# Fenêtre et confort thermique : comment interpréter les coefficients Uw et Sw ?

Choisir des fenêtres performantes représente bien plus qu’une simple décision esthétique. Les menuiseries extérieures constituent un élément stratégique de l’enveloppe du bâtiment, responsable de 10 à 15% des déperditions thermiques d’une habitation mal isolée. Dans le contexte actuel de transition énergétique et face aux exigences croissantes de la RE2020, comprendre les indicateurs de performance devient indispensable pour garantir confort thermique et économies d’énergie. Les coefficients Uw et Sw constituent les deux principaux repères techniques permettant d’évaluer objectivement la qualité isolante d’une fenêtre et sa capacité à gérer les apports solaires. Leur interprétation correcte vous permettra de faire des choix éclairés, adaptés à votre climat local et à l’orientation de vos façades, tout en respectant les seuils réglementaires imposés par la législation française.

Le coefficient uw : mesure de la transmission thermique globale des fenêtres

Le coefficient Uw représente l’indicateur fondamental pour évaluer la performance thermique globale d’une fenêtre. Contrairement aux coefficients partiels qui ne considèrent qu’un élément isolé, l’Uw intègre l’ensemble de la menuiserie dans son calcul. Cette vision holistique permet d’obtenir une mesure réaliste de ce que vous pouvez attendre de votre fenêtre une fois installée. Plus ce coefficient est bas, meilleure est l’isolation thermique de votre menuiserie, réduisant ainsi les besoins en chauffage hivernal et les pertes de fraîcheur estivale.

Définition et unités de mesure du coefficient uw selon la norme EN ISO 10077

La norme européenne EN ISO 10077 établit les méthodes de calcul standardisées du coefficient Uw. Ce dernier s’exprime en W/(m².K), soit en watts par mètre carré et par degré Kelvin. Concrètement, cette unité quantifie la quantité de chaleur traversant un mètre carré de fenêtre lorsqu’il existe une différence de température d’un degré entre l’intérieur et l’extérieur. Un coefficient Uw de 1,3 W/(m².K) signifie qu’avec une différence de 20°C entre l’intérieur et l’extérieur, chaque mètre carré de fenêtre laissera passer 26 watts de chaleur. Cette normalisation européenne garantit des mesures comparables d’un fabricant à l’autre, facilitant vos choix lors de la comparaison des devis.

Méthodologie de calcul : intégration du ug (vitrage), uf (châssis) et psi (intercalaire)

Le coefficient Uw résulte d’un calcul complexe intégrant trois composantes distinctes de la fenêtre. Le coefficient Ug (U glass) mesure les performances du vitrage seul, généralement la partie la plus performante de la menuiserie. Le coefficient Uf (U frame) évalue l’isolation du châssis, souvent le maillon faible de l’ensemble. Enfin, le coefficient Psi (Ψ) quantifie les ponts thermiques linéiques créés au niveau de l’intercalaire séparant les vitrages. La formule de calcul pondère ces trois valeurs en fonction de leurs surfaces respectives : Uw = (Ug × Ag + Uf × Af + Ψ × Lg) / (Ag + Af), où Ag représente la surface vitrée, Af la surface du cadre et Lg le périmètre de

l’intercalaire. Plus la surface vitrée est importante par rapport au cadre, plus l’Uw final se rapproche du Ug, ce qui explique pourquoi les grandes baies vitrées bien conçues peuvent être très performantes. À l’inverse, une fenêtre de petite dimension avec un cadre très présent sera pénalisée par un Uf moins bon, même avec un excellent vitrage. Pour comparer deux menuiseries, il est donc indispensable de regarder l’Uw global déclaré par le fabricant, et non seulement le Ug mis en avant dans les argumentaires commerciaux.

Valeurs de référence uw pour différents types de menuiseries : PVC, aluminium à rupture de pont thermique et bois

À performances de vitrage équivalentes, le matériau du châssis influence fortement le coefficient Uw d’une fenêtre. Le PVC, grâce à ses propriétés isolantes naturelles et à la présence de chambres d’isolation dans les profils, permet d’atteindre aisément des Uw compris entre 1,2 et 1,3 W/(m².K), voire 0,9 à 1,0 W/(m².K) pour des gammes hautes performances associées à du triple vitrage. Les menuiseries bois présentent des performances comparables, avec des Uw courants autour de 1,2 à 1,4 W/(m².K), tout en offrant un excellent bilan carbone.

L’aluminium, bon conducteur thermique à l’état brut, nécessite une rupture de pont thermique pour devenir performant. Les profilés alu modernes, équipés de barrettes isolantes, affichent aujourd’hui des Uw qui peuvent descendre à 1,3–1,4 W/(m².K) avec un bon double vitrage, et autour de 1,0–1,1 W/(m².K) avec du triple vitrage. Les solutions mixtes bois/alu ou PVC/alu combinent les avantages des matériaux : structure isolante côté intérieur, habillage aluminium durable côté extérieur, pour des Uw souvent inférieurs à 1,2 W/(m².K). En pratique, pour un projet neuf ou une rénovation ambitieuse, viser un Uw ≤ 1,3 W/(m².K) constitue un bon point de repère.

Seuils réglementaires RE2020 et labels BBC effinergie pour le coefficient uw

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la RE2020 ne fixe pas un Uw minimum obligatoire pour chaque fenêtre prise isolément. Elle impose en revanche des objectifs globaux de performance (indicateurs Bbio, Cep, DH) qui, dans les faits, nécessitent l’emploi de menuiseries très performantes. Pour respecter ces seuils dans la plupart des configurations, les bureaux d’études recommandent des fenêtres avec un Uw ≤ 1,3 W/(m².K) en maison individuelle et en logement collectif. Ce niveau correspond également aux critères d’éligibilité à certaines aides financières, comme MaPrimeRénov’ ou les certificats d’économies d’énergie pour le remplacement de simples vitrages.

Les labels de performance, tels que BBC Effinergie, Effinergie+ ou encore Bâtiment Passif (Passivhaus), vont plus loin. Un bâtiment passif exige en général des menuiseries dont le Uw est ≤ 0,8 W/(m².K), combinées à un facteur solaire adapté pour valoriser les apports hivernaux. Dans les opérations BBC ou Effinergie+, la majorité des projets se situent entre 0,9 et 1,3 W/(m².K) selon la zone climatique et le taux de vitrage. En résumé, plus vous visez un bâtiment économe (voire autonome) en chauffage, plus il devient stratégique de choisir des fenêtres à Uw très bas, sans négliger la qualité de pose qui conditionne le résultat réel.

Le coefficient sw : facteur solaire et gestion des apports thermiques gratuits

Si le coefficient Uw vous renseigne sur les pertes de chaleur, le coefficient Sw vous informe, lui, sur les apports de chaleur venus du soleil. Les deux indicateurs sont indissociables pour juger du confort thermique global d’un logement. Une fenêtre très isolante mais trop « fermée » aux rayons solaires pourra limiter les déperditions, mais elle vous privera aussi d’une source gratuite de chauffage en hiver. À l’inverse, une fenêtre très transparente au soleil avec un Sw élevé risque d’engendrer des surchauffes estivales si aucune protection solaire n’est prévue.

Principe physique du facteur solaire et transmission énergétique du rayonnement solaire

Le facteur solaire Sw exprime la proportion d’énergie solaire totale qui traverse la fenêtre et se retrouve à l’intérieur du bâtiment, sous forme de chaleur. Il intègre trois phénomènes physiques : la transmission directe du rayonnement solaire à travers le vitrage, l’absorption d’une partie de ce rayonnement par le vitrage lui-même, et la restitution ultérieure de cette chaleur vers l’intérieur par rayonnement et convection. Autrement dit, Sw ne se limite pas à ce que vous voyez passer en lumière, il mesure l’ensemble du « paquet énergétique » lié au soleil.

Sur le plan normatif, le facteur solaire est déterminé selon la norme EN 410, qui définit les méthodes de mesure de la transmission énergétique et lumineuse des vitrages. Un Sw de 0,5 signifie que 50 % de l’énergie solaire incidente est transmise à l’intérieur, le reste étant réfléchi ou réémis vers l’extérieur. C’est un peu comme une porte à moitié ouverte : vous laissez entrer une partie de la chaleur gratuite, tout en en bloquant une autre pour éviter les excès. Bien interprété, ce coefficient vous permet d’exploiter le soleil comme un allié en hiver, tout en vous en protégeant l’été.

Échelle d’interprétation du coefficient sw : de 0 à 1 et implications thermiques

Le coefficient Sw est un nombre sans unité, compris entre 0 et 1. Plus il est élevé, plus la fenêtre laisse entrer de chaleur solaire. Un simple vitrage ancien présentait typiquement un Sw proche de 0,8–0,85 : beaucoup d’apports, mais aussi de lourdes déperditions. Les doubles vitrages modernes à isolation renforcée affichent généralement des Sw compris entre 0,45 et 0,65, selon la présence (ou non) de couches sélectives et de contrôles solaires. Les triples vitrages, plus épais et plus « filtrants », se situent plutôt autour de 0,4–0,55.

Comment interpréter ces valeurs pour votre confort thermique ? Avec un Sw élevé (≥ 0,55), vous profitez d’apports solaires importants en hiver, ce qui peut réduire les besoins de chauffage, surtout sur les façades bien orientées. En revanche, sans protections adaptées (volets, brise-soleil, stores extérieurs), un Sw trop haut sur des baies sud ou ouest peut provoquer des surchauffes estivales et rendre vos pièces inconfortables. À l’opposé, un Sw faible (≤ 0,35) limite les risques de surchauffe mais réduit aussi les gains gratuits en hiver. L’objectif n’est donc pas de rechercher le Sw le plus bas ou le plus haut possible, mais de trouver un compromis adapté à l’orientation et au climat.

Vitrages à contrôle solaire : comparaison entre couches faiblement émissives et sélectives

Pour ajuster le facteur solaire sans dégrader trop fortement l’isolation, les fabricants de vitrages utilisent des couches déposées sur les verres. Les couches faiblement émissives (low-e) visent principalement à réduire les pertes de chaleur par rayonnement infrarouge vers l’extérieur, ce qui améliore le Ug sans trop affecter le Sw. Elles réfléchissent la chaleur intérieure en hiver, tout en laissant passer une grande partie de la lumière visible. Ces vitrages à isolation renforcée affichent souvent des Ug de 1,0–1,1 W/(m².K) avec des Sw autour de 0,6–0,65.

Les couches sélectives, dites « à contrôle solaire », ont un comportement plus sophistiqué : elles laissent passer la lumière visible, mais réfléchissent davantage le rayonnement infrarouge proche, responsable d’une grande partie de la chaleur solaire. Résultat : un Sw plus faible (0,3–0,45 en moyenne) pour limiter les surchauffes, tout en conservant une transmission lumineuse correcte (TLw autour de 0,6–0,7 selon les gammes). Ces vitrages sont particulièrement pertinents pour les grandes façades très vitrées, les bâtiments tertiaires ou les logements exposés plein sud ou ouest dans les régions chaudes. Le revers de la médaille : des apports solaires hivernaux réduits, à prendre en compte dans le bilan énergétique annuel.

Stratégies d’optimisation selon l’orientation : coefficient sw idéal pour façades sud, nord, est et ouest

Faut-il le même Sw pour toutes les fenêtres de votre maison ? Clairement non. L’orientation des baies vitrées influence directement la stratégie à adopter. Sur une façade sud en climat tempéré, il est souvent pertinent de choisir un Sw relativement élevé (autour de 0,5–0,6) pour profiter d’apports solaires en hiver, à condition d’associer le vitrage à des protections extérieures efficaces (volets roulants, brise-soleil orientables, casquettes). Vous transformez ainsi vos fenêtres en « capteurs solaires » passifs l’hiver, tout en gardant la main sur les surchauffes estivales.

Sur une façade ouest, le soleil est plus rasant en fin de journée et les risques de surchauffe sont plus marqués en été. On privilégiera là des vitrages à Sw modéré (0,35–0,45) combinés à des protections verticales ou inclinées. À l’est, les apports matinaux sont en général mieux tolérés, mais dans les chambres, on pourra également chercher un Sw modéré pour limiter l’éblouissement et la montée en température. Enfin, sur une façade nord, les apports solaires sont quasi inexistants : le Sw a peu d’impact sur le confort, et c’est principalement le Uw qui doit guider le choix pour réduire les déperditions. Adapter les coefficients Uw et Sw à chaque orientation, plutôt que de tout uniformiser, est l’une des clés pour un bâtiment réellement confortable toute l’année.

Analyse comparative des performances : double vitrage standard versus triple vitrage

Le choix entre double vitrage et triple vitrage revient souvent dans les projets de rénovation ou de construction neuve performante. Le triple vitrage est-il toujours la meilleure option ? Pas nécessairement. Pour décider en connaissance de cause, il faut comparer les coefficients Uw et Sw, mais aussi tenir compte du poids, du coût supplémentaire, et des conditions climatiques locales. Dans certains cas, un bon double vitrage à isolation renforcée offrira un meilleur compromis confort/coût qu’un triple vitrage surdimensionné.

Coefficient uw des doubles vitrages 4-16-4 avec argon versus triples vitrages 4-12-4-12-4

Un double vitrage standard moderne de type 4-16-4 avec gaz argon et couche faiblement émissive présente un coefficient Ug typique de 1,0 à 1,1 W/(m².K). Intégré dans une fenêtre PVC performante, on obtient couramment un Uw global autour de 1,2–1,3 W/(m².K). En aluminium à rupture de pont thermique, le même vitrage conduit plutôt à des Uw de 1,3–1,4 W/(m².K), selon la finesse des profilés et la part de cadre visible.

À l’inverse, un triple vitrage 4-12-4-12-4, également rempli d’argon et équipé de couches basse émissivité, peut atteindre un Ug de 0,5–0,7 W/(m².K). Avec un châssis adapté, les Uw globaux descendent alors aux alentours de 0,8–1,0 W/(m².K). Le gain en isolation est donc réel, puisque les déperditions par la fenêtre peuvent baisser de 30 à 40 % par rapport à un excellent double vitrage. Cependant, ce bénéfice doit être mis en regard d’un Sw souvent plus faible (0,4–0,5 pour un triple vitrage contre 0,6–0,65 pour un double), d’un poids plus élevé (environ +50 %) et d’un surcoût de l’ordre de 15 à 30 %.

Impact du gaz de remplissage : argon, krypton et xénon sur les coefficients thermiques

Entre les vitrages, l’air a longtemps été le remplissage standard. Aujourd’hui, la plupart des doubles et triples vitrages performants utilisent des gaz nobles comme l’argon, le krypton ou plus rarement le xénon. L’argon, le plus répandu, offre un excellent compromis coût/performance : il permet de gagner environ 0,2 W/(m².K) sur le Ug par rapport à un remplissage à l’air, pour un surcoût limité. Un double vitrage 4-16-4 passe ainsi d’un Ug de 1,3 (air) à 1,1 W/(m².K) (argon), ce qui se répercute favorablement sur le Uw global.

Le krypton, au pouvoir isolant encore supérieur, est utilisé dans des vitrages à lames plus fines (par exemple 4-10-4 ou certains triples vitrages compacts) pour conserver de bonnes performances thermiques malgré une faible épaisseur. Le xénon, très performant mais onéreux, reste marginal et réservé à quelques applications spécifiques. Dans la pratique résidentielle, l’argon représente donc le meilleur choix économique pour optimiser les coefficients thermiques des fenêtres, sans complexifier à outrance la conception ni le budget.

Warm edge et intercalaires TGI : réduction du coefficient psi linéique

Au-delà du remplissage en gaz, un autre élément souvent sous-estimé impacte les performances : l’intercalaire qui sépare les vitrages. Traditionnellement en aluminium, cet élément crée un pont thermique linéique au pourtour du vitrage, modélisé par le coefficient Psi (Ψ). Pour réduire ces pertes, les fabricants ont développé des intercalaires dits « warm edge » ou « bords chauds », réalisés en matériaux composites ou inox spécifiques (TGI, Swisspacer, etc.).

Le passage d’un intercalaire aluminium à un intercalaire warm edge peut diminuer significativement le Ψ, et donc améliorer le Uw global de 0,1 à 0,2 W/(m².K) selon les configurations. Un autre avantage concret pour vous : une température de surface intérieure plus élevée en périphérie du vitrage, ce qui réduit l’effet de paroi froide et les risques de condensation aux bords. En un mot, les intercalaires warm edge renforcent le confort perçu, pour un surcoût modéré, et devraient être privilégiés dès que l’on vise un bon niveau d’isolation thermique.

Équilibre entre isolation thermique et transmission lumineuse : le coefficient TLw

Améliorer l’isolation thermique ne doit pas se faire au détriment de la luminosité naturelle. C’est là qu’intervient le coefficient TLw, qui mesure la transmission lumineuse de la fenêtre dans le domaine de la lumière visible. Exprimé, lui aussi, sur une échelle de 0 à 1, il indique la fraction de lumière du jour qui traverse la menuiserie. Un TLw de 0,7 signifie que 70 % de la lumière incidente pénètre dans le local. Pour votre confort visuel, mais aussi pour réduire les besoins en éclairage artificiel, il est important de conserver des TLw élevés, notamment dans les pièces de vie.

Dans la pratique, un double vitrage standard à isolation renforcée présente un TLw autour de 0,7–0,75, alors que certains triples vitrages, plus chargés en couches et en verre, peuvent descendre à 0,6–0,65, voire un peu moins si un contrôle solaire marqué est appliqué. C’est un peu comme choisir des lunettes de soleil : plus le vitrage est « filtrant », plus il protège de la chaleur et de l’éblouissement, mais plus il assombrit la pièce. L’équilibre idéal consiste à associer un Uw bas à un TLw suffisant, en évitant les vitrages trop sombres en logement, sauf cas particuliers (façades très exposées, pièces peu occupées).

Interprétation des coefficients pour différentes zones climatiques françaises

Les performances thermiques optimales d’une fenêtre ne sont pas identiques à Lille, Lyon ou Nice. Le découpage climatique RT2012/RE2020 en zones H1, H2 et H3 permet d’adapter les recommandations de coefficients Uw et Sw au contexte local. En zone froide, l’enjeu principal reste la limitation des déperditions hivernales ; en zone chaude, la priorité bascule vers le confort d’été et la maîtrise des apports solaires. Comment traduire ces exigences dans le choix concret de vos menuiseries ?

Recommandations pour les zones H1, H2 et H3 selon le découpage RT2012

En zone H1 (Nord, Nord-Est, zones continentales froides), on privilégiera des fenêtres à très faible Uw : idéalement ≤ 1,2 W/(m².K) en construction standard, et ≤ 0,9–1,0 W/(m².K) pour des bâtiments très performants ou passifs. Le recours au triple vitrage est souvent pertinent, surtout sur les façades nord et est peu ensoleillées. Côté Sw, un facteur relativement élevé (0,5–0,6) sur les façades sud permet de maximiser les apports solaires hivernaux, à condition de prévoir des protections solaires estivales efficaces.

En zone H2 (climat tempéré, façade atlantique, vallée du Rhône), on cherchera un équilibre : Uw ≤ 1,3 W/(m².K) est un bon standard, avec un double vitrage performant suffisant dans la majorité des cas. Le triple vitrage peut rester réservé aux façades nord ou aux projets à très haute performance. Pour le Sw, des valeurs intermédiaires (0,4–0,55) selon l’orientation et le niveau de protection solaire permettent de concilier apports hivernaux et confort d’été. Enfin, en zone H3 (régions méditerranéennes et sud atlantiques), le besoin de chauffage est plus limité, mais le risque de surchauffe est fort : Uw ≤ 1,4 W/(m².K) reste souhaitable, mais l’optimisation du Sw (0,3–0,4 sur les grandes baies sud et ouest) et des protections solaires devient prioritaire.

Adaptation des coefficients uw et sw en climat montagnard et méditerranéen

Les climats montagnards cumulent des hivers rigoureux et des étés parfois chauds, avec en plus un rayonnement solaire renforcé dû à l’altitude. Dans ces conditions, des Uw très faibles (0,8–1,0 W/(m².K)) sont recommandés, en privilégiant le triple vitrage au nord et à l’est, et un double ou triple vitrage à Sw modéré au sud pour bien gérer les apports. Les protections solaires extérieures sont indispensables pour contenir les surchauffes estivales, d’autant que l’ensoleillement peut être intense même par temps froid.

En climat méditerranéen, la logique s’inverse partiellement. La réduction des déperditions par Uw reste importante, mais c’est surtout la gestion fine du Sw et des protections qui conditionne le confort. Des vitrages à contrôle solaire, avec Sw de 0,3 à 0,4 sur les grandes baies sud et ouest, associés à des brise-soleil ou pergolas, sont souvent plus efficaces pour le confort d’été que la simple amélioration du Uw. Sur les façades nord et les petites ouvertures, un double vitrage à Sw plus élevé peut toutefois être conservé pour ne pas trop assombrir les pièces et limiter les besoins de chauffage ponctuels en hiver.

Calcul du coefficient ubât-projet et impact des menuiseries sur le bbio

Au niveau réglementaire, la RE2020 ne se limite pas à empiler des exigences par élément. Les performances des fenêtres sont intégrées dans des indicateurs globaux, dont le Bbio (besoin bioclimatique) et le coefficient Ubât-projet. Ce dernier représente une moyenne pondérée des coefficients U de toutes les parois opaques et vitrées du bâtiment (murs, toitures, planchers, menuiseries), en tenant compte de leurs surfaces. Des fenêtres à Uw élevé dégradent donc directement l’Ubât-projet, et par effet domino, les résultats du Bbio.

En pratique, les études thermiques montrent qu’une amélioration de 0,2 à 0,3 W/(m².K) du Uw moyen des menuiseries peut faire gagner plusieurs points de Bbio, parfois suffisants pour passer sous le seuil réglementaire sans modifier l’isolation des murs ou la compacité du bâti. À l’inverse, des baies vitrées surdimensionnées mais moyennement performantes peuvent plomber l’Ubât et rendre l’atteinte des objectifs RE2020 très coûteuse (isolation renforcée, systèmes plus complexes). D’où l’intérêt de discuter très en amont, avec le thermicien ou le maître d’œuvre, du couple surface vitrée / Uw / Sw le plus pertinent pour votre projet.

Outils de vérification et certification des performances thermiques des fenêtres

Face à la technicité des coefficients Uw, Sw ou TLw, comment être sûr que les performances annoncées par un fabricant ou un artisan correspondent bien à la réalité ? Heureusement, plusieurs dispositifs de certification, d’essais en laboratoire et d’outils de simulation permettent de sécuriser vos choix. Les labels produits vous garantissent un niveau de qualité vérifié par des tiers, tandis que les logiciels de calcul aident à simuler le comportement de vos fenêtres dans un bâtiment réel.

Lecture des étiquettes CEKAL et certification ACOTHERM

En France, le marquage CE est obligatoire pour la mise sur le marché des vitrages et menuiseries, mais il reste assez généraliste. Pour aller plus loin, des certifications volontaires comme CEKAL et ACOTHERM apportent des garanties complémentaires. CEKAL certifie les vitrages isolants, feuilletés et trempés sur la base d’essais de durabilité, d’étanchéité et de performance thermique et acoustique. Les fiches CEKAL indiquent notamment les valeurs de Ug, de facteur solaire (Sg) et de transmission lumineuse (Tlg) pour le vitrage seul.

ACOTHERM, de son côté, porte sur les fenêtres complètes (vitrage + châssis) et distingue les classes de performance thermique (Th) et acoustique (Ac). Une fenêtre ACOTHERM Th11, par exemple, correspond à un certain niveau maximal de Uw, garanti par des essais et des audits réguliers en usine. En consultant ces étiquettes sur les fiches produits ou les devis, vous disposez d’un repère fiable pour comparer les offres, au-delà des simples déclarations commerciales.

Logiciels de simulation thermique dynamique : PHPP, pleiades et ClimaWin

Pour les projets neufs ou les rénovations lourdes, les professionnels recourent de plus en plus à des logiciels de simulation thermique dynamique (STD). Des outils comme PHPP (Passive House Planning Package), Pleiades ou ClimaWin permettent de modéliser finement le comportement d’un bâtiment dans le temps, en tenant compte des coefficients Uw, Sw, TLw et de l’inertie thermique, de la ventilation, des systèmes de chauffage et de rafraîchissement. L’objectif est de prédire non seulement les consommations d’énergie, mais aussi le confort d’été (nombre de degrés-heures de dépassement, indicateur DH).

Dans ces simulations, les menuiseries représentent un levier majeur : modifier le Uw ou le Sw d’une baie sud de grande dimension peut, par exemple, réduire de façon significative les besoins de chauffage ou le risque de surchauffe. Ces outils aident aussi à arbitrer entre double et triple vitrage, ou à optimiser la combinaison vitrages/protections solaires. Même si vous n’utilisez pas directement ces logiciels, savoir que votre architecte ou votre bureau d’études s’y réfère est un gage de cohérence dans les choix de fenêtres par rapport aux objectifs RE2020 de votre projet.

Essais en laboratoire selon EN 410 et EN 673 pour validation des coefficients

Derrière chaque coefficient se cachent des protocoles d’essais normés. La norme EN 410, déjà évoquée, définit les méthodes de mesure de la transmission lumineuse (TL), du facteur solaire (g ou Sg) et des propriétés spectrales des vitrages. La norme EN 673, quant à elle, encadre la détermination du coefficient Ug des vitrages isolants en régime stationnaire. Ces essais sont réalisés par des laboratoires accrédités, dans des conditions contrôlées, afin de garantir la reproductibilité des résultats.

Pour les fenêtres complètes, d’autres normes comme EN ISO 10077 (calcul) et EN 14351-1 (caractéristiques des fenêtres et portes extérieures) encadrent la détermination de l’Uw, ainsi que les performances d’étanchéité à l’air, à l’eau et au vent (classement AEV). Lorsque vous consultez une fiche technique ou un certificat de performance, la référence à ces normes vous assure que les valeurs Uw, Sw et TLw proviennent soit de calculs validés, soit d’essais réalisés selon un cadre commun à toute l’Europe. C’est la condition pour que vos comparaisons entre produits soient fiables et pour que votre investissement dans des fenêtres performantes se traduise réellement par plus de confort thermique au quotidien.