# Fenêtre en aluminium : pour quels projets et quelles performances ?

L’aluminium s’impose aujourd’hui comme le matériau de référence dans le secteur des menuiseries extérieures, que ce soit pour des projets résidentiels ou tertiaires. Longtemps considéré comme un matériau froid et peu isolant, l’aluminium a connu une véritable révolution technologique ces dernières années. Les innovations dans les systèmes à rupture de pont thermique, associées à des traitements de surface performants, ont transformé les fenêtres aluminium en solutions hautement efficientes sur le plan énergétique. Leur finesse de profilés, leur durabilité exceptionnelle et leur capacité à s’adapter aux architectures les plus exigeantes en font un choix privilégié pour les constructions neuves respectant la RE2020 comme pour les rénovations énergétiques ambitieuses.

Caractéristiques techniques des profilés aluminium pour menuiseries extérieures

Les profilés aluminium destinés aux menuiseries extérieures répondent à des exigences techniques précises, définies par des normes françaises et européennes. La conception d’une fenêtre aluminium performante repose sur plusieurs paramètres fondamentaux qui déterminent ses qualités isolantes, sa résistance mécanique et sa durabilité dans le temps.

Coefficients thermiques uf et uw : lecture des performances d’isolation

Le coefficient Uf (U frame) mesure la performance thermique du châssis seul, exprimée en W/m²K. Pour l’aluminium, ce coefficient varie généralement entre 1,4 et 2,2 W/m²K selon la présence et la qualité des ruptures de pont thermique. Un coefficient Uf plus bas indique une meilleure isolation du cadre. Le coefficient Uw (U window) représente quant à lui la performance thermique globale de la fenêtre, vitrage et châssis combinés. C’est ce coefficient qui détermine réellement l’efficacité énergétique de votre menuiserie.

Pour être éligibles aux aides financières et respecter les réglementations thermiques en vigueur, les fenêtres aluminium doivent afficher un Uw inférieur ou égal à 1,3 W/m²K, avec un facteur solaire Sw supérieur ou égal à 0,3. Les modèles les plus performants du marché atteignent désormais des valeurs Uw de 0,8 W/m²K, rivalisant ainsi avec les menuiseries en PVC ou en bois. Cette performance remarquable s’obtient par l’optimisation conjointe du châssis, du vitrage et de la qualité de pose.

Rupture de pont thermique par insert polyamide : systèmes RPT

La technologie RPT (Rupture de Pont Thermique) constitue l’innovation majeure qui a révolutionné les performances thermiques des menuiseries aluminium. Elle consiste à insérer une barrette isolante, généralement en polyamide renforcé de fibres de verre, entre les deux parois aluminium du profilé. Cet insert de 15 à 50 mm d’épaisseur selon les systèmes bloque efficacement la transmission thermique entre l’intérieur et l’extérieur.

Les systèmes RPT de dernière génération intègrent parfois plusieurs barrettes isolantes pour optimiser davantage l’isolation. On distingue les systèmes monochambre, équipés d’une seule rupture, des systèmes multichambre qui peuvent compter jusqu’à trois barrettes isolantes. Ces derniers, bien que plus coûteux, offrent des performances thermiques exceptionnelles adaptées aux constructions passives ou aux zones climatiques rigoureuses. Le choix du système dépend de vos objectifs énergétiques et

de votre zone géographique. Dans la plupart des projets résidentiels actuels, on privilégie des profilés aluminium à rupture de pont thermique avec un Uf inférieur à 1,6 W/m²K, associés à un double vitrage à isolation renforcée (VIR) pour garantir un Uw global inférieur ou égal à 1,3 W/m²K.

Épaisseur des profilés et classification AEV selon le DTU 37.1

Au-delà de la performance thermique, l’épaisseur des profilés aluminium conditionne la résistance mécanique de la fenêtre, en particulier pour les grandes dimensions ou les baies coulissantes. Des profilés plus épais, avec des chambres internes bien dimensionnées, permettent de reprendre les efforts de vent, de poids du vitrage et de manœuvre sans déformation excessive. C’est un point à examiner avec attention lorsque vous envisagez des menuiseries de grande portée ou exposées en façade sud-ouest.

En France, la performance d’une menuiserie aluminium face aux éléments se caractérise par le classement AEV (Air, Eau, Vent), défini par le DTU 37.1 et les normes associées (NF EN 1026, 1027, 12211). Ce classement se présente sous la forme A*E*V* complétée de chiffres et lettres : plus les chiffres sont élevés, meilleure est la performance. Par exemple, une fenêtre classée A4 E7B V*A3 offrira une excellente perméabilité à l’air, une bonne étanchéité à l’eau et une résistance adaptée au vent pour une zone urbaine ou périurbaine.

Concrètement, dans une zone rurale peu exposée, un classement de type A3 E4 V*A2 peut suffire. En bord de mer ou en site très venté, on recherchera plutôt des menuiseries aluminium A4 E7 ou E9 V*A3 voire V*A4. Lors de la comparaison de devis, pensez à vérifier ce classement AEV : deux fenêtres alu d’aspect similaire peuvent présenter des performances très différentes selon leur conception et l’épaisseur de leurs profilés.

Traitement de surface : anodisation, thermolaquage et sublimation

Le traitement de surface des profilés aluminium joue un double rôle : protection contre la corrosion et esthétique. Trois grandes familles de finitions dominent le marché : l’anodisation, le thermolaquage et les procédés de sublimation (imitation bois notamment). Chaque solution présente des caractéristiques spécifiques en termes de durabilité, de rendu visuel et de coût.

L’anodisation consiste à créer une couche d’oxyde d’aluminium à la surface du profilé par procédé électrochimique. Très résistante à la corrosion et à l’abrasion, cette finition est particulièrement adaptée aux environnements agressifs (bord de mer, atmosphères industrielles). Elle offre un aspect métallique satiné, avec une palette de teintes plus limitée que le laquage mais d’une excellente tenue dans le temps.

Le thermolaquage est aujourd’hui la finition la plus répandue pour les fenêtres aluminium. Une poudre de peinture est appliquée sur le profilé puis polymérisée au four. Ce procédé autorise une quasi-infinité de couleurs (nuancier RAL, teintes sablées, effets métallisés) et permet la bicoloration (une couleur intérieure, une autre extérieure). Les labels Qualicoat et Qualimarine garantissent la qualité du laquage, notamment en termes de tenue aux UV et à la corrosion. Enfin, la sublimation permet de reproduire l’aspect du bois sur les profilés alu, en transférant un décor imprimé dans la couche de laque. Cette solution offre le charme du bois sans ses contraintes d’entretien, très appréciée en rénovation sur des maisons de caractère.

Applications résidentielles : rénovation et construction neuve

Grâce à leurs profilés à rupture de pont thermique, à leurs multiples types d’ouvertures et à la richesse des finitions, les fenêtres aluminium trouvent leur place dans la plupart des projets résidentiels. Que vous soyez en construction neuve RE2020, en rénovation partielle ou dans le cadre d’une rénovation énergétique globale, il est possible d’adapter le niveau de performance et le design des menuiseries alu à votre projet.

Menuiseries aluminium pour maisons passives et bâtiments BBC

Les maisons passives et bâtiments BBC (Bâtiment Basse Consommation) exigent des menuiseries extérieures à très forte performance thermique. Dans ces projets, les fenêtres aluminium doivent présenter un Uw inférieur ou égal à 1,0 W/m²K, et idéalement proche de 0,8 W/m²K pour les zones climatiques froides. Ces valeurs sont atteintes grâce à des profilés alu à multiples chambres avec RPT renforcée, associés à des vitrages triple vitrage à isolation renforcée (Ug ≈ 0,5 à 0,7 W/m²K) et à des intercalaires warm edge.

Dans une maison passive, l’objectif n’est pas seulement de limiter les déperditions, mais aussi de valoriser les apports solaires gratuits. Les fenêtres aluminium, grâce à leurs profilés fins, maximisent la surface vitrée et le facteur solaire Sw. Bien orientées (façade sud largement vitrée, protections solaires adaptées au sud, à l’est et à l’ouest), elles contribuent à couvrir une part significative des besoins de chauffage. C’est un peu comme si vos fenêtres devenaient des capteurs solaires passifs, à condition de bien choisir le vitrage et de coordonner menuiseries et protections solaires.

Pour rester compatibles avec la RE2020 et les labels de performance (Effinergie, Passivhaus), il est essentiel de travailler en concertation avec le bureau d’études thermique. Le choix de la fenêtre aluminium (Uw, Sw, facteur de transmission lumineuse TLw) s’intègre dans une approche globale : épaisseur d’isolant, type de ventilation (simple flux, double flux), inertie du bâti, etc. Vous souhaitez viser un niveau de performance ambitieux ? Assurez-vous que les valeurs Uw et Sw de vos fenêtres alu figurent clairement sur les fiches techniques et sur les devis.

Baies coulissantes à galandage et systèmes de levage-coulissant

L’un des atouts majeurs de l’aluminium réside dans sa capacité à supporter de très grandes surfaces vitrées. C’est particulièrement vrai pour les baies coulissantes, les coulissants à galandage et les systèmes de levage-coulissant, plébiscités dans les pièces de vie pour ouvrir largement sur la terrasse ou le jardin. La rigidité de l’aluminium permet de limiter le nombre de vantaux tout en conservant d’excellents niveaux de confort et de durabilité.

Les systèmes coulissants à galandage permettent aux vantaux de disparaître dans l’épaisseur du mur lorsqu’ils sont ouverts. Résultat : une ouverture presque totale, sans emprise sur l’intérieur ni l’extérieur. Cela nécessite en revanche une anticipation en phase gros œuvre pour prévoir les caissons de refoulement et le traitement de l’étanchéité. Les systèmes levage-coulissant, quant à eux, soulèvent légèrement le vantail lors de la manœuvre, réduisant les frottements et permettant de manipuler des ouvrants très lourds (triple vitrage, grandes dimensions) avec une grande facilité.

Sur le plan thermique, une baie coulissante aluminium performante doit afficher un Uw inférieur ou égal à 1,4 W/m²K, même pour des dimensions importantes. Pensez également à vérifier la perméabilité à l’air (classement A3 ou A4 recommandé) et la résistance au vent (classement V*A2 ou V*A3 selon la zone). Enfin, n’oubliez pas la question de l’accessibilité : un seuil encastré ou un seuil PMR (Personnes à Mobilité Réduite) facilite le passage entre l’intérieur et l’extérieur, sans compromettre l’étanchéité si le système est bien conçu.

Vérandas et extensions vitrées : profilés structurels aluminium

Les vérandas, jardins d’hiver et extensions vitrées constituent un autre terrain de prédilection pour les profilés aluminium. Le matériau permet de concevoir des structures légères, fines et résistantes, capables de supporter la charge des vitrages de toiture et les efforts de vent. Les profilés spécifiques de véranda intègrent généralement des ruptures de pont thermique, des drains d’évacuation d’eau et des solutions d’intégration de stores, volets roulants ou brise-soleil orientables.

La réussite d’une véranda aluminium repose sur un équilibre entre apports solaires et protection contre la surchauffe. Les surfaces vitrées importantes apportent beaucoup de lumière et de chaleur en hiver, mais elles peuvent devenir inconfortables en été si rien n’est prévu. On privilégiera alors des vitrages de contrôle solaire, des protections extérieures (BSO, volets roulants, toiles) et une bonne ventilation (ouvrants de toiture, châssis oscillo-battants en façade). Ici encore, la performance thermique des profilés alu (Uf) et des vitrages (Ug, Sw) doit être examinée de près pour que la véranda reste agréable en toute saison.

Sur le plan réglementaire, une véranda aluminium chauffée et ouverte sur le reste de la maison est prise en compte dans le calcul de la surface habitable et de la performance énergétique globale. Il est donc recommandé de viser des performances proches de celles des façades principales : Uw ≤ 1,5 W/m²K, bonne étanchéité à l’air, traitement soigné des jonctions avec les murs existants et la toiture.

Remplacement de menuiseries PVC ou bois par l’aluminium en rénovation

En rénovation, remplacer d’anciennes menuiseries bois ou PVC par des fenêtres aluminium permet de gagner en lumière, en confort et en esthétique, sans sacrifier la performance thermique. C’est particulièrement intéressant lorsque les anciens châssis présentent des montants épais, des peintures écaillées ou des vitrages simples ou doubles peu performants (4/6/4, 4/8/4). En optant pour des profilés alu plus fins et un double vitrage VIR (Ug 1,0 à 1,1 W/m²K), on améliore à la fois le clair de jour et l’isolation.

Deux techniques de pose principales existent : la dépose totale, qui consiste à retirer l’ancien dormant pour poser un nouveau cadre directement dans la maçonnerie, et la pose en rénovation, où l’on conserve le dormant existant pour fixer le nouveau châssis par-dessus. La première solution est plus performante (meilleur Uw réel, clair de jour maximal, suppression des ponts thermiques liés à l’ancien dormant) mais aussi plus lourde en travaux. La seconde limite les interventions sur le bâti mais réduit légèrement la surface vitrée.

Dans tous les cas, la réussite de votre rénovation dépendra autant de la qualité de pose que du choix de la fenêtre aluminium elle-même. Une pose soignée avec calfeutrement adapté (mousse imprégnée, membranes d’étanchéité, bavettes et appuis correctement raccordés) évite les infiltrations d’air et d’eau, ainsi que les ponts thermiques en pourtour de menuiserie. Profitez également du projet pour vérifier la ventilation (présence de VMC, entrées d’air dans les pièces sèches) car des fenêtres alu très étanches modifient l’équilibre hygrothermique du logement.

Projets tertiaires et commerciaux : façades et vitrages structuraux

Dans le secteur tertiaire et commercial, l’aluminium est omniprésent : façades vitrées, murs-rideaux, châssis fixes de grande hauteur, portes automatiques… Sa légèreté, sa résistance mécanique et sa durabilité en font un matériau de choix pour les architectures contemporaines à forte composante vitrée. Les systèmes de façades légères en aluminium permettent de réaliser des enveloppes transparentes tout en respectant les exigences de performance énergétique, de sécurité et de confort.

Murs-rideaux VEC et VEA : systèmes de façades légères

Les murs-rideaux en aluminium se déclinent en plusieurs technologies, parmi lesquelles les systèmes VEC (Vitrage Extérieur Collé) et VEA (Vitrage Extérieur Agrafé) occupent une place importante. Dans un mur-rideau VEC, les vitrages sont collés sur les cadres aluminium à l’aide de silicones structurels. À l’extérieur, seule une trame discrète apparaît, offrant un aspect de façade lisse et contemporaine. Dans un système VEA, les vitrages sont maintenus par des agrafes ou platines mécaniques, visibles ou masquées selon le design retenu.

Ces systèmes de façades légères doivent répondre à des exigences strictes en termes de résistance au vent, d’étanchéité à l’air et à l’eau et de sécurité (maintien en position des vitrages en cas de rupture). Les profilés aluminium, dimensionnés en fonction des charges climatiques (norme NV65 modifiée, Eurocodes), sont complétés par des vitrages feuilletés de sécurité et des dispositifs de drainage interne. Comme pour les fenêtres, des rupteurs de pont thermique sont intégrés dans les montants et traverses pour limiter les déperditions et les risques de condensation.

Les murs-rideaux VEC et VEA jouent également un rôle majeur dans la stratégie énergétique du bâtiment tertiaire. En maximisant les apports lumineux (fort TLw) tout en contrôlant les apports solaires (Sw adapté à l’orientation, protections extérieures), ils permettent de réduire les besoins en éclairage artificiel et en chauffage. Une façade bien conçue, c’est un peu comme un « poumon » énergétique du bâtiment : elle laisse entrer ce dont vous avez besoin (lumière et chaleur l’hiver), tout en se protégeant de l’excès (surchauffe estivale, éblouissement).

Fenêtres aluminium pour ERP : conformité accessibilité PMR et sécurité incendie

Dans les ERP (Établissements Recevant du Public) et les bâtiments tertiaires, les fenêtres et portes-fenêtres aluminium doivent se conformer à des réglementations spécifiques en matière d’accessibilité PMR et de sécurité incendie. Les largeurs de passage, hauteurs de poignées, efforts de manœuvre et ressauts de seuil sont encadrés par les textes (arrêtés accessibilité, normes NF P 01-005 et suivantes). L’aluminium permet de concevoir des châssis robustes avec des seuils encastrés ou des seuils PMR inférieurs ou égaux à 2 cm, compatibles avec le passage des fauteuils roulants.

Sur le volet incendie, les menuiseries aluminium doivent répondre aux exigences de stabilité au feu et de réaction au feu. L’aluminium est un matériau incombustible (classé A1 en réaction au feu) mais il perd sa résistance mécanique à haute température. Dans les zones à risque (issues de secours, compartimentage, façades à proximité de mitoyenneté), on recourt à des châssis aluminium coupe-feu ou pare-flamme intégrant des isolants spécifiques et des vitrages feuilletés intumescents, testés selon les normes EN 1364 et EN 1634.

Les ERP imposent également des niveaux d’affaiblissement acoustique adaptés au type d’activité (bureaux, établissements de santé, établissements scolaires…). Les fenêtres aluminium peuvent être équipées de vitrages acoustiques (Rw 37 à 42 dB et plus) tout en respectant les contraintes de manœuvrabilité et de sécurité. Là encore, la combinaison d’un châssis alu performant et d’un vitrage adapté permet de concilier confort et conformité réglementaire.

Vitrages IGU et triple vitrage : optimisation des performances acoustiques rw

Les vitrages isolants (IGU pour Insulating Glass Unit) utilisés avec les châssis aluminium jouent un rôle déterminant dans les performances acoustiques. Pour un confort optimal en milieu urbain ou à proximité d’axes bruyants, on privilégiera des vitrages asymétriques (par exemple 10/16/4 ou 44.2/16/6) et/ou des verres feuilletés acoustiques (type 44.2 Silence, 55.2 Acoustic, etc.). Ces compositions permettent d’atteindre des indices Rw de 36 à 42 dB, voire davantage pour des configurations spécifiques.

Le triple vitrage peut également être utilisé sur des châssis aluminium, notamment dans les maisons passives et les bâtiments situés en zones très froides ou fortement exposées au bruit. Toutefois, il faut garder à l’esprit que le gain acoustique du triple vitrage par rapport à un bon double vitrage asymétrique reste modéré. L’intérêt principal du triple vitrage réside dans ses performances thermiques (Ug ≈ 0,5 à 0,7 W/m²K), à mettre en balance avec son poids plus élevé et son coût supérieur.

Pour bien choisir, ne vous focalisez pas uniquement sur la valeur Rw. Il est aussi utile de regarder les indices C et Ctr, qui caractérisent l’affaiblissement des bruits de type routier (basses fréquences). Dans la pratique, un double vitrage 44.2/16/6 avec châssis aluminium performant, bien posé, offrira un excellent compromis entre isolation phonique, isolation thermique et coût. Et n’oubliez pas : une fenêtre la plus acoustique du monde ne sera efficace que si sa pose garantit une parfaite étanchéité à l’air.

Durabilité et résistance aux conditions climatiques extrêmes

Au-delà des performances thermiques et acoustiques, l’un des principaux atouts de la fenêtre aluminium est sa durabilité. Un châssis alu bien conçu et correctement protégé peut atteindre une durée de vie de 40 à 60 ans, voire davantage, avec un entretien minimal. Cette longévité se vérifie même dans des environnements difficiles : bord de mer, montagne, zones cycloniques… à condition de choisir des gammes et des finitions adaptées.

Exposition marine et atmosphères corrosives : norme NF DTU 37.1 classe C5

En atmosphère marine ou industrielle, la corrosion constitue le principal ennemi des menuiseries extérieures. L’air chargé de sel, de polluants ou de poussières peut agresser les surfaces métalliques, surtout si l’entretien est insuffisant. Pour ces environnements dits « agressifs », on se réfère souvent aux classes de corrosivité définies par la norme ISO 12944, où la classe C5 correspond aux situations les plus sévères (bord de mer très exposé, zones industrielles lourdes).

Les menuiseries aluminium adaptées à ces conditions reçoivent des traitements de surface renforcés : thermolaquage label Qualimarine, épaisseurs d’anodisation plus importantes, choix de visseries inoxydables et de joints résistant aux UV. Le DTU 37.1 précise les prescriptions de mise en œuvre et d’entretien pour garantir la tenue dans le temps. Dans la pratique, si votre maison est en première ligne face à l’océan ou si votre bâtiment se situe dans une zone industrielle, il est indispensable de le signaler au fabricant/poseur afin qu’il sélectionne des profilés et des finitions spécifiquement conçus pour ces conditions.

L’entretien joue aussi un rôle clé : un simple rinçage à l’eau douce des menuiseries alu, une à deux fois par an (plus fréquemment en bord de mer), permet d’éliminer les dépôts salins et les poussières qui pourraient attaquer le laquage. Ce geste simple prolonge considérablement la durée de vie esthétique et fonctionnelle de vos fenêtres aluminium.

Tenue mécanique aux vents violents : zone cyclonique et tests selon NF EN 12211

Dans les régions exposées aux vents violents, aux tempêtes ou aux cyclones (DOM-TOM, façades atlantiques et méditerranéennes), la résistance au vent des menuiseries est un enjeu de sécurité. Les fenêtres aluminium sont testées selon la norme NF EN 12211, qui définit des classes de performance en pression de vent (de 1 à 5) et en déformation (A à C). Une menuiserie classée V5C offrira par exemple une très haute résistance, avec une déformation limitée, adaptée aux zones cycloniques.

La rigidité intrinsèque de l’aluminium permet de dimensionner des profilés capables de résister à ces charges élevées, même pour des baies de grande hauteur. Les renforts internes, la qualité des assemblages (équerres, sertissage, vissage) et le choix des fixations en périphérie de châssis sont autant d’éléments déterminants. En toiture de véranda ou en façade de grande hauteur, des études spécifiques peuvent être nécessaires pour vérifier la tenue au vent et au soulèvement des vitrages.

Dans certains territoires soumis à réglementation cyclonique, des prescriptions complémentaires s’appliquent : vitrages feuilletés renforcés, dispositifs de protection (volets, panneaux), ancrages spécifiques. Là encore, l’aluminium se prête bien à ces contraintes grâce à sa combinaison de légèreté et de résistance. Si vous êtes en zone ventée, n’hésitez pas à demander à votre menuisier les certificats d’essais AEV et les rapports de résistance au vent pour les gammes proposées.

Dilatation thermique différentielle et stabilité dimensionnelle des châssis

Comme tout matériau métallique, l’aluminium se dilate sous l’effet de la chaleur et se contracte au froid. Ce coefficient de dilatation est plus élevé que celui des matériaux minéraux (béton, brique), ce qui nécessite une conception minutieuse pour éviter les déformations excessives, les grincements ou les difficultés de manœuvre. Les fabricants de menuiseries aluminium intègrent cette réalité en prévoyant des jeux de dilatation, des fixations adaptées et des profils conçus pour absorber ces mouvements.

Concrètement, sur une grande baie coulissante aluminium exposée plein sud, les variations de température peuvent être importantes entre l’aube et le milieu d’après-midi. Les profilés, le vitrage et la structure portante (maçonnerie, ossature bois) ne réagissent pas de la même manière. C’est un peu comme si chaque matériau « vivait à son rythme » : la conception doit donc permettre ces micro-mouvements sans compromettre l’étanchéité ni la facilité de manœuvre.

Les systèmes de fixation (pattes, vis, chevilles) tiennent compte de cette dilatation en autorisant un certain glissement du châssis tout en maintenant une tenue mécanique sûre. En façade rideau, des dispositifs spécifiques (joints souples, couvre-joints, systèmes de suspension) gèrent la dilatation différentielle entre l’aluminium et la structure du bâtiment. Pour l’utilisateur final, le résultat se traduit par des fenêtres alu qui restent stables, faciles à ouvrir et à fermer, quelles que soient les variations de température au fil des saisons.

Comparatif performances aluminium versus PVC et bois-aluminium mixte

Lorsque l’on choisit ses menuiseries, la question revient souvent : alu, PVC ou bois-aluminium ? Chaque matériau présente des avantages et des limites. L’aluminium se distingue par sa durabilité, son esthétique et sa capacité à réaliser de grandes baies, tandis que le PVC brille par son excellent rapport performance/prix et que le bois-alu mixte combine chaleur intérieure et protection extérieure.

Sur le plan strictement thermique, les châssis PVC gardent une légère avance, avec des Uf pouvant descendre en dessous de 1,2 W/m²K sur certaines gammes, contre 1,3 à 1,6 W/m²K pour la majorité des menuiseries aluminium performantes. Cependant, cette différence est souvent compensée par la finesse des profilés alu, qui augmente la surface vitrée et donc les apports solaires gratuits. En pratique, deux fenêtres de même dimension, l’une en PVC, l’autre en alu, peuvent présenter des Uw très proches dès lors qu’elles intègrent le même vitrage.

Face au bois-aluminium mixte, la fenêtre alu se montre généralement plus économique et plus simple d’entretien, tout en offrant un choix de couleurs plus vaste. Le bois-alu garde pour lui l’atout esthétique intérieur (chaleur du bois, possibilité de lasures ou peintures spécifiques) et un très bon bilan carbone, à condition de choisir des essences certifiées. En revanche, sa structure plus complexe et son coût de fabrication plus élevé le réservent souvent aux projets haut de gamme.

Côté environnement, la fabrication de l’aluminium est énergivore, mais le matériau est 100 % recyclable et déjà très largement recyclé : en Europe, environ 40 % des besoins en alu sont couverts par de l’aluminium recyclé. Sur la durée de vie d’une fenêtre (40 à 60 ans), sa robustesse et sa recyclabilité en fin de vie permettent de nuancer son impact initial. Le PVC, lui aussi recyclable, reste plus problématique en raison des additifs utilisés (plastifiants, stabilisants) et de sa combustion en cas d’incendie. Le bois, enfin, affiche le meilleur bilan carbone mais nécessite un entretien régulier si l’on ne recourt pas à un capotage alu extérieur.

Réglementation thermique RE2020 et certification acotherm pour fenêtres aluminium

La réglementation environnementale RE2020, applicable aux constructions neuves, renforce les exigences en matière de performance énergétique, de confort d’été et d’impact carbone. Les fenêtres aluminium, pour être compatibles avec ces objectifs, doivent offrir un excellent compromis entre Uw faible, facteur solaire Sw adapté et maîtrise des apports lumineux. La RE2020 ne fixe pas une valeur unique de Uw à respecter, mais intègre les performances des menuiseries dans un calcul global (indicateurs Bbio, Cep, DH) prenant en compte l’orientation, la surface vitrée et les protections solaires.

En pratique, pour un projet RE2020, il est recommandé de viser des Uw de l’ordre de 1,2 à 1,4 W/m²K pour les fenêtres et portes-fenêtres aluminium, avec des Sw compris entre 0,35 et 0,6 selon l’orientation et le climat. Le bureau d’études thermique ou l’architecte pourra affiner ces choix pour optimiser le bilan énergétique et le confort d’été. Dans les zones chaudes, par exemple, un Sw légèrement plus bas combiné à des protections extérieures permet de limiter les surchauffes sans nuire excessivement aux apports hivernaux.

La certification Acotherm constitue un outil précieux pour s’assurer des performances réelles des menuiseries aluminium. Délivrée par des organismes indépendants (CSTB, FCBA), elle atteste à la fois des qualités thermiques (classement Th) et acoustiques (classement Ac) des fenêtres. Un produit certifié Acotherm a été testé en laboratoire selon des protocoles normalisés, ce qui vous garantit que les valeurs Uw, Rw, AEV affichées sur la fiche technique correspondent aux performances mesurées.

Pour sélectionner vos fenêtres aluminium, vous pouvez ainsi vous appuyer sur :

  • le coefficient Uw (isolation thermique globale de la fenêtre) et le facteur solaire Sw ;
  • le classement AEV (Air, Eau, Vent) adapté à votre zone climatique ;
  • les indices Rw, Ac d’affaiblissement acoustique si vous êtes en environnement bruyant ;
  • la présence d’une certification Acotherm, Cekal (pour les vitrages) ou d’autres labels reconnus.

En combinant ces indicateurs avec une pose conforme aux règles de l’art (DTU 36.5 et 37.1), vous mettez toutes les chances de votre côté pour bénéficier de fenêtres aluminium à la fois performantes, durables et adaptées à vos besoins, que ce soit pour un projet résidentiel, tertiaire ou une rénovation énergétique globale.