidentiels. Contrairement aux systèmes coulissants, leurs vantaux s’ouvrent sur un axe vertical, vers l’intérieur ou l’extérieur, grâce à un ensemble de ferrures mécaniques robustes. Ce type d’ouverture offre une étanchéité optimale, une sécurité renforcée et une grande simplicité de maintenance, ce qui en fait une option particulièrement adaptée aux maisons individuelles et aux petits collectifs.
Sur le plan technique, la performance d’une baie vitrée à frappe repose sur la qualité de ses paumelles, de sa quincaillerie de verrouillage et de ses joints périphériques. Ces éléments travaillent de concert pour garantir la tenue des vantaux dans le temps, la résistance aux effractions et le maintien des performances thermiques et acoustiques. Vous recherchez une solution fiable, facilement réparable et durable ? Les baies à frappe constituent souvent un excellent compromis entre budget, confort et longévité.
Paumelles renforcées en acier inoxydable grade 316L
Les paumelles sont les articulations essentielles d’une baie vitrée à frappe, supportant le poids des vantaux et assurant la précision du mouvement d’ouverture. Pour les configurations de grandes dimensions, les fabricants privilégient des paumelles renforcées en acier inoxydable grade 316L, un alliage particulièrement résistant à la corrosion, notamment en environnement marin ou industriel agressif. Ce matériau offre une excellente tenue mécanique dans le temps, même en cas d’ouvertures et fermetures fréquentes.
Sur une baie vitrée moderne, on trouve le plus souvent des paumelles à réglage tridimensionnel (3D). Elles permettent d’ajuster la position du vantail en hauteur, en largeur et en pression de fermeture, afin de compenser les éventuels mouvements du bâti ou l’affaissement naturel des menuiseries au fil des années. Cet ajustement fin est crucial pour maintenir l’étanchéité et éviter les frottements sur le seuil ou le dormant. En rénovation, vérifier l’état des paumelles et leur capacité de réglage fait partie des points de contrôle indispensables.
Dans les zones fortement exposées au vent ou lorsque les vantaux sont particulièrement lourds (vitrage feuilleté de sécurité, triple vitrage), on peut ajouter une paumelle supplémentaire ou utiliser des paumelles dites « de sécurité » avec axes renforcés et vis inviolables. Ces dispositifs compliquent les tentatives de dégondage depuis l’extérieur et participent à la classification antieffraction de l’ensemble de la baie vitrée à frappe.
Crémones multipoints FERCO ou GU-Secury automatic
La fermeture d’une baie vitrée à frappe repose majoritairement sur des crémones multipoints. Contrairement à une simple serrure à point unique, ces systèmes verrouillent le vantail en plusieurs points répartis sur toute la hauteur, améliorant la résistance à l’effraction et la répartition des efforts sur le dormant. Les marques FERCO et GU-Secury Automatic figurent parmi les références du marché, proposant des cremonés à crochets, galets champignons ou pênes basculants qui viennent s’ancrer dans des gâches renforcées.
Les versions automatiques de type GU-Secury Automatic déclenchent la fermeture multipoints dès que le vantail est claqué, sans action supplémentaire sur la poignée. Ce principe limite les risques d’oubli de verrouillage, notamment dans les logements familiaux ou les locations saisonnières. Il prépare également la baie vitrée à une éventuelle motorisation ultérieure, intégrable dans un système domotique (ouverture à distance, scénarios de fermeture centralisée, etc.).
Outre la sécurité, ces crémones multipoints participent activement à l’étanchéité de la baie à frappe : en répartissant la compression des joints sur toute la périphérie, elles limitent les zones de fuite d’air ou d’eau. Dans les régions ventées, on recommande souvent des crémones avec un nombre de points de fermeture accru et des gâches en acier vissées profondément dans le renfort ou le dormant aluminium, afin d’assurer une tenue optimale aux pressions de vent les plus élevées.
Joints d’étanchéité EPDM à mémoire de forme
Les joints d’étanchéité constituent la première barrière contre les infiltrations d’air, d’eau et de bruit. Sur les baies vitrées à frappe modernes, on utilise majoritairement des joints en EPDM (éthylène-propylène-diène monomère), un caoutchouc synthétique reconnu pour sa résistance aux UV, aux variations de température et à l’ozone. Sa mémoire de forme lui permet de reprendre son épaisseur initiale après chaque cycle d’écrasement lors de la fermeture du vantail, garantissant une compression efficace pendant de nombreuses années.
La conception des profils de menuiserie prévoit généralement un triple niveau de joints : joints de frappe extérieurs, joints centraux et joints intérieurs. Cette stratification crée des chambres de décompression qui améliorent l’étanchéité globale et contribuent aux excellentes performances AEV (Air, Eau, Vent) des baies à frappe. Sur le plan acoustique, la continuité des joints périphériques est également cruciale pour atténuer les bruits extérieurs, en particulier dans les configurations donnant sur voie rapide ou centre-ville animé.
Pour conserver ces performances dans le temps, un entretien simple mais régulier est recommandé : nettoyage à l’eau savonneuse, contrôle visuel des zones d’écrasement et, si besoin, application ponctuelle d’un lubrifiant spécifique pour caoutchouc afin d’éviter le dessèchement. Lors d’une rénovation, remplacer des joints fatigués peut parfois suffire à redonner une seconde vie à une baie vitrée à frappe encore structurellement saine.
Compas de cantonnement avec amortisseur intégré
Les compas de cantonnement, parfois appelés compas de retenue, sont des accessoires discrets mais essentiels sur les baies vitrées à frappe de grandes dimensions. Fixés en partie haute, ils limitent l’angle d’ouverture du vantail et évitent les chocs violents contre le mur ou le mobilier en cas de courant d’air. Les modèles haut de gamme intègrent un amortisseur hydraulique ou à friction réglable, permettant une fermeture ralentie et maîtrisée.
Ce type de compas apporte un confort d’usage très appréciable au quotidien : plus de claquements intempestifs, moins de risques de détérioration des paumelles ou de fissuration des vitrages. Pour les familles avec enfants, il constitue un véritable atout sécurité en réduisant le risque de pincement des doigts lors de la fermeture. Certains compas sont par ailleurs équipés d’une position de maintien en ouverture, utile pour ventiler la pièce sans que le vantail ne batte sous l’effet du vent.
Dans les projets situés en façade très exposée, le choix d’un compas de cantonnement adapté n’est pas anodin. Il doit être dimensionné en fonction de la largeur, de la hauteur et du poids du vantail, mais aussi du niveau de sollicitations climatiques. Un compas sous-dimensionné travaillerait en permanence en limite de ses capacités, réduisant sa durée de vie et pouvant engendrer un jeu excessif au niveau de la baie vitrée à moyen terme.
Baies vitrées pliantes : articulations et systèmes d’accordéon
Les baies vitrées pliantes, aussi appelées baies accordéon ou portes repliables, séduisent par leur capacité à offrir une ouverture quasi totale sur l’extérieur. Les vantaux se replient les uns sur les autres, comme un accordéon, libérant jusqu’à 90 % de la largeur de l’ouverture. Ce système est particulièrement apprécié pour les séjours donnant sur terrasse, les vérandas, les restaurants ou les showrooms souhaitant effacer au maximum la frontière entre intérieur et extérieur.
Techniquement, ces baies reposent sur un ensemble complexe d’articulations, de chariots de roulement et de ferrures hautes et basses. Chaque vantail est relié au suivant par des charnières continues ou par des paumelles renforcées, tandis qu’un ou plusieurs vantaux dits « maîtres » assurent la fonction de passage piéton au quotidien. Cette sophistication mécanique impose de choisir des systèmes de qualité et une pose irréprochable : une seule faiblesse au niveau d’un chariot ou d’une charnière peut dégrader le fonctionnement de l’ensemble de la baie vitrée pliante.
Les rails de guidage peuvent être positionnés en partie haute, basse ou combinés. Les configurations « tout en haut » libèrent le sol et facilitent le passage, mais exigent une structure porteuse suffisante pour reprendre le poids des vantaux. Les systèmes mixtes, avec roulements en partie basse et guidage haut, offrent souvent le meilleur compromis entre confort de manœuvre, durabilité et facilité de pose, notamment en rénovation. Comme pour les baies coulissantes, des seuils PMR extra-plats peuvent être intégrés pour garantir une accessibilité sans obstacle.
Performances thermiques et classifications énergétiques des différents systèmes
Au-delà de la mécanique d’ouverture, les performances thermiques des baies vitrées constituent un critère déterminant, tant pour le confort que pour la facture énergétique. Les réglementations récentes (RT 2012, puis RE 2020) et les exigences des labels de construction basse consommation ont considérablement élevé le niveau d’exigence. Que vous optiez pour une baie coulissante, à frappe ou pliante, il est indispensable de comprendre les principaux indicateurs qui caractérisent l’isolation thermique et de vérifier la conformité aux normes en vigueur.
Ces performances dépendent surtout de trois éléments : le vitrage (simple, double, triple, feuilleté, à isolation renforcée), la qualité des profilés (avec ou sans rupture de pont thermique) et la conception des assemblages (joints, calfeutrements, pose). Pour comparer objectivement les différents systèmes de baies vitrées, on se réfère à des coefficients normalisés comme le Uw, à des innovations comme les barrettes en polyamide PA 6.6 fibré, ainsi qu’à des labels et certifications reconnus à l’échelle européenne.
Coefficients uw selon norme EN 14351-1 pour baies coulissantes
Le coefficient Uw (pour Window U-value) exprime la transmission thermique globale d’une menuiserie, châssis et vitrage compris. Il est mesuré en W/m²K selon la norme EN 14351-1 et plus sa valeur est faible, meilleure est l’isolation. Pour une baie vitrée coulissante performante en logement individuel, on vise généralement un Uw compris entre 1,2 et 1,6 W/m²K, certaines configurations haut de gamme descendant même vers 1,0–1,1 W/m²K grâce à des vitrages très isolants et des profilés optimisés.
Les baies coulissantes ont historiquement été moins performantes que les baies à frappe en raison de la présence de rails et de joints brosses plus difficiles à rendre parfaitement étanches. Les progrès des dernières années ont cependant réduit cet écart : vitrages à faible émissivité, gaz argon ou krypton, profilés multi-chambres et systèmes de levage-coulissement permettent d’atteindre des niveaux proches de ceux des fenêtres traditionnelles. Lors de la comparaison des devis, vérifier la valeur Uw annoncée est donc un réflexe indispensable.
Il ne faut pas oublier que ce coefficient s’applique à la menuiserie complète dans la dimension testée. Ainsi, une baie vitrée de grandes dimensions avec un pourcentage important de vitrage (meilleur isolant que le cadre dans beaucoup de systèmes aluminium) peut parfois afficher un Uw plus favorable qu’une petite ouverture comportant proportionnellement plus de profilés. C’est un peu comme comparer deux radiateurs : ce n’est pas seulement leur matériau qui compte, mais aussi leur taille et leur configuration globale.
Ruptures de pont thermique polyamide PA 6.6 fibré
Dans les menuiseries aluminium, la rupture de pont thermique est un élément clé pour limiter les déperditions de chaleur. Sans cette interruption, le profil aluminium ferait office de véritable « radiateur inversé », transférant le froid extérieur vers l’intérieur (et inversement en été). Pour casser ce chemin thermique, on utilise des barrettes isolantes en polyamide PA 6.6 fibré, insérées entre les parties intérieure et extérieure du profilé.
Ce matériau, renforcé par des fibres de verre, présente une faible conductivité thermique tout en conservant une excellente rigidité mécanique. Les largeurs de barrettes varient généralement entre 14 et 42 mm selon les gammes de baies vitrées et le niveau d’isolation recherché. Plus la barrette est large, plus la rupture de pont thermique est efficace, mais plus le profilé peut également gagner en épaisseur visuelle, ce qui impose un compromis entre performance énergétique et finesse esthétique.
Outre l’amélioration du Uw, ces ruptures de pont thermique réduisent considérablement le risque de condensation sur les profilés intérieurs lors des périodes froides et humides. En pratique, cela se traduit par moins de ruissellements, moins de moisissures potentielles autour de la baie vitrée et un confort de paroi nettement supérieur : on ressent beaucoup moins la sensation de « paroi froide » en s’asseyant à proximité d’une grande baie aluminium bien conçue.
Vitrages à isolation renforcée 4/16/4 argon low-e
Le vitrage représente souvent plus de 80 % de la surface visible d’une baie vitrée, il joue donc un rôle déterminant dans ses performances globales. Le standard actuel dans le résidentiel est le double vitrage à isolation renforcée de type 4/16/4 avec gaz argon et couche low-E (faible émissivité). Sa composition typique : deux vitres de 4 mm d’épaisseur séparées par une lame de 16 mm remplie d’argon, un gaz inerte moins conducteur que l’air, et une fine couche transparente d’oxydes métalliques déposée sur la face interne du vitrage.
Cette couche low-E agit comme un bouclier thermique : elle laisse entrer la lumière et une partie du rayonnement solaire, mais renvoie vers l’intérieur les infrarouges émis par le chauffage et les occupants. Résultat : un coefficient Ug (propre au vitrage) pouvant descendre autour de 1,1 W/m²K, voire moins pour certaines versions renforcées, contre 2,8 W/m²K pour un double vitrage ancien standard. En pratique, cela se traduit par une réduction notable des déperditions et un meilleur confort en hiver à proximité de la baie vitrée.
Il est possible d’aller plus loin avec des combinaisons asymétriques (6/16/4, 10/14/4, etc.) pour optimiser l’isolation acoustique, ou avec des triples vitrages pour les projets de maisons passives. Toutefois, ces solutions plus lourdes et plus coûteuses doivent être étudiées au cas par cas : inutile de surdimensionner le vitrage si l’enveloppe globale du bâtiment n’est pas cohérente. Comme toujours, l’efficacité réside dans l’équilibre des performances entre murs, toiture, menuiseries et ventilation.
Labels passivhaus et certifications ACOTHERM AC1 à AC4
Pour garantir un niveau de performance et de confort mesurable, plusieurs labels et certifications encadrent aujourd’hui le marché des baies vitrées. Le label allemand Passivhaus est l’un des plus exigeants : pour être compatible avec une construction passive, une baie vitrée doit présenter un Uw très bas (souvent inférieur à 0,8–0,9 W/m²K), une excellente étanchéité à l’air et un facteur solaire adapté à la zone climatique. Certains systèmes de baies coulissantes ou à frappe haut de gamme atteignent désormais ces niveaux, notamment en combinant profilés très isolants et triples vitrages.
En France, la certification ACOTHERM classe les menuiseries selon leurs performances acoustiques (de AC1 à AC4) et thermiques. Une baie vitrée certifiée ACOTHERM offre ainsi une garantie sur le niveau d’affaiblissement acoustique (en dB) et sur les performances énergétiques minimales atteintes. Plus la classe est élevée, plus la fenêtre ou la baie vitrée est performante. Ce repère est particulièrement utile si votre projet se situe en milieu bruyant (proximité d’axes routiers, ferroviaires ou d’un aéroport).
Ces labels constituent en quelque sorte la « carte d’identité énergétique » de votre baie vitrée. En les utilisant comme critères de sélection, vous vous assurez de choisir un produit testé, mesuré et comparable d’un fabricant à l’autre. C’est un peu comme choisir un appareil électroménager avec une étiquette énergie claire : vous savez à quoi vous attendre en termes de consommation et de confort, et vous pouvez arbitrer en connaissance de cause entre investissement initial et économies à long terme.
Matériaux de fabrication : aluminium, PVC et mixte bois-aluminium
Le choix du matériau de votre baie vitrée influence à la fois l’esthétique, les performances thermiques, la durabilité et le budget global du projet. Aluminium, PVC ou mixte bois-aluminium : chaque solution présente des avantages spécifiques et des contraintes à prendre en compte. Plutôt qu’un choix purement esthétique, il s’agit d’un véritable arbitrage technique et économique, qui doit intégrer l’exposition du bâtiment, les dimensions souhaitées, le style architectural et le niveau de finition recherché.
Les baies vitrées en aluminium dominent aujourd’hui le segment des grandes ouvertures, grâce à la rigidité naturelle de ce métal et à la finesse de leurs profilés. Elles permettent de grandes largeurs coulissantes, y compris pour des systèmes à levage, avec des montants très fins qui valorisent la vue et la luminosité. Le PVC se distingue par son excellent rapport qualité-prix et ses performances thermiques intrinsèques élevées, mais reste limité pour les très grands formats. Quant aux menuiseries mixtes bois-aluminium, elles visent clairement le haut de gamme, combinant chaleur intérieure du bois et résistance extérieure de l’alu.
Sur le plan de l’entretien, l’aluminium et le PVC se montrent particulièrement faciles à vivre : un simple nettoyage à l’eau savonneuse suffit, sans peinture ni lasure. Le bois, lui, réclame un entretien plus régulier (lasure, saturation ou peinture microporeuse), mais offre un cachet incomparable pour les maisons de caractère ou les architectures contemporaines à dominante naturelle. Les systèmes mixtes bois-alu apportent une réponse intéressante : façade extérieure protégée en aluminium thermolaqué, face intérieure en bois noble, le tout avec une excellente durabilité.
Enfin, la question du bilan environnemental se pose de plus en plus. Les profilés aluminium modernes intègrent souvent une part significative d’aluminium recyclé, et ce matériau est recyclable à plus de 95 % en fin de vie. Le PVC bénéficie de filières de recyclage bien établies en Europe, tandis que le bois, s’il est issu de forêts gérées durablement (labels FSC ou PEFC), reste un matériau renouvelable par excellence. En combinant matériau adapté, vitrage performant et pose soignée, vous pouvez obtenir une baie vitrée à la fois esthétique, durable et compatible avec les objectifs actuels de sobriété énergétique.
Dimensions standards et contraintes architecturales selon DTU 36.5
La conception d’une baie vitrée ne se limite pas au choix du type d’ouverture et du matériau. Les dimensions et les conditions de pose sont encadrées par des règles précises, notamment le DTU 36.5 qui régit la mise en œuvre des menuiseries extérieures en France. Ce document définit les bonnes pratiques en termes de tolérances dimensionnelles, de fixation, de calfeutrement et de gestion des charges, afin de garantir la durabilité et la performance de la baie dans le temps.
En pratique, les fabricants proposent des gammes de dimensions standards (par exemple 215 × 240 cm, 215 × 300 cm, etc.) qui optimisent les coûts de production et simplifient la logistique. Ces formats couvrent la majorité des besoins résidentiels courants. Dès que l’on s’écarte de ces standards – grandes largeurs coulissantes de plus de 4 mètres, hauteurs supérieures à 2,50 m, coulissants d’angle sans poteau – il devient nécessaire de basculer sur du sur-mesure et de vérifier plus finement la faisabilité structurelle.
Le DTU 36.5 insiste également sur la qualité de la jonction entre la baie vitrée et le gros œuvre : jeux périphériques maîtrisés, cales de pose adaptées, fixations dimensionnées selon la nature du support (béton, brique, ossature bois…), traitement des seuils et des rejingots. Une baie mal posée, même très performante sur le papier, verra ses performances thermiques et son étanchéité fortement dégradées. On compare souvent la pose d’une baie vitrée à l’installation d’un pare-brise sur une voiture : si le joint est mal fait, c’est tout le confort et la sécurité qui en pâtissent.
Dans les projets de rénovation lourde ou d’extension, il est enfin crucial de prendre en compte les contraintes architecturales : murs porteurs à reprendre, linteaux à dimensionner, réservations pour seuils encastrés PMR, cohérence avec la trame des façades existantes. Anticiper ces points dès la phase d’esquisse permet d’éviter des surcoûts ultérieurs et de choisir, parmi les différentes catégories de baies vitrées (coulissantes, à frappe, accordéon), celle qui répond le mieux à la fois aux envies architecturales et aux exigences techniques du bâti.