L’installation d’une baie vitrée à galandage représente l’un des défis les plus techniques en menuiserie moderne. Cette solution architecturale permet de créer une ouverture totale entre l’intérieur et l’extérieur, les vantaux coulissant entièrement dans l’épaisseur du mur. Contrairement aux baies vitrées traditionnelles, le système à galandage nécessite une préparation structurelle approfondie et une expertise technique pointue. Les enjeux sont considérables : étanchéité parfaite, stabilité structurelle et fonctionnement irréprochable sur plusieurs décennies. Cette technique d’installation exige une planification rigoureuse, des calculs précis et l’utilisation d’équipements professionnels spécialisés.
Préparatifs techniques et mesures précises pour une baie vitrée à galandage
La phase de préparation constitue le fondement de toute installation réussie. Cette étape détermine la faisabilité technique du projet et influence directement la qualité finale de l’installation. Les mesures doivent être d’une précision millimétrique, car aucune correction n’est possible une fois la maçonnerie modifiée.
Calcul des dimensions d’ouverture selon les normes NF DTU 36.5
Le dimensionnement d’une baie vitrée à galandage suit des règles strictes définies par les normes françaises. La largeur de l’ouverture brute doit intégrer l’épaisseur des vantaux coulissants, soit généralement 140 à 160 mm pour chaque vantail selon le système choisi. Pour une baie de 4 mètres de large avec deux vantaux, l’ouverture brute nécessaire atteint environ 4,30 mètres. La hauteur doit tenir compte du rail supérieur (80 à 120 mm) et du seuil renforcé (40 à 60 mm). Ces tolérances techniques garantissent le bon fonctionnement du mécanisme coulissant.
Vérification de la portance du mur et analyse structurelle
L’analyse structurelle précède impérativement toute modification de la maçonnerie. Un bureau d’études structure doit valider la faisabilité de l’ouverture, particulièrement dans les constructions à étages multiples. Les murs porteurs nécessitent des renforts spécifiques, souvent sous forme de poutres métalliques ou de linteaux précontraints. La charge admissible du plancher doit supporter le poids additionnel du système de galandage, estimé entre 150 et 200 kg par mètre linéaire. Cette vérification structurelle évite les désordres ultérieurs et garantit la sécurité de l’ouvrage.
Choix du système de rail schüco ASS 77 PD ou équivalent reynaers
Le choix du système de rail détermine les performances thermiques et la longévité de l’installation. Le système Schüco ASS 77 PD offre une rupture de pont thermique efficace avec un coefficient Uw de 1,3 W/m²K. Le rail Reynaers CS 77-HI présente des caractéristiques similaires avec une capacité de charge jusqu’à 400 kg par vantail. Ces systèmes intègrent des joints d’étanchéité périphériques et des dispositifs anti-soulèvement. La sélection dépend des contraintes climatiques locales et des exigences de performance énergétique du bâtiment.
Outillage professionnel requis : scie circulaire, niveau laser bosch GLL 3-
Le niveau laser rotatif, comme le Bosch GLL 3-80, permet de matérialiser avec précision les lignes horizontales et verticales de référence sur l’ensemble du chantier. La scie circulaire à lame diamant est indispensable pour les découpes propres dans les dalles béton ou les seuils existants. Une carotteuse, un perforateur SDS Max, des serre-joints de maçon, ainsi qu’un jeu complet de cales de menuisier complètent l’équipement de base. Vous aurez également besoin de cartouches de résine pour fixations chimiques, de mousse polyuréthane professionnelle, de membranes d’étanchéité et de profils de finition adaptés à votre système de baie vitrée à galandage.
Découpe et préparation de l’ouverture dans la maçonnerie
Une fois l’étude structurelle validée et les mesures d’ouverture arrêtées, vient l’étape la plus délicate : la création ou l’agrandissement du tableau dans la maçonnerie. Cette phase conditionne la stabilité de l’ouvrage et la bonne intégration du coffre de galandage dans le mur. Chaque intervention doit respecter scrupuleusement les préconisations du bureau d’études et les prescriptions des normes NF DTU 20.1 (maçonnerie) et 36.5 (menuiseries).
Techniques de percement au marteau-piqueur pour béton armé
Dans le cas d’un mur en béton armé, le percement ne se fait jamais au hasard. Le tracé de l’ouverture, validé en amont, est reporté au millimètre à l’aide du niveau laser et d’un cordeau traceur. Le marteau-piqueur ou le perforateur SDS Max est ensuite utilisé pour déligner progressivement la zone, en commençant toujours par le haut afin de limiter les contraintes sur la structure existante. En présence de ferraillage, on procède à des découpes contrôlées à la meuleuse ou à la scie à disque diamant pour éviter de fragiliser les armatures.
Pour une rénovation lourde, on travaille souvent par tronçons de 30 à 50 cm, de manière à garder des appuis temporaires pour le futur linteau. Vous vous demandez s’il est possible d’ouvrir largement sans tout démolir ? C’est faisable, mais uniquement si des étais de maçon et des poutrelles provisoires sont mis en place avant tout enlèvement de matière portante. Les gravats sont évacués au fur et à mesure afin de conserver une zone de travail propre et de limiter les risques de chute ou de blocage.
Installation du linteau métallique IPN selon calculs de charge
L’installation d’un linteau IPN ou HEB au-dessus de la baie vitrée à galandage permet de reprendre les charges verticales du plancher et de la toiture. La section, la longueur et le mode de scellement de ce linteau sont définis par le bureau d’études, en fonction de la largeur de l’ouverture et du type de maçonnerie. Concrètement, le linteau repose sur des sabots ou sur des appuis en béton armé de part et d’autre de l’ouverture, avec une longueur d’appui minimale de 20 à 30 cm par côté.
La mise en place se fait à l’aide d’un lève-poutre ou d’un engin de levage, surtout lorsque l’IPN dépasse 80 à 100 kg. Le profil métallique est ensuite calé, mis de niveau et scellé avec un mortier haute performance ou une résine de scellement adaptée. Une fois le linteau en place, on laisse le temps de prise recommandé avant de retirer progressivement les étais. Cette étape est comparable à la pose d’une colonne vertébrale : si elle est mal exécutée, tout le reste du « corps » de l’ouvrage en pâtira.
Étanchéité périphérique avec membrane EPDM ou polyuréthane
Avant d’intégrer le châssis de la baie vitrée à galandage, il est essentiel de traiter l’étanchéité du pourtour de l’ouverture. Des membranes EPDM ou des bandes en polyuréthane adhésif sont posées en périphérie, côté extérieur et parfois côté intérieur selon la configuration du mur. Ces membranes assurent une continuité entre la future menuiserie, l’isolant et le pare-pluie ou pare-vapeur du bâtiment, afin de supprimer les ponts thermiques et les infiltrations.
En pratique, on commence par dépoussiérer soigneusement les supports, puis on applique un primaire d’accrochage si le fabricant de membrane le préconise. Les bandes EPDM sont ensuite marouflées au rouleau, en veillant à réaliser des recouvrements suffisants (généralement 8 à 10 cm) dans les angles. Sur le seuil, on peut combiner une membrane horizontale et un cordon de silicone neutre pour garantir une parfaite étanchéité sous le rail inférieur. Cette étape est souvent sous-estimée par les bricoleurs, alors qu’elle joue le rôle d’un parapluie invisible pour toute votre baie vitrée à galandage.
Mise en place des cales de réglage et fixations chimiques
Les cales de réglage déterminent l’alignement, la planéité et l’assise définitive du châssis de la baie. Elles sont positionnées à intervalles réguliers sous le futur rail inférieur et sur les montants verticaux, en respectant les schémas fournis par le fabricant (distances typiques de 30 à 40 cm). Ces cales, en matériau incompressible, permettent de répartir les charges et d’éviter toute déformation du dormant dans le temps.
Les fixations chimiques, quant à elles, garantissent un ancrage fiable dans les maçonneries creuses ou hétérogènes. On fore les points de fixation selon le plan de pose, puis on injecte la résine dans chaque perçage avant d’y insérer les tiges filetées ou les vis spéciales. Après polymérisation, l’ensemble forme un bloc monolithique entre le mur et la menuiserie. Vous avez déjà vu une baie vitrée qui coince au bout de quelques mois ? Dans la plupart des cas, c’est un manque de calage ou une fixation sous-dimensionnée qui en est la cause.
Montage du système de rail et mécanisme coulissant
Le montage du système de rail constitue le cœur mécanique d’une baie vitrée à galandage. C’est lui qui assure la fluidité du coulissement des vantaux et leur bonne tenue dans le temps. On commence en général par assembler le cadre périphérique au sol, sur des tréteaux ou des cales, pour contrôler l’équerrage et la rectitude des profils. Les rails inférieurs et supérieurs sont mis en place selon les préconisations du fabricant Schüco, Reynaers ou équivalent, en veillant à ce que les jeux fonctionnels soient respectés.
Le rail inférieur, parfois encastré au niveau du seuil pour un accès PMR, est positionné sur les cales de réglage posées au préalable. On vérifie son niveau dans les deux sens avec le niveau laser, car le moindre défaut entraînera un coulissement difficile ou un retour intempestif des vantaux. Le rail supérieur est ensuite fixé, parfaitement parallèle au rail inférieur, grâce à des pattes de fixation réglables. Comme deux rails de chemin de fer, ces éléments doivent être strictement alignés pour éviter tout déraillement ou point dur.
Les chariots de roulement sont ensuite installés sur chaque vantail ou dans le rail selon les systèmes. Sur les modèles haut de gamme, chaque chariot peut supporter de 200 à 400 kg, avec des roulements à billes inoxydables garantissant un coulissement silencieux. On règle la hauteur de chaque chariot à l’aide de vis ou de clés Allen, afin d’obtenir un jeu constant entre le vantail et le rail supérieur. Des butées de fin de course, des guides au sol et des dispositifs anti-dégondage complètent l’ensemble pour sécuriser le mécanisme coulissant.
Pose et ajustement des vantaux de baie vitrée
Lorsque le châssis et le système de rail sont parfaitement posés, vient l’étape de la mise en place des vantaux. Chaque vantail, souvent en triple vitrage ou double vitrage renforcé, peut peser entre 80 et 200 kg. La manipulation nécessite donc au minimum deux personnes, voire l’utilisation de ventouses de levage ou d’un mini-grue pour les grands formats. L’objectif est d’emboîter chaque vantail d’abord dans le rail supérieur, puis de le poser délicatement sur les chariots du rail inférieur sans forcer.
Une fois en place, les vantaux sont coulissés sur toute leur course pour vérifier qu’aucun point dur n’apparaît. On règle ensuite la hauteur et le parallélisme de chaque ouvrant via les vis d’ajustement des chariots, jusqu’à obtenir un jeu régulier entre les profils verticaux et le dormant. Vous remarquez que le vantail frotte légèrement sur le seuil à un endroit précis ? Cela indique souvent un léger défaut de niveau que l’on corrige en ajustant les cales ou les réglages de chariot.
Les serrures, gâches et poignées sont ensuite installées et réglées. On vérifie l’alignement des points de verrouillage, le bon enclenchement des crochets et la compression des joints de fermeture. L’objectif est d’obtenir une fermeture ferme mais sans effort excessif, gage d’une bonne étanchéité à l’air et à l’eau. Comme pour la porte d’un coffre-fort, un ajustement millimétrique des ferrures assure à la fois la sécurité et la longévité de votre baie vitrée à galandage.
Finalisation étanchéité et tests de fonctionnement
Une fois les vantaux posés et réglés, on procède à la finalisation de l’étanchéité. Côté extérieur, des joints silicone de façade ou des mastics hybrides sont appliqués en périphérie entre la menuiserie et la maçonnerie, en complément des membranes EPDM. Côté intérieur, des bandes d’étanchéité à l’air ou des mousses imprégnées complètent le traitement. L’objectif est d’obtenir une continuité parfaite entre la baie vitrée à galandage, l’isolant et les parements intérieurs.
Les habillages et profils de finition (appelés aussi joues de baie, tapées d’isolation ou équerres de propreté) sont ensuite mis en place. Ils masquent les coffres de galandage et assurent un raccord esthétique avec les cloisons en plaques de plâtre ou en briques. Cette étape transforme une structure technique en un ensemble architectural intégré, comme si la baie avait toujours fait partie du mur. Pensez également à traiter les seuils : un rejingot, un profil goutte d’eau ou un seuil encastré drainant permet d’évacuer l’eau de pluie loin des rails.
Les tests de fonctionnement sont réalisés en fin de chantier : ouverture et fermeture complètes de chaque vantail, essais de verrouillage, contrôle de l’absence de frottement ou de jeu excessif. On peut aussi effectuer un test d’arrosage (pluie simulée) sur la façade pour vérifier l’absence d’infiltration au droit des joints extérieurs. Vous cherchez un indicateur simple de réussite ? Une baie vitrée à galandage bien posée doit pouvoir se manœuvrer d’un seul doigt, sans accroc et sans bruit parasite.
Contrôles qualité et mise en service selon normes RT 2020
Les contrôles finaux visent à s’assurer que la baie vitrée à galandage respecte non seulement les règles de l’art, mais aussi les exigences de performance énergétique de la réglementation en vigueur (RT 2012 hier, RE 2020 aujourd’hui). On vérifie les caractéristiques du vitrage (Uw, Sw, TLw), la présence de rupteurs de ponts thermiques, ainsi que la continuité de l’isolation au droit de la menuiserie. Ces éléments contribuent directement au bilan énergétique global du bâtiment.
Un contrôle visuel détaillé des joints, des fixations et des parements intérieurs et extérieurs est réalisé, parfois complété par un test de perméabilité à l’air (test blower-door) dans les constructions neuves. Ce test permet de détecter les éventuelles fuites d’air au niveau de la baie et de les corriger avant la réception. Pour une maison visant un niveau de performance proche du passif, la qualité de pose de la baie vitrée à galandage devient aussi importante que le choix du vitrage lui-même.
Enfin, la mise en service comprend la remise d’une notice d’entretien au client, les recommandations de réglage périodique et les précautions d’usage (nettoyage des rails, graissage éventuel des chariots, contrôle des évacuations d’eau). En respectant ces consignes, vous prolongez la durée de vie de votre installation et conservez intactes ses performances acoustiques et thermiques. Installer une baie vitrée à galandage n’est pas un simple changement de fenêtre : c’est un véritable investissement structurel et énergétique qui, bien réalisé, transforme durablement votre confort au quotidien.