# Menuiserie contemporaine : quelles tendances architecturales privilégier ?L’architecture contemporaine repousse constamment les limites du possible en matière de menuiserie. Les innovations techniques et esthétiques transforment radicalement notre perception des espaces intérieurs et extérieurs. Les profilés ultra-fins, les vitrages démesurés et les matériaux hybrides redéfinissent les standards du secteur. Cette évolution s’accompagne d’exigences accrues en termes de performances énergétiques et d’intégration domotique. Les fabricants rivalisent d’ingéniosité pour proposer des solutions toujours plus performantes, discrètes et durables. Le marché de la menuiserie haut de gamme connaît une croissance de 8% annuelle, témoignant de l’appétit des maîtres d’ouvrage pour des réalisations d’exception. Cette dynamique s’inscrit dans une recherche permanente d’harmonie entre fonctionnalité technique et pureté formelle.## Minimalisme structurel et châssis encastrés : l’esthétique des profilés ultra-finsLe minimalisme architectural atteint aujourd’hui des sommets d’épuration grâce aux avancées technologiques en menuiserie. Les profilés ultra-fins représentent la quintessence de cette tendance, avec des sections réduites à leur strict minimum fonctionnel. Cette recherche d’invisibilité structurelle répond à une demande croissante des architectes pour maximiser les surfaces vitrées tout en préservant les performances thermiques. Les fabricants européens développent des systèmes dont l’épaisseur visible n’excède parfois pas 25 millimètres, un exploit technique remarquable.
L’évolution des menuiseries contemporaines traduit une volonté d’effacement au profit de la transparence et de la fluidité spatiale.
Cette quête d’épuration ne sacrifie nullement les performances techniques. Au contraire, elle mobilise des technologies de pointe pour concentrer résistance mécanique et isolation dans des volumes toujours plus restreints. Les profilés bénéficient désormais de traitements thermiques avancés et d’alliages spécifiques permettant d’optimiser le rapport résistance/masse. Cette évolution s’observe particulièrement dans les projets architecturaux prestigieux où l’esthétique minimaliste constitue un impératif conceptuel.### Systèmes de menuiserie à rupture de pont thermique aluminium Schüco AWS 75Les systèmes aluminium à rupture de pont thermique constituent la référence absolue pour les projets contemporains exigeants. Le système Schüco AWS 75 illustre parfaitement cette excellence technique avec une profondeur de dormant de 75 millimètres intégrant une barrière thermique multichambre. Cette conception permet d’atteindre des coefficients Uf (cadre) remarquables de 1,3 W/m²K, performance essentielle pour les bâtiments basse consommation. La structure polyamide renforcée de fibres de verre assure une rupture thermique efficace sur toute la périphérie du châssis.L’ingéniosité de ces systèmes réside dans leur capacité à conjuguer finesse visuelle et performances thermiques exceptionnelles. Les sections visibles peuvent descendre jusqu’à 50 millimètres en montants tout en supportant des vitrages lourds jusqu’à 400 kilogrammes par vantail. Cette prouesse s’explique par l’optimisation géométrique des profilés et l’utilisation d’alliages d’aluminium à haute résistance mécanique. Les architectes disposent ainsi d’une liberté créative considérable sans compromettre les exigences réglementaires.### Vitrages à bords dissimulés et joints invisibles pour façades épuréesL’intégration architecturale des menuiseries passe désormais par la dissimulation maximale des éléments techniques. Les systèmes de vis intégrés à bords dissimulés permettent de créer des façades totalement lisses, où la trame structurelle s’efface au profit d’un effet de « boîte de verre ». Les parcloses sont repoussées en arrière, les joints sont réduits et noircis pour disparaître visuellement, et les chants des vitrages sont parfois sérigraphiés pour masquer les zones techniques. Le résultat est une continuité visuelle remarquable, particulièrement recherchée sur les façades rideaux de bureaux haut de gamme et les villas contemporaines.
Cette approche impose une précision millimétrique dans la fabrication et la pose des menuiseries contemporaines. Les tolérances de mise en œuvre se resserrent, les calages de vitrage sont optimisés et les mastics structurels jouent un rôle essentiel dans la tenue mécanique des ensembles. On peut comparer ces façades à des écrans géants : la moindre discontinuité ou surépaisseur devient immédiatement perceptible. Les maîtres d’ouvrage qui visent une esthétique minimaliste doivent donc anticiper dès la phase de conception les contraintes de ces systèmes à joints invisibles.
Au-delà de l’esthétique, les vitrages à bords dissimulés permettent aussi d’améliorer les performances des menuiseries. La réduction des profils exposés diminue les ponts thermiques linéiques et optimise l’ensoleillement naturel, ce qui contribue au confort thermique passif. Couplés à des vitrages à contrôle solaire et à des intercalaires warm-edge, ces systèmes répondent aux exigences des bâtiments à énergie quasi nulle. Vous gagnez ainsi à la fois en pureté formelle et en efficacité énergétique, sans multiplier les concessions techniques.
Menuiseries galandage intégral : solutions rimadesio et anyway doors
Le galandage intégral incarne l’aboutissement du minimalisme en menuiserie contemporaine : une fois ouvertes, les baies disparaissent totalement dans l’épaisseur des murs. Des fabricants comme Rimadesio et Anyway Doors ont poussé ce principe très loin, avec des châssis coulissants affleurants, des rails encastrés et des panneaux qui se logent dans des caissons techniques invisibles. À l’usage, l’effet est spectaculaire : l’intérieur et l’extérieur fusionnent, les limites physiques s’effacent pour laisser place à un plateau continu.
Techniquement, ces solutions exigent une coordination très fine entre architecte, bureau d’études et entreprise générale. Les réservations dans les cloisons, l’intégration des chariots et la gestion des réseaux (électricité, domotique, isolation) doivent être anticipées dès l’esquisse. On pourrait comparer un projet avec galandage à un théâtre : la scène semble épurée, mais les coulisses sont extrêmement denses en technique. Pour éviter les désordres (ponts phoniques, déformations, blocages), il est recommandé d’opter pour des systèmes complets, certifiés, plutôt que pour des assemblages hétérogènes.
Les solutions Rimadesio et Anyway Doors se distinguent par leur précision de roulement, leur rigidité de panneaux et leurs finitions haut de gamme. Elles autorisent de grandes hauteurs, des panneaux vitrés ou pleins, et des finitions personnalisées qui s’intègrent aux revêtements muraux. Pour un projet résidentiel de prestige, de bureaux directionnels ou de retail premium, ces menuiseries de galandage intégral constituent un atout différenciant, tant en termes d’expérience utilisateur que de valeur architecturale.
Profilés acier noir type crittal pour verrières d’atelier contemporaines
À côté du tout-verre, une autre tendance se confirme : le retour des profilés acier noir type Crittal pour les verrières d’atelier contemporaines. Ces menuiseries fines, au quadrillage régulier, évoquent l’esthétique industrielle du début du XXe siècle tout en répondant aux exigences actuelles de performance. Elles permettent de structurer l’espace, de créer des séparations transparentes entre bureaux, salles de réunion ou zones de vie, sans alourdir la perception visuelle.
L’acier offre une résistance mécanique exceptionnelle pour des sections extrêmement réduites, ce qui autorise des vitrages de grande dimension avec des profilés de 20 à 30 millimètres seulement. Les systèmes contemporains intègrent désormais des rupteurs thermiques, des joints coextrudés et des vitrages isolants, transformant ces verrières historiques en véritables menuiseries extérieures performantes. Vous bénéficiez ainsi du charme de l’atelier d’artiste, sans renoncer au confort thermique ni à l’acoustique.
Dans les projets tertiaires, ces profilés acier noir sont souvent utilisés en cloisonnement intérieur, avec des portes battantes ou coulissantes assorties. Ils dialoguent particulièrement bien avec les sols en béton brut, les plafonds techniques apparents et les éclairages linéaires, renforçant un vocabulaire architectural contemporain. Pour éviter l’effet décoratif « pastiche », veillez toutefois à aligner proportions et trame avec l’architecture globale du bâtiment : la verrière doit prolonger le projet, non le caricaturer.
Mixité matériaux : hybridation bois-aluminium et composites biosourcés
La menuiserie contemporaine ne se limite plus au choix binaire entre bois, aluminium ou PVC. L’heure est à la mixité des matériaux, avec des combinaisons bois-aluminium et des composites biosourcés qui conjuguent durabilité, performance et esthétisme. Cette hybridation permet de tirer parti des qualités intrinsèques de chaque matériau, tout en répondant aux exigences réglementaires en matière de bilan carbone et d’architecture durable. On assiste ainsi à l’émergence de fenêtres hybrides hautement techniques, capables de rivaliser avec les meilleurs systèmes aluminium tout en conservant la chaleur du bois.
Combinaisons chêne-aluminium thermolaqué pour performances thermiques optimales
Les combinaisons chêne-aluminium thermolaqué constituent aujourd’hui une référence dans les projets résidentiels haut de gamme et les immeubles de bureaux exigeants. Le principe est simple : le chêne massif ou contrecollé est placé côté intérieur pour son confort visuel, sa chaleur tactile et sa capacité à réguler l’humidité, tandis que l’aluminium thermolaqué protège la menuiserie côté extérieur. Cette double peau offre un excellent compromis entre authenticité et résilience, avec une maintenance réduite.
Sur le plan thermique, ces menuiseries mixtes atteignent des coefficients Uw très compétitifs, d’autant plus lorsqu’elles sont associées à du double ou du triple vitrage à faible émissivité. Le chêne agit comme un isolant naturel, l’aluminium assure la rigidité et la durabilité face aux intempéries. En jouant sur les épaisseurs de bois, la qualité des joints et la conception des rupteurs, il est possible d’optimiser très finement la performance énergétique globale. Pour un maître d’ouvrage, c’est un peu comme choisir une carrosserie robuste avec un habitacle chaleureux : les deux univers coexistent sans compromis.
En termes de design, les châssis bois-aluminium offrent une grande liberté : la face extérieure peut adopter un thermolaquage mat, granité ou métallisé, tandis que l’intérieur révèle le veinage naturel du chêne, huilé ou verni. Cette dissociation facilite l’intégration de la menuiserie à des façades contemporaines en métal ou béton, tout en préservant une ambiance chaleureuse à l’intérieur. Vous pouvez ainsi coordonner la menuiserie aux façades et aux aménagements intérieurs de manière indépendante, ce qui est précieux sur les projets complexes.
Menuiseries mixtes unilux et internorm : ratios de répartition matières
Les industriels spécialistes comme Unilux et Internorm ont développé des gammes de menuiseries mixtes très abouties, où le ratio bois/alu ou bois/composite est précisément calibré. Selon les modèles, la part de bois visible côté intérieur peut varier, tout comme l’épaisseur de la coque aluminium. Ce travail de répartition des matières permet d’ajuster finement le poids, la performance thermique et le coût, tout en répondant aux contraintes esthétiques propres à chaque projet.
Certains systèmes privilégient un bois très présent côté intérieur, avec de larges sections apparentes qui renforcent la perception de qualité artisanale. D’autres réduisent au contraire la largeur visible du bois pour s’inscrire dans un vocabulaire plus minimaliste, proche des menuiseries tout aluminium. Cette modulation des ratios matières rappelle la composition d’un sandwich technique : chaque couche joue un rôle précis (structure, isolation, finition) et le dosage global conditionne la performance finale.
Pour vous, prescripteur ou maître d’ouvrage, l’enjeu est de définir dès le départ vos priorités : souhaitez-vous maximiser l’effet « bois » intérieur, réduire au minimum l’entretien, atteindre un Uw record ou limiter le poids des ouvrants ? Les catalogues Unilux et Internorm offrent de nombreuses variantes de menuiseries contemporaines, souvent accompagnées de simulations thermiques et statiques. Ne pas exploiter ces outils de paramétrage, ce serait un peu comme choisir une voiture haut de gamme sans regarder les options disponibles.
Fibres de lin compressées et polymères recyclés dans les dormants
Au-delà du couple bois-aluminium, les composites biosourcés gagnent du terrain, notamment via l’intégration de fibres de lin compressées et de polymères recyclés dans les dormants de fenêtres. Ces matériaux composites remplacent progressivement certaines pièces en PVC ou en aluminium, tout en offrant de bonnes performances mécaniques et thermiques. Ils s’inscrivent pleinement dans la dynamique de la construction bas carbone et de l’économie circulaire.
Les fibres de lin, issues de cultures européennes, présentent un excellent rapport rigidité/poids et une empreinte environnementale réduite. Combinées à des résines biosourcées ou à des polymères recyclés, elles permettent de fabriquer des profilés de renfort et des pièces d’assemblage à faible conductivité thermique. On peut les comparer à des os creux mais extrêmement solides, qui renforcent la structure sans l’alourdir. Les tests réalisés dans les laboratoires des grands groupes montrent des résistances au vieillissement et à l’humidité compatibles avec un usage extérieur.
Pour un projet qui vise une certification environnementale (HQE, BREEAM, LEED), intégrer des menuiseries aux dormants partiellement biosourcés est un levier de points non négligeable. Cela participe aussi au storytelling du bâtiment : vous ne vous contentez pas de parler de développement durable, vous l’intégrez jusque dans les détails invisibles de la façade. Cette cohérence, de plus en plus scrutée par les investisseurs, devient un argument de valorisation à part entière.
Performances énergétiques : triple vitrage et coefficients uw inférieurs à 0,8 W/m²K
Les menuiseries contemporaines sont au cœur de la stratégie énergétique des bâtiments. Avec la généralisation des réglementations bas carbone, les fenêtres à triple vitrage et les coefficients Uw inférieurs à 0,8 W/m²K deviennent la nouvelle norme sur les projets ambitieux. L’objectif est clair : limiter au maximum les déperditions tout en profitant au mieux des apports solaires gratuits, afin de tendre vers le bâtiment à énergie positive.
Un Uw inférieur à 0,8 W/m²K est généralement atteint en combinant des cadres à haute performance (bois, bois-alu, aluminium à rupture de pont thermique renforcée) et un triple vitrage isolant (Ug ≤ 0,5 W/m²K) avec gaz argon ou krypton. Les intercalaires à bords chauds, les joints améliorés et les cales isolantes au niveau des appuis complètent le dispositif. L’ensemble agit comme un manteau thermique continu, à l’image d’une doudoune technique : chaque couche joue son rôle pour conserver la chaleur à l’intérieur.
Investir dans des menuiseries aussi performantes peut sembler coûteux à première vue, mais le retour sur investissement est souvent rapide, en particulier sur les bâtiments tertiaires fortement vitrés. Les études montrent que la réduction des consommations de chauffage et de climatisation, combinée à un meilleur confort intérieur (moins de parois froides, moins de courants d’air), améliore aussi la productivité et le bien-être des occupants. La question n’est donc plus « est-ce que cela vaut le coup ? » mais plutôt « peut-on encore se permettre de s’en passer sur un projet neuf ? ».
Menuiseries XXL et baies coulissantes à translation : repousser les limites dimensionnelles
Parallèlement à la performance thermique, la menuiserie contemporaine s’illustre par ses dimensions hors norme. Les baies coulissantes XXL et les systèmes à translation permettent d’ouvrir des façades entières, de 3, 4 voire 6 mètres de long, avec des hauteurs dépassant parfois 3 mètres. Cette tendance répond à un double désir : capter un maximum de lumière naturelle et effacer la frontière entre intérieur et extérieur. Les systèmes de levage-coulissant et les mécanismes sophistiqués transfornent des vantaux de plusieurs centaines de kilos en panneaux qu’un enfant pourrait faire glisser.
Systèmes de levage-coulissant keller minimal windows jusqu’à 6 mètres linéaires
Les systèmes Keller minimal windows sont emblématiques de cette quête de transparence XXL. Ils autorisent des ouvertures jusqu’à 6 mètres linéaires par vantail, avec des hauteurs importantes et des profilés extrêmement réduits. Le principe de levage-coulissant consiste à soulever légèrement le vantail lors de la manœuvre, réduisant ainsi les frottements et permettant un déplacement fluide malgré le poids du vitrage. Une fois refermé, le vantail repose de nouveau sur ses joints de compression, assurant une excellente étanchéité.
Sur le plan visuel, la continuité entre les panneaux fixes et coulissants est remarquable : les montants se résument souvent à quelques centimètres, et les rails peuvent être encastrés dans la chape pour un seuil totalement affleurant. On obtient ainsi de véritables murs de verre qui coulissent, sans rupture de sol ni de plafond. Pour un projet avec vue panoramique – maison en belvédère, restaurant sur mer, siège social vitré – ces menuiseries créent une expérience utilisateur incomparable, à mi-chemin entre l’architecture et le paysage.
Il faut toutefois garder en tête que de telles baies imposent des exigences structurelles élevées : reprise de charges, déformations admissibles, dilatation des profilés, drainage des eaux. Travailler avec des systèmes industrialisés comme Keller minimal windows, accompagnés de notes de calcul et de détails constructifs éprouvés, permet de sécuriser le projet. Là encore, la clé réside dans l’anticipation et la coordination entre architecte, menuisier et bureau d’études structure.
Baies pivotantes à axe central et portes guillotine motorisées Sky-Frame
Pour aller encore plus loin dans la scénographie des ouvertures, certaines marques comme Sky-Frame proposent des baies pivotantes à axe central et des portes guillotine motorisées. Les premières fonctionnent comme de grandes ailettes vitrées, capables de tourner sur elles-mêmes pour ouvrir largement l’espace tout en offrant des configurations d’aération modulables. Les secondes glissent verticalement, à la manière d’une fenêtre d’atelier revisitée, libérant jusqu’à la moitié ou les deux tiers de l’ouverture sans emprise sur l’intérieur ni sur l’extérieur.
Ces systèmes spectaculaires transforment la menuiserie en véritable élément de mise en scène architecturale. L’ouverture devient un geste presque théâtral, perceptible par les occupants comme par les visiteurs. Techniquement, la motorisation intégrée, les capteurs de sécurité et les systèmes de verrouillage multipoints assurent un fonctionnement fluide et sécurisé, conforme aux normes en vigueur. Vous gagnez ainsi à la fois en confort d’usage et en image de marque, notamment pour des programmes hôteliers, des espaces événementiels ou des villas d’architecte.
La contrainte principale reste la précision de mise en œuvre et le maintien des tolérances dans le temps, en particulier pour les portes guillotine exposées aux vents et aux déformations de structure. Un suivi de maintenance programmé, accompagné de contrôles réguliers des mécanismes, est indispensable pour garantir la pérennité de ces menuiseries d’exception. Dans ce contexte, choisir un industriel reconnu et un installateur certifié n’est pas un luxe, mais une condition de réussite.
Angles vitrés sans montants : solutions d’assemblage à 90° invisibles
Autre signature forte des façades contemporaines : les angles vitrés sans montants. Ici, deux vitrages se rejoignent à 90° sans profilé visible, créant l’illusion d’une continuité de verre pure. Les systèmes d’assemblage utilisent des vitrages feuilletés collés, des profilés cachés dans les plafonds et les planchers, ainsi que des mastics structurels transparents. Le coin du bâtiment disparaît, laissant place à un effet « bow window » panoramique particulièrement prisé dans les séjours, les salles de réunion ou les espaces lounge.
Ce type de détail exige un soin extrême en conception comme en exécution. La reprise des charges, la gestion des dilatations, l’étanchéité à l’air et à l’eau, ainsi que la tenue en cas de choc doivent être étudiées avec précision. On peut comparer cet angle vitré à la proue d’un navire en verre : il subit des contraintes importantes et doit pourtant rester parfaitement transparent. Les menuiseries aluminium ou bois adjacentes intègrent des profils spécifiques pour reprendre et cacher les fixations des vitrages d’angle.
Pour les maîtres d’ouvrage, l’enjeu est de savoir où positionner ces angles vitrés pour maximiser l’impact sans multiplier les surcoûts. Placés aux endroits stratégiques – angle de séjour, espace d’accueil, salle de réunion avec vue – ils deviennent des marqueurs architecturaux forts. En revanche, les démultiplier sans logique de projet peut rapidement alourdir le budget sans bénéfice proportionnel. Là encore, la qualité du dialogue entre architecte, façadier et menuisier est déterminante.
Rails encastrés au sol et mécanismes de translation parallèle solarlux
Enfin, les systèmes de translation parallèle avec rails encastrés au sol, proposés notamment par Solarlux, répondent à la recherche de continuité entre intérieur et extérieur. Les rails sont noyés dans la chape ou le plancher, avec des profils affleurants de quelques millimètres, facilitant l’accessibilité PMR et évitant les obstacles. Les vantaux coulissent en parallèle du plan de façade, limitant l’emprise dans l’espace et permettant une ouverture partielle ou totale selon les besoins.
Ces baies vitrées à translation parallèle se prêtent particulièrement bien aux loggias, aux terrasses couvertes et aux façades de restaurants ou de bureaux en rez-de-chaussée. Elles associent une excellente étanchéité (grâce à des joints continus et des seuils drainés) à un confort d’usage élevé. L’intégration de chariots à roulements inox et de profils renforcés garantit un fonctionnement fluide même pour des vantaux pesant plusieurs centaines de kilos. Vous obtenez ainsi des menuiseries contemporaines à la fois minimalistes et robustes.
Un point d’attention concerne cependant la coordination avec les finitions de sol : carrelage, parquet extérieur, béton désactivé. Pour préserver l’effet de continuité visuelle, il est crucial d’aligner précisément les niveaux et les joints, et de prévoir des solutions de drainage adaptées. En amont, maquettes et prototypes à l’échelle 1:1 sont souvent un investissement judicieux pour valider les détails avant lancement du chantier.
Domotique intégrée et menuiseries connectées : automatisation et gestion intelligente
Dernier pilier de la menuiserie contemporaine : l’intégration domotique et la connectivité. Les fenêtres, portes et baies vitrées ne sont plus de simples éléments passifs ; elles deviennent des composants actifs du bâtiment intelligent. Motorisation discrète, capteurs d’ouverture, gestion centralisée des protections solaires, scénarios automatisés : les menuiseries connectées participent à la performance énergétique comme au confort quotidien.
Concrètement, les châssis peuvent être équipés de moteurs intégrés dans les profilés, pilotés via une application ou un système de gestion technique du bâtiment (GTB). Il devient alors possible de programmer l’ouverture nocturne pour le rafraîchissement passif, de fermer automatiquement les fenêtres en cas de pluie ou de vent fort, ou encore de verrouiller l’ensemble du bâtiment en un seul geste. Les contacts magnétiques, capteurs CO2 et détecteurs de bris de glace enrichissent encore ces fonctionnalités, renforçant sécurité et qualité de l’air intérieur.
La clé d’un projet réussi réside dans l’interopérabilité entre les menuiseries et les autres systèmes du bâtiment : chauffage, ventilation, alarmes, éclairage. Opter pour des protocoles ouverts (KNX, Zigbee, Modbus…) plutôt que pour des solutions propriétaires permet d’éviter l’effet « boîte noire » difficile à faire évoluer. On peut voir la domotique comme un orchestre : si chaque instrument joue sa propre partition sans se synchroniser, le résultat est cacophonique. Une architecture système cohérente est donc indispensable.
Au-delà de l’aspect technologique, l’enjeu est aussi d’accompagner les utilisateurs. Une interface trop complexe ou des scénarios mal calibrés peuvent générer de la frustration. Il est donc souhaitable de prévoir une phase de paramétrage fin après livraison, en observant les usages réels et en ajustant les niveaux d’automatisation. Dans les bureaux, par exemple, on veillera à laisser aux occupants un certain contrôle local (ouvrants motorisés commandables poste par poste), tout en conservant une supervision centrale pour la performance globale.
Finitions architecturales : anodisation naturelle et thermolaquage mat granité RAL
Pour finir, les tendances en menuiserie contemporaine se jouent aussi dans le détail des finitions. L’anodisation naturelle et le thermolaquage mat granité RAL s’imposent comme des choix privilégiés pour les profilés aluminium. L’anodisation offre une protection durable contre la corrosion, tout en révélant la texture métallique originelle, dans des nuances allant du champagne clair au bronze foncé. Elle convient particulièrement aux architectures minimalistes qui revendiquent la sincérité des matériaux.
Le thermolaquage mat granité, quant à lui, permet d’obtenir des surfaces légèrement texturées, moins sensibles aux traces et aux reflets que les laques brillantes. Les teintes RAL sombres (noir 9005, gris anthracite 7016, gris 7021) dominent dans les projets contemporains, en contraste avec des façades claires ou des matériaux naturels comme le bois et la pierre. Cette finition renforce la lecture architecturale des trames de menuiseries, sans tomber dans l’effet « surbrillance » parfois daté.
Ces choix de finitions ne sont pas uniquement esthétiques : ils influencent aussi la durabilité et l’entretien des menuiseries. Une anodisation de qualité marine, par exemple, résistera mieux aux environnements salins, tandis qu’un thermolaquage certifié Qualicoat ou Qualimarine garantira une tenue des couleurs supérieure. En phase de conception, il est donc pertinent de croiser vos ambitions architecturales avec le contexte d’exposition (urbain, littoral, montagne) pour choisir le traitement le plus adapté.
Enfin, n’oublions pas la possibilité de jouer sur le bi-coloris : une face extérieure en laque mate granitée et une face intérieure dans une teinte plus douce, voire en aspect bois, permettent d’affiner le dialogue entre menuiserie et architecture intérieure. C’est souvent dans ces détails que se joue la cohérence globale d’un projet, et que la menuiserie contemporaine passe du statut de simple composant technique à celui de véritable signature architecturale.