# Comment limiter la déperdition de chaleur grâce à des menuiseries performantes ?
Les menuiseries représentent un enjeu majeur dans la performance énergétique d’un bâtiment. Responsables de 10 à 15% des déperditions thermiques d’une habitation selon l’ADEME, elles constituent un point de vigilance prioritaire lors d’une construction neuve ou d’une rénovation énergétique. Face à l’augmentation constante des coûts de l’énergie et aux exigences réglementaires de plus en plus strictes, le choix de fenêtres, portes-fenêtres et baies vitrées à haute isolation thermique devient incontournable. Au-delà du simple confort thermique, des menuiseries performantes permettent de réaliser des économies substantielles sur les factures de chauffage tout en réduisant l’empreinte carbone du logement. Entre coefficients thermiques, matériaux innovants et technologies de vitrage avancées, comment s’y retrouver pour faire le bon choix ? Quels sont les critères techniques à privilégier pour limiter efficacement les pertes de chaleur ?
Les coefficients thermiques des menuiseries : uw, ug et uf
Comprendre les coefficients thermiques constitue la première étape pour choisir des menuiseries performantes. Ces indicateurs normalisés permettent d’évaluer objectivement la capacité d’isolation d’une fenêtre et de comparer différents produits entre eux. Trois coefficients principaux caractérisent la performance thermique d’une menuiserie, chacun mesurant une composante spécifique de l’ensemble.
Le coefficient uw : mesure de la performance globale de la fenêtre
Le coefficient Uw (Window) exprime la performance thermique globale d’une fenêtre complète, incluant à la fois le cadre et le vitrage. Mesuré en W/(m².K), ce coefficient indique la quantité de chaleur traversant l’ensemble de la menuiserie. Plus la valeur Uw est faible, meilleure est l’isolation thermique. Une fenêtre standard affiche généralement un Uw compris entre 1,2 et 1,6 W/(m².K), tandis que les modèles très performants peuvent descendre sous la barre de 1,0 W/(m².K). Ce coefficient constitue l’indicateur de référence pour évaluer la qualité isolante d’une menuiserie et déterminer son éligibilité aux aides financières.
Le coefficient ug : isolation thermique du vitrage double ou triple
Le coefficient Ug (Glass) mesure spécifiquement la conductivité thermique du vitrage seul, sans prendre en compte le cadre. Un double vitrage classique présente un Ug d’environ 2,8 W/(m².K), tandis qu’un double vitrage à isolation renforcée (VIR) atteint des valeurs comprises entre 1,0 et 1,1 W/(m².K). Les triples vitrages les plus performants peuvent quant à eux afficher des coefficients Ug de 0,5 à 0,7 W/(m².K). La surface vitrée représentant généralement 70 à 80% de la surface totale d’une fenêtre, le coefficient Ug influence fortement la performance globale. Le choix du vitrage doit toutefois être équilibré avec d’autres critères comme le facteur solaire et la transmission lumineuse.
Le coefficient uf : conductivité thermique du cadre et du dormant
Le coefficient Uf (Frame) caractérise les performances thermiques du cadre, c’est-à-dire des profilés formant le dormant et l’ouvrant de la fenêtre. Cette valeur varie considérablement selon le matériau
Le coefficient Uf dépend du matériau (PVC, aluminium, bois, composite), de l’épaisseur des profilés, du nombre de chambres d’isolation et de la présence ou non de rupteurs de ponts thermiques. À titre d’ordre de grandeur, un cadre aluminium ancien sans rupture de pont thermique peut afficher un Uf supérieur à 4,0 W/(m².K), contre 1,0 à 1,4 W/(m².K) pour un profil PVC multi‑chambres récent. Sur une même gamme de vitrage, un cadre performant permet de gagner plusieurs dixièmes de point sur le Uw global, ce qui se traduit par des déperditions de chaleur nettement réduites. C’est pourquoi il est essentiel de ne pas se focaliser uniquement sur le vitrage, mais de considérer la menuiserie comme un ensemble cohérent.
Les seuils réglementaires RT 2012 et RE 2020 pour les menuiseries
Les coefficients thermiques des menuiseries ne sont pas définis au hasard : ils répondent à des exigences réglementaires issues des différentes réglementations thermiques. La RT 2012, encore très présente dans le parc récent, impose par exemple un coefficient Uw moyen des baies inférieur à 1,6 W/(m².K) pour les constructions neuves. Avec la RE 2020, qui met l’accent sur la sobriété énergétique et le confort d’été, les niveaux de performance attendus sont encore plus exigeants, notamment pour les maisons neuves à faible consommation et les bâtiments passifs.
Concrètement, pour limiter la déperdition de chaleur des menuiseries dans un projet performant, on visera le plus souvent des fenêtres avec un Uw compris entre 1,1 et 1,3 W/(m².K) en zone tempérée, et inférieur ou égal à 1,0 W/(m².K) dans les régions froides ou en façade nord. Ces seuils sont également une condition d’éligibilité à de nombreuses aides à la rénovation énergétique, qui exigent au minimum des menuiseries en double vitrage à isolation renforcée (Ug ≤ 1,1 W/(m².K)). En résumé, plus vos coefficients Uw, Ug et Uf sont faibles, plus vos fenêtres contribueront à atteindre les objectifs imposés par la réglementation thermique et à réduire durablement votre facture de chauffage.
Les matériaux de menuiserie à haute performance thermique
Une fois les coefficients thermiques compris, se pose la question du matériau de vos menuiseries. Bois, PVC, aluminium, menuiseries mixtes… chaque solution présente ses forces et ses limites en matière d’isolation thermique. Le matériau influe directement sur le coefficient Uf, mais aussi sur la durabilité, la facilité d’entretien et l’esthétique de vos ouvertures. Comment choisir celui qui limitera le mieux la déperdition de chaleur tout en restant adapté à votre projet et à votre budget ?
PVC à rupture de pont thermique : profilés multi-chambres kömmerling et veka
Le PVC s’est imposé comme une référence pour les fenêtres à haute isolation thermique, notamment grâce à ses excellentes performances en conductivité. Les profilés PVC multi‑chambres des grands fabricants comme Kömmerling ou Veka intègrent plusieurs cavités d’air successives à l’intérieur du dormant et de l’ouvrant, jouant le rôle de “mini‑murs” isolants. Ce principe permet d’atteindre des coefficients Uf très bas, souvent de l’ordre de 1,0 à 1,3 W/(m².K), voire moins sur certaines gammes premium.
En pratique, des menuiseries PVC équipées d’un double vitrage VIR et d’intercalaires à bords chauds permettent d’obtenir facilement un Uw entre 1,1 et 1,3 W/(m².K). Pour vous, cela se traduit par une réduction sensible des déperditions de chaleur au niveau des fenêtres, sans investissement démesuré. Autres avantages du PVC : un entretien quasi nul, une bonne résistance aux intempéries et une large palette de finitions (teintes, plaxages imitation bois, bicoloration). Veillez toutefois à choisir des profilés renforcés et bien conçus, car la qualité de fabrication conditionne à la fois la rigidité, l’étanchéité et la longévité de la fenêtre.
Aluminium à rupture de pont thermique : systèmes technal, schüco et reynaers
L’aluminium est souvent privilégié pour les grandes baies vitrées et les architectures contemporaines, grâce à la finesse de ses profilés et à sa stabilité mécanique. Historiquement, ce matériau était pénalisé sur le plan thermique, l’alu étant très conducteur. Les systèmes modernes Technal, Schüco ou Reynaers ont résolu ce problème grâce à la rupture de pont thermique : une barrette isolante (généralement en polyamide renforcé) est insérée entre les faces intérieure et extérieure du profilé, coupant le chemin du froid.
Les menuiseries aluminium à rupture de pont thermique bien conçues atteignent désormais des coefficients Uf autour de 1,3 à 1,6 W/(m².K), ce qui, combiné à un double vitrage haute performance, permet d’obtenir des Uw de 1,2 à 1,4 W/(m².K). Pour limiter la déperdition de chaleur tout en profitant de grandes surfaces vitrées, ces systèmes sont particulièrement pertinents, notamment pour les baies coulissantes de grande dimension. L’aluminium offre également une grande liberté de design (couleurs RAL, bicoloration, finitions texturées) et une excellente durabilité, à condition de privilégier des gammes certifiées et de veiller à une pose irréprochable.
Bois massif et bois-aluminium : essences performantes chêne, méranti et douglas
Matériau traditionnel par excellence, le bois reste naturellement très isolant et contribue efficacement à limiter les déperditions de chaleur au niveau des menuiseries. Les essences comme le chêne, le méranti ou le douglas présentent de bonnes performances thermiques, avec des coefficients Uf souvent compris entre 1,2 et 1,4 W/(m².K) pour des profilés modernes bien dimensionnés. Le bois a aussi l’avantage d’apporter une atmosphère chaleureuse et un excellent confort hygrothermique.
Pour autant, le bois massif nécessite un entretien régulier (lasure, peinture) afin de conserver ses qualités mécaniques et isolantes dans le temps. C’est là qu’interviennent les menuiseries bois‑aluminium, qui combinent un noyau intérieur en bois et un parement extérieur en aluminium laqué. Ce mariage permet de bénéficier de l’isolation et de l’esthétique intérieure du bois, tout en supprimant quasiment l’entretien côté extérieur grâce à l’alu. Les performances thermiques obtenues rivalisent avec les meilleures menuiseries PVC, avec un Uw souvent inférieur à 1,2 W/(m².K) lorsqu’on y associe un vitrage performant.
Menuiseries mixtes et composites : combinaisons bois-PVC et fibres de verre
Pour aller encore plus loin dans la performance, certains fabricants proposent des menuiseries mixtes ou composites. C’est le cas des combinaisons bois‑PVC, où l’on profite du PVC en extérieur pour la résistance aux intempéries, et du bois en intérieur pour le confort et l’esthétique. D’autres gammes intègrent des profilés en matériaux composites à base de fibres de verre ou de résines renforcées, offrant une rigidité élevée et une conductivité thermique très faible.
Ces systèmes innovants affichent souvent des coefficients Uf particulièrement bas, parfois proches de 0,9 W/(m².K), ce qui permet, avec un triple vitrage performant, de descendre sous un Uw de 0,8 W/(m².K). Ils se destinent en priorité aux constructions très basse consommation, maisons passives ou bâtiments soumis à la RE 2020 les plus ambitieuses. Leur coût est supérieur à celui des menuiseries PVC classiques, mais ils constituent un investissement pertinent si vous recherchez une isolation maximale et une très grande durabilité sans compromis sur le design.
Technologies de vitrage haute isolation : du double au triple vitrage
Le vitrage représente la majeure partie de la surface de vos fenêtres. Il joue donc un rôle déterminant dans la déperdition de chaleur et le confort thermique au quotidien. Vous hésitez entre double et triple vitrage ? Vous avez entendu parler de vitrage à faible émissivité, de gaz argon ou krypton sans vraiment savoir ce que cela change ? Décortiquons les principales technologies qui permettent de transformer une simple vitre en véritable bouclier thermique.
Vitrage à isolation renforcée VIR avec couche faiblement émissive
Le vitrage à isolation renforcée (VIR), aussi appelé vitrage à faible émissivité, est devenu le standard pour limiter la déperdition de chaleur. Son principe ? Une fine couche métallique transparente est déposée sur l’une des faces internes du vitrage. Cette “pellicule” agit comme un miroir thermique : elle renvoie la chaleur infrarouge vers l’intérieur en hiver, tout en laissant passer la lumière visible.
Concrètement, un double vitrage classique (sans couche basse émissivité) affiche un Ug d’environ 2,8 W/(m².K), alors qu’un VIR moderne descend à 1,0–1,1 W/(m².K). Autrement dit, on divise quasiment par trois les pertes de chaleur par la vitre, sans assombrir la pièce. Certains produits, comme les vitrages ECLAZ ou équivalents, combinent cette faible émissivité à une transmission lumineuse très élevée, ce qui permet de profiter des apports solaires gratuits en hiver tout en améliorant le confort.
Remplissage argon et krypton dans les espaces intercalaires
Entre les différentes feuilles de verre du double ou du triple vitrage, on ne laisse pas un “simple” air immobile. Pour renforcer encore l’isolation, l’espace intercalaire est généralement rempli d’un gaz isolant comme l’argon ou, plus rarement, le krypton. Ces gaz possèdent une conductivité thermique plus faible que l’air, ce qui limite les échanges de chaleur entre l’extérieur et l’intérieur.
Dans un double vitrage VIR, un remplissage argon à 90 % permet par exemple de gagner quelques dixièmes de point sur le coefficient Ug par rapport à un remplissage à l’air. Le krypton, encore plus performant, est principalement utilisé dans les triples vitrages haut de gamme où les espacements entre vitres sont plus faibles. Bien sûr, ces technologies ont un impact sur le coût, mais leur effet cumulé sur la réduction de la déperdition de chaleur devient significatif à l’échelle de l’habitation, surtout dans les zones froides.
Triple vitrage 4-16-4-16-4 : performance thermique optimale
Le triple vitrage est souvent perçu comme la solution ultime en matière d’isolation thermique. Avec sa structure typique 4-16-4-16-4 (trois verres de 4 mm séparés par deux lames de gaz de 16 mm), son coefficient Ug peut descendre jusqu’à 0,5–0,7 W/(m².K). À titre de comparaison, cela représente jusqu’à 70 % de pertes de chaleur en moins par rapport à un simple vitrage, et 40 % de moins qu’un double vitrage classique.
Faut-il pour autant installer du triple vitrage partout ? Pas forcément. Son intérêt est maximal dans les régions très froides, sur les façades peu ensoleillées (nord, nord‑est) ou dans les constructions passives où chaque watt compte. Son poids plus important impose des menuiseries et des ferrages adaptés, et peut augmenter le coût de la pose. De plus, le triple vitrage laisse généralement passer un peu moins de lumière et d’apports solaires qu’un double vitrage VIR. L’idéal est donc de raisonner façade par façade, en fonction de votre climat, de l’orientation et des objectifs de performance de votre projet.
Warm-edge et intercalaires à bords chauds TGI-Spacer
Un autre point clé, souvent méconnu, concerne les intercalaires qui séparent les vitres au bord du vitrage. Traditionnellement en aluminium, ils créent un pont thermique périphérique qui refroidit le pourtour de la vitre, favorisant la condensation. Les intercalaires “warm‑edge” ou à bords chauds, comme les systèmes TGI‑Spacer, sont fabriqués dans des matériaux composites à faible conductivité thermique.
En remplaçant les intercalaires alu par des bords chauds, on améliore le coefficient Uw de la fenêtre de quelques dixièmes de W/(m².K) et on augmente sensiblement la température de surface intérieure autour du vitrage. Résultat : moins de sensation de paroi froide, moins de risque de condensation et une meilleure durabilité des joints périphériques. C’est un peu comme remplacer un pont en acier par un pont en bois isolant : le passage de la chaleur vers l’extérieur devient beaucoup plus difficile.
Traitement des points singuliers et ponts thermiques
Choisir un bon vitrage et un matériau de cadre performant ne suffit pas pour limiter la déperdition de chaleur. Une grande partie des pertes peut provenir des points singuliers : jonction mur/fenêtre, seuil de porte, coffres de volets, etc. Comme dans une chaîne, c’est le maillon le plus faible qui détermine la résistance globale. Une pose soignée, avec des produits de calfeutrement adaptés, est donc indispensable pour éviter la formation de ponts thermiques autour des menuiseries.
Calfeutrement périmétrique : joints d’étanchéité EPDM et silicone
Le calfeutrement périmétrique consiste à traiter toutes les jonctions entre la menuiserie et la maçonnerie afin d’assurer une parfaite étanchéité à l’air et à l’eau. Pour cela, on utilise principalement des joints d’étanchéité EPDM (élastomère très résistant) et des mastics silicones ou hybrides. Ces matériaux souples absorbent les dilatations, comblent les interstices et empêchent l’air froid de s’infiltrer, ce qui réduit directement les déperditions thermiques.
Une fenêtre mal calfeutrée, même très performante sur le papier, peut laisser passer des courants d’air comparables à une petite fenêtre ouverte en permanence. Pour vérifier l’état de vos joints, vous pouvez utiliser une simple bougie ou la paume de la main : si la flamme ou la sensation de froid varie le long du cadre, une reprise d’étanchéité est sans doute nécessaire. Confier ce travail à un professionnel garantit le choix des bons produits et le respect des règles de mise en œuvre.
Pose en tunnel, en feuillure ou en applique selon l’isolation
La façon dont la fenêtre est positionnée dans l’épaisseur du mur a un impact direct sur les ponts thermiques. On distingue principalement trois modes de pose : la pose en tunnel (la menuiserie est insérée dans l’épaisseur du mur), la pose en feuillure (dans un épaulement prévu dans la maçonnerie) et la pose en applique (en intérieur, contre le mur). Le choix dépend de la nature du bâti (neuf ou rénovation) et du type d’isolation (intérieure ou extérieure).
Dans une maison bien isolée par l’intérieur, la pose en applique permet de superposer la menuiserie et l’isolant, limitant ainsi les déperditions au niveau du pourtour. En présence d’une isolation thermique par l’extérieur (ITE), on cherchera au contraire à aligner la fenêtre dans le plan de l’isolant extérieur pour créer une enveloppe continue, un peu comme si l’on mettait un manteau sans laisser sortir les poignets. Un professionnel RGE saura vous conseiller la meilleure méthode de pose pour minimiser les ponts thermiques en fonction de votre configuration.
Mousse polyuréthane expansive et bandes compribande illmod
Entre le dormant de la fenêtre et la maçonnerie, il existe presque toujours un jeu de quelques millimètres à quelques centimètres. Si cet espace reste vide, c’est une autoroute pour l’air froid. Pour le combler, on utilise couramment de la mousse polyuréthane expansive, qui vient remplir les cavités et améliore l’isolation phonique et thermique. Elle doit ensuite être protégée des UV et de l’humidité par des bandes d’étanchéité adaptées.
Les bandes compribande, comme la gamme Illmod, sont des mousses imprégnées qui se dilatent après la pose et assurent une triple fonction : étanchéité à l’air, à l’eau et isolation thermique. Placées en périphérie des menuiseries, elles s’adaptent aux petites irrégularités du support et constituent une solution particulièrement efficace et durable pour traiter les jonctions. C’est un peu l’équivalent d’un joint intelligent qui se cale partout où la chaleur pourrait s’échapper.
Seuils de porte à rupture de pont thermique et bas de porte isolé
Les seuils de portes d’entrée ou de portes‑fenêtres sont des zones critiques, souvent en contact direct avec le sol ou la dalle béton. Sans traitement spécifique, ils peuvent devenir de véritables ponts thermiques linéaires. Les seuils à rupture de pont thermique intègrent une partie isolante (généralement en PVC ou en résine) entre les faces intérieure et extérieure du profil, ce qui limite la conduction du froid.
En complément, un bas de porte isolé (plinthe automatique, joint brosse ou lèvre en caoutchouc) vient assurer l’étanchéité à l’air lorsque la porte est fermée. Ces dispositifs, qui peuvent sembler anodins, jouent pourtant un rôle clé dans la limitation des déperditions, notamment pour les portes exposées aux vents dominants. Là encore, un bon réglage des quincailleries et un contrôle régulier de l’état des joints sont indispensables pour maintenir la performance dans la durée.
Systèmes de fermeture et protection solaire thermique
Limiter la déperdition de chaleur en hiver ne suffit pas : il faut aussi éviter la surchauffe en été, sous peine de voir la climatisation annuler les gains réalisés sur le chauffage. Les systèmes de fermeture et de protection solaire (volets, coffres, stores extérieurs, brise‑soleil) complètent idéalement des menuiseries performantes. Ils agissent comme une couche isolante supplémentaire, modulable en fonction des saisons et de l’ensoleillement.
Volets roulants isolants à lames aluminium injectées de mousse
Les volets roulants isolants, équipés de lames aluminium injectées de mousse polyuréthane, constituent un excellent complément pour réduire les pertes de chaleur la nuit. Fermés, ils créent un coussin d’air entre le volet et le vitrage, qui joue le rôle d’isolant supplémentaire. Selon l’ADEME, l’utilisation de volets performants permet de réduire les déperditions thermiques des fenêtres de 9 à 16 % en hiver.
En été, ces mêmes volets bloquent une grande partie du rayonnement solaire avant qu’il n’atteigne la vitre, évitant ainsi l’effet de serre dans la pièce. Pour optimiser leur efficacité, l’idéal est de les fermer dès la tombée de la nuit en hiver et de les abaisser en journée sur les façades les plus exposées aux fortes chaleurs estivales. Les versions motorisées et automatisées (pilotage par horloge ou capteurs) permettent d’ajuster leur position au plus juste, sans effort.
Coffres de volets roulants tunnels et rénovation bubendorff
Le coffre du volet roulant est un autre point sensible en termes de déperdition de chaleur. Un coffre non isolé ou mal intégré dans le mur peut devenir une véritable source de fuites d’air et de froid. Les coffres “tunnels” pour le neuf, ou les coffres de rénovation bien isolés (comme certaines solutions Bubendorff et équivalentes), sont conçus pour s’intégrer au mieux dans l’enveloppe du bâtiment et limiter les ponts thermiques.
Dans une construction neuve, le coffre tunnel est logé dans l’épaisseur du linteau et peut être recouvert par l’isolation intérieure ou extérieure, garantissant une continuité thermique optimale. En rénovation, les coffres extérieurs ou intérieurs doivent être choisis avec un bon niveau d’isolation et une étanchéité soignée. Si vous sentez un courant d’air au niveau de votre coffre existant, un diagnostic et une amélioration de son isolation peuvent apporter un gain immédiat de confort.
Stores extérieurs et brises-soleil orientables en aluminium
Pour le confort d’été, les stores extérieurs et brises‑soleil orientables (BSO) en aluminium sont particulièrement efficaces. Placés à l’extérieur, ils arrêtent le rayonnement solaire avant qu’il ne touche le vitrage, ce qui est bien plus performant qu’un store intérieur. Les BSO, grâce à leurs lames orientables, permettent de doser finement la lumière et la chaleur entrante : on peut, par exemple, laisser entrer le soleil bas en hiver tout en bloquant le soleil haut en été.
Ces systèmes contribuent indirectement à limiter la consommation de climatisation et donc à réduire les besoins énergétiques globaux du bâtiment. Combinés à des menuiseries performantes et à une bonne gestion de l’ouverture/fermeture (manuelle ou automatisée), ils participent pleinement à l’optimisation du confort thermique tout au long de l’année. C’est un peu comme ajouter une casquette intelligente à votre maison, qui se règle en fonction de la saison et de la course du soleil.
Certification et labels de performance énergétique des menuiseries
Face à la diversité des offres sur le marché, comment être sûr que les fenêtres, vitrages et volets choisis tiennent réellement leurs promesses en termes d’isolation ? Les certifications et labels officiels sont là pour vous aider à y voir clair. Ils garantissent que les performances annoncées (Uw, Ug, étanchéité, acoustique) ont été mesurées selon des protocoles normalisés et régulièrement contrôlées. S’y intéresser, c’est se donner les moyens de comparer objectivement les produits et de sécuriser son investissement.
Certification acotherm : classement th et acoustique des fenêtres
Le label Acotherm concerne les menuiseries extérieures (fenêtres, portes‑fenêtres) et certifie à la fois leurs performances thermiques et acoustiques. Côté thermique, il attribue une classe “Th” (de Th5 à Th11) en fonction du coefficient Uw mesuré. Plus la classe est élevée, plus la fenêtre est isolante. Par exemple, une fenêtre classée Th11 correspond à un Uw très bas, adapté aux constructions à forte exigence énergétique.
Côté acoustique, Acotherm propose des classes “AC” (AC1 à AC4) qui indiquent le niveau d’affaiblissement acoustique. Si vous habitez en zone bruyante, choisir une menuiserie certifiée avec un bon classement AC permet de traiter en même temps les déperditions de chaleur et les nuisances sonores. En résumé, rechercher le logo Acotherm sur vos devis est un bon réflexe pour vérifier que les performances annoncées ont été contrôlées par un organisme indépendant.
Label cekal pour la durabilité et performance des vitrages isolants
Le label Cekal s’applique spécifiquement aux vitrages isolants, feuilletés ou trempés. Il atteste de la qualité de fabrication, de la durabilité dans le temps (étanchéité des bords, tenue des gaz dans les doubles et triples vitrages) et des performances thermiques et acoustiques. Pour les vitrages isolants, Cekal attribue une classe “TR” (de TR1 à TR14) en fonction du coefficient Ug et des caractéristiques techniques.
Choisir un vitrage certifié Cekal, c’est s’assurer que la lame d’argon ne s’évaporera pas au bout de quelques années et que les performances de déperdition de chaleur resteront stables dans le temps. C’est un peu comme opter pour des pneus garantis plusieurs années : vous savez que l’adhérence (ici, l’isolation) sera au rendez‑vous sur la durée. Ce label est par ailleurs souvent exigé pour l’obtention des aides publiques à la rénovation énergétique.
Marquage CE et norme NF EN 14351-1 pour menuiseries extérieures
Enfin, toutes les menuiseries extérieures mises sur le marché européen doivent porter le marquage CE, qui garantit leur conformité aux exigences essentielles de sécurité, de résistance mécanique et de performance. Pour les fenêtres et portes extérieures, cette conformité est encadrée par la norme NF EN 14351-1. Celle‑ci définit notamment les méthodes d’essai et de classement pour la perméabilité à l’air, l’étanchéité à l’eau, la résistance au vent et les performances thermiques.
Sur la fiche technique ou l’étiquette produit, vous trouverez donc les classes AEV (Air, Eau, Vent), le coefficient Uw, ainsi que les références normatives. Vérifier ces informations et les comparer entre plusieurs offres vous permet de choisir des menuiseries réellement adaptées à votre climat, à l’exposition de votre façade et à vos objectifs de confort. Associées aux labels Acotherm et Cekal, ces garanties constituent un véritable gage de sérieux et de performance pour limiter durablement la déperdition de chaleur de votre logement.