La transition énergétique des bâtiments représente aujourd’hui un enjeu majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les fenêtres, responsables de 10 à 25 % des déperditions thermiques d’un logement, constituent un levier d’action prioritaire pour réduire votre empreinte carbone. Entre les innovations technologiques en matière de vitrage et l’évolution des matériaux de menuiserie, le marché propose désormais des solutions performantes qui conjuguent efficacité énergétique et respect de l’environnement. Mais face à la multiplicité des options disponibles, comment identifier les fenêtres véritablement écologiques ? Quels critères prioriser pour concilier performances thermiques, durabilité et faible impact environnemental ? Cette question mérite une analyse approfondie qui dépasse les simples arguments commerciaux pour vous guider vers un choix éclairé et responsable.

Comprendre l’impact environnemental des matériaux de menuiserie : bois, PVC et aluminium

L’empreinte carbone d’une fenêtre ne se limite pas à sa performance d’isolation thermique durant son utilisation. Elle englobe l’ensemble de son cycle de vie, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à son recyclage en fin de vie. Chaque matériau de menuiserie présente des caractéristiques environnementales spécifiques qui méritent une évaluation rigoureuse. Le choix entre bois, PVC et aluminium influence directement l’impact carbone global de votre projet de rénovation ou de construction.

Analyse du cycle de vie (ACV) des profilés en aluminium à rupture de pont thermique

L’aluminium affiche une empreinte carbone initiale élevée lors de sa production primaire, avec environ 12 kg de CO₂ émis par kilogramme de matériau fabriqué. Cette intensité carbonique s’explique par le procédé d’électrolyse particulièrement énergivore nécessaire à l’extraction de l’aluminium à partir de la bauxite. Cependant, l’aluminium recyclé présente un bilan environnemental radicalement différent : sa production ne génère que 0,5 kg de CO₂ par kilogramme, soit une réduction de 95 % des émissions. Les fabricants comme K-Line et Internorm intègrent désormais jusqu’à 75 % d’aluminium recyclé dans leurs profilés, transformant ainsi le bilan écologique de ce matériau. La technologie à rupture de pont thermique, qui insère un matériau isolant entre les faces intérieure et extérieure du profilé, améliore considérablement les performances thermiques et compense partiellement l’impact carbone initial par les économies d’énergie générées durant la phase d’utilisation.

Certification PEFC et FSC pour les fenêtres en bois massif et lamellé-collé

Le bois constitue le matériau de menuiserie le plus vertueux d’un point de vue environnemental, avec un impact carbone souvent négatif grâce au stockage du CO₂ durant la croissance de l’arbre. Un mètre cube de bois stocke environ 1 tonne de CO₂, faisant des fenêtres en bois de véritables puits de carbone. Toutefois, cette performance écologique n’est garantie que si le bois provient de forêts gérées durablement. Les certifications PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) et FSC (Forest Stewardship Council) attestent d’une gestion forestière responsable qui préserve la biodiversité et assure le renouvellement

des peuplements. Pour vos fenêtres en bois massif ou en lamellé-collé, privilégiez donc systématiquement ces logos. Ils garantissent également une traçabilité du matériau, des conditions sociales correctes pour les travailleurs forestiers et une limitation des traitements chimiques. Enfin, opter pour une essence locale (pin, chêne, mélèze…) permet de réduire encore l’empreinte carbone liée au transport, tout en soutenant une filière bois française ou européenne.

Émissions de CO2 liées à la production des châssis en PVC recyclé versus PVC vierge

Le PVC est souvent critiqué pour son origine pétrochimique, mais son bilan environnemental dépend fortement de la part de matière recyclée utilisée. La fabrication de PVC vierge émet en moyenne entre 2 et 3 kg de CO₂ par kilogramme de résine produite, tandis que l’utilisation de PVC recyclé permet de réduire ces émissions de 30 à 50 %, selon les filières. Certains industriels intègrent déjà 20 à 40 % de PVC recyclé dans le cœur des profilés, sans altérer les performances mécaniques ni thermiques.

Au-delà de la phase de production, le PVC présente un avantage important : il peut être recyclé jusqu’à 7 ou 8 fois tout en conservant des propriétés comparables au matériau initial. Sur un cycle de vie complet, un profilé de fenêtre en PVC recyclé peut ainsi rester en circulation pendant plus de 150 ans, sous forme de différentes menuiseries successives. Pour vous, l’enjeu est de vérifier la présence de mentions telles que « PVC recyclé », « Green PVC » ou l’adhésion du fabricant à une filière de recyclage structurée (charte FERVAM, éco-organismes). Ces informations figureront généralement dans la documentation technique ou les FDES.

Matériaux biosourcés : fenêtres en bois-fibre et composites naturels

Au-delà des matériaux classiques, de nouvelles solutions biosourcées émergent pour réduire encore l’empreinte carbone des fenêtres. Les menuiseries en bois-fibre, par exemple, associent des fibres de bois à des liants naturels ou à faible impact environnemental, formant des profilés stables et performants. Ces composites stockent du carbone biogénique tout en valorisant des sous-produits de scierie ou de l’industrie du bois, ce qui limite le gaspillage de ressources.

D’autres fabricants explorent les composites à base de fibres végétales (chanvre, lin, bambou) associées à des résines à faible teneur en solvants. L’objectif est de proposer des châssis légers, très isolants et recyclables, tout en s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire. Pour vous, ces solutions sont particulièrement pertinentes si vous visez une construction bas-carbone ou labellisée (RE2020, Bâtiment Biosourcé). Vérifiez la teneur en matières biosourcées dans la documentation du fabricant et privilégiez les produits disposant d’une FDES vérifiée.

Performances thermiques et coefficient uw pour minimiser les déperditions énergétiques

Une fenêtre écologique doit avant tout limiter les déperditions de chaleur afin de réduire vos besoins de chauffage et, par ricochet, votre empreinte carbone. Le principal indicateur à examiner est le coefficient de transmission thermique global Uw, exprimé en W/m².K. Plus il est faible, plus la fenêtre est isolante. Les meilleures fenêtres actuelles affichent des valeurs de Uw comprises entre 0,7 et 1,3 W/m².K, quand des menuiseries anciennes en simple vitrage dépassent souvent 4 à 5 W/m².K. L’amélioration est donc considérable.

Triple vitrage à isolation renforcée (VIR) et gaz argon ou krypton

Pour atteindre de très faibles valeurs de Uw, les fabricants ont développé des vitrages à isolation renforcée (VIR) combinés à un remplissage par gaz inerte. Le double ou triple vitrage VIR intègre une fine couche métallique transparente (low-E) qui réfléchit le rayonnement infrarouge vers l’intérieur en hiver. Entre les vitrages, l’air est remplacé par de l’argon ou, pour les modèles les plus performants, par du krypton, deux gaz aux excellentes propriétés isolantes.

Concrètement, un double vitrage standard présente un coefficient Ug (propre au vitrage) autour de 2,8 W/m².K, alors qu’un double vitrage VIR argon descend à 1,1 W/m².K. Le triple vitrage VIR krypton peut quant à lui atteindre des valeurs proches de 0,5–0,7 W/m².K. Le gain énergétique est donc significatif, surtout dans les régions froides ou pour les maisons passives. Vous vous demandez si le triple vitrage est toujours intéressant ? Pas forcément : dans les climats tempérés, il convient d’étudier l’orientation et le niveau d’isolation global du bâtiment pour éviter de surinvestir dans des vitrages trop lourds et plus coûteux.

Optimisation du coefficient ug du vitrage et uf du cadre

Le coefficient Uw d’une fenêtre est la combinaison de deux grandeurs : le coefficient Ug du vitrage et le coefficient Uf du cadre (profilé). Il ne suffit donc pas d’opter pour un vitrage très performant si le châssis est médiocre, ou inversement. C’est un peu comme une marmite bien isolée avec un couvercle en métal très conducteur : la chaleur finira toujours par s’échapper par la partie la plus faible.

Dans la pratique, vous trouverez des vitrages avec Ug compris entre 0,5 et 1,1 W/m².K pour les produits les plus courants et des cadres avec Uf variant de 0,8 à 1,6 W/m².K selon le matériau (PVC, bois, aluminium à rupture de pont thermique, mixte). Pour comparer efficacement les fenêtres écologiques, concentrez-vous sur la valeur Uw de la menuiserie complète, indiquée dans les fiches techniques. Visez un Uw ≤ 1,3 W/m².K pour une rénovation performante, et ≤ 0,8–1,0 W/m².K pour une maison passive ou un bâtiment très basse consommation.

Espaceurs warm-edge en matériaux composites pour réduire les ponts thermiques

Un autre élément clé, souvent négligé, est l’intercalaire situé entre les vitrages, au niveau du bord du double ou triple vitrage. Traditionnellement en aluminium, cet espaceur crée un pont thermique, c’est-à-dire une zone par laquelle la chaleur s’échappe plus facilement. Pour y remédier, l’industrie a développé des espaceurs « warm-edge » en matériaux composites (acier inox, mousse rigide, polymères renforcés) beaucoup moins conducteurs.

Le remplacement d’un intercalaire aluminium par un espaceur warm-edge permet de réduire de 10 à 15 % les déperditions au bord du vitrage et de limiter les risques de condensation en périphérie. Vous gagnez ainsi à la fois en confort et en durabilité (moins de risques de moisissures sur les dormants). Lors de la comparaison des devis, n’hésitez pas à demander le type d’intercalaire utilisé : c’est un détail discret, mais qui fait la différence dans une approche globale de fenêtre écoénergétique.

Certification passivhaus et exigences du label BBC-Effinergie

Si vous visez une performance énergétique exemplaire, l’appui sur des labels reconnus est un excellent repère. Les fenêtres certifiées Passivhaus répondent à des critères très stricts, avec des coefficients Uw généralement inférieurs à 0,8 W/m².K et des vitrages à très faible Ug. Elles sont particulièrement adaptées aux maisons passives, où les besoins de chauffage sont réduits à un minimum grâce à une enveloppe très performante et une bonne étanchéité à l’air.

En France, le label BBC-Effinergie (Bâtiment Basse Consommation) impose également des exigences en termes de consommation énergétique globale, ce qui implique de recourir à des menuiseries performantes. Sans viser obligatoirement un label, vous pouvez vous en inspirer comme référence : fenêtres à Uw ≤ 1,3 W/m².K, pose soignée, traitement des ponts thermiques, et intégration dans une isolation cohérente (murs, toiture, planchers). Vous construisez ou rénovez dans une optique de long terme ? S’aligner sur ces standards vous permettra d’anticiper l’évolution des réglementations et de valoriser votre patrimoine.

Vitrages à contrôle solaire et traitement low-e pour réguler le bilan énergétique

Une fenêtre écologique ne se contente pas de limiter les pertes de chaleur : elle doit aussi optimiser les apports solaires pour réduire les besoins de chauffage en hiver, tout en évitant la surchauffe en été. C’est ici qu’interviennent les vitrages à contrôle solaire et les traitements low-E, qui permettent de jouer sur la transparence, la réflexion et la filtration du rayonnement solaire. L’objectif est de trouver le bon équilibre entre facteur solaire et transmission lumineuse selon l’orientation de chaque façade.

Couches faiblement émissives à base d’oxydes métalliques argentés

Les couches faiblement émissives, dites low-E, sont des dépôts extrêmement fins d’oxydes métalliques (souvent à base d’argent) appliqués sur la surface interne des vitrages. Invisibles à l’œil nu, ces couches se comportent un peu comme un miroir sélectif : elles laissent passer la lumière visible, mais renvoient une grande partie du rayonnement infrarouge. En hiver, elles renvoient la chaleur vers l’intérieur ; en été, elles limitent les apports excessifs en provenance du soleil.

Les technologies de couches low-E se sont fortement diversifiées. Certaines sont orientées « isolation » (forte réflexion de l’infrarouge lointain), d’autres « contrôle solaire » (filtration renforcée de l’infrarouge proche). Pour choisir un vitrage écologique adapté, il est donc essentiel de consulter les indicateurs fournis par le fabricant, notamment le facteur solaire g et la transmission lumineuse TL. Ces deux paramètres vous permettront d’ajuster le choix du vitrage pièce par pièce, en fonction de l’ensoleillement et de l’usage des locaux.

Facteur solaire g et transmission lumineuse TL selon l’orientation

Le facteur solaire g indique la part de l’énergie solaire totale qui traverse le vitrage (entre 0 et 1). Plus il est élevé, plus le vitrage laisse entrer de chaleur. La transmission lumineuse TL, exprimée en pourcentage, mesure pour sa part la quantité de lumière visible qui passe à travers la fenêtre. Pour une maison agréable à vivre, on cherche généralement une TL ≥ 60 %, voire 70 % pour des pièces de vie, afin de limiter l’usage de l’éclairage artificiel.

Comment combiner ces paramètres de manière intelligente ? Au sud et au sud-ouest, un facteur solaire modéré (g entre 0,35 et 0,45) permet de profiter des apports gratuits en hiver tout en limitant la surchauffe estivale, surtout si vous ajoutez des protections solaires extérieures (brise-soleil, stores, volets). À l’est, un g légèrement plus élevé reste intéressant pour profiter du soleil matinal. Au nord, le soleil direct est rare ; il est donc pertinent de privilégier une TL élevée pour maximiser la lumière naturelle, même avec un facteur solaire plus classique.

Vitrages à contrôle sélectif pour façades sud et vitrages neutres pour façades nord

Les vitrages à contrôle sélectif sont conçus pour laisser passer un maximum de lumière tout en filtrant davantage la chaleur. Ils affichent un ratio TL/g élevé, ce qui est idéal pour les façades très exposées (sud, sud-ouest). Vous bénéficiez ainsi d’une bonne luminosité sans transformer votre salon en serre en été. Ces vitrages sont particulièrement intéressants dans les zones urbaines où l’inertie thermique des bâtiments est importante et où la climatisation peut représenter une part significative de la consommation énergétique.

Pour les façades nord, en revanche, un vitrage dit « neutre » est souvent préférable. Sa teinte est très peu marquée, sa TL est élevée et son facteur solaire classique, ce qui permet d’apporter un maximum de lumière dans des pièces peu ensoleillées. En combinant vitrages à contrôle sélectif sur les orientations ensoleillées et vitrages neutres sur les façades froides, vous optimisez le bilan énergétique global de votre logement. Vous pouvez ainsi réduire à la fois vos besoins de chauffage et de climatisation, tout en améliorant votre confort visuel.

Certifications environnementales et labels écologiques pour fenêtres durables

Au-delà des performances annoncées par les fabricants, comment être sûr que les fenêtres choisies s’inscrivent réellement dans une démarche écologique ? Les certifications et labels environnementaux apportent une réponse objective, basée sur des référentiels reconnus et des audits indépendants. Ils couvrent aussi bien l’impact environnemental de la fabrication que la durabilité, la recyclabilité ou la qualité sanitaire des matériaux.

Écolabels NF environnement et ange bleu pour menuiseries extérieures

En France, le marquage NF Environnement pour les menuiseries extérieures atteste d’un niveau d’exigence supérieur en matière d’impact environnemental. Il prend en compte la consommation de ressources, les émissions polluantes, la durée de vie et la recyclabilité des produits. Une fenêtre NF Environnement doit également répondre à des critères de performance thermique et acoustique, ce qui en fait un bon indicateur de fenêtre réellement durable.

En Allemagne, l’écolabel Blauer Engel (Ange Bleu) joue un rôle similaire pour les produits respectueux de l’environnement, notamment les fenêtres en PVC ou en bois. Il garantit une limitation stricte des substances nocives (phtalates, métaux lourds, solvants) et un haut niveau de qualité. Si vous achetez des menuiseries importées ou issues de fabricants européens, la présence de l’Ange Bleu constitue un signal fort d’engagement environnemental.

Déclarations environnementales de produit (FDES) selon la norme EN 15804

Pour aller plus loin, les FDES (Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire) fournissent une analyse détaillée de l’empreinte environnementale des fenêtres sur l’ensemble de leur cycle de vie. Conformes à la norme européenne EN 15804, elles indiquent notamment les émissions de CO₂, la consommation d’énergie primaire, la production de déchets et les impacts sur l’eau ou les écosystèmes. Ces données sont de plus en plus utilisées dans le cadre de la réglementation environnementale RE2020.

Pour vous, consulter une FDES, c’est un peu comme lire la « carte d’identité carbone » d’une fenêtre. Vous pouvez comparer, à performance thermique égale, l’impact de différentes solutions (bois, PVC recyclé, aluminium recyclé, mixte). De nombreux fabricants mettent désormais ces documents à disposition sur leurs sites web ou via des bases de données spécialisées. N’hésitez pas à les demander : un industriel transparent sur ses FDES est généralement un partenaire de confiance pour un projet de menuiseries écoresponsables.

Label fenêtres menuiseries durables et certification cradle to cradle

Le label Fenêtres Menuiseries Durables vise à valoriser les produits conçus pour durer, être réparables et recyclables. Il prend en compte la robustesse des châssis, la qualité des finitions, la résistance aux intempéries ou encore la disponibilité des pièces détachées. Choisir une fenêtre labellisée, c’est réduire le risque de devoir remplacer vos menuiseries au bout de quelques années, et donc limiter les ressources et l’énergie mobilisées.

La certification Cradle to Cradle (du berceau au berceau) va encore plus loin en intégrant les principes de l’économie circulaire. Elle évalue cinq critères : santé des matériaux, réutilisation, gestion de l’énergie, gestion de l’eau et équité sociale. Des gammistes comme Technal ou certains transformateurs français proposent déjà des profilés aluminium certifiés Cradle to Cradle, conçus pour être intégralement recyclés sans perte de qualité. Pour un projet de construction bas-carbone ambitieux, ces produits représentent une avancée majeure : l’objectif n’est plus seulement de « moins polluer », mais de concevoir des fenêtres qui pourront redevenir des ressources de haute qualité en fin de vie.

Fabricants français engagés dans l’écoconception de menuiseries bas-carbone

Le choix d’une fenêtre écologique ne se joue pas uniquement sur le produit, mais aussi sur la stratégie globale du fabricant. Production locale, utilisation de matières recyclées, optimisation logistique, démarches de recyclage des menuiseries en fin de vie : autant de leviers qui influencent directement l’empreinte carbone de vos travaux. En privilégiant des industriels français ou européens engagés dans l’écoconception, vous réduisez les impacts liés au transport et soutenez une filière structurée.

Gamme écologique des fenêtres internorm et K-Line en aluminium recyclé

Des acteurs comme Internorm et K-Line ont largement investi dans l’intégration d’aluminium recyclé dans leurs profilés. Grâce à des alliages issus de l’économie circulaire, certains de leurs produits affichent désormais une part de matière recyclée supérieure à 70 %, tout en conservant les mêmes performances mécaniques et esthétiques. Couplé à l’utilisation d’électricité d’origine renouvelable dans les fonderies, cet effort permet de réduire drastiquement l’empreinte carbone de chaque mètre linéaire de profilé.

Sur le plan thermique, les gammes d’aluminium à rupture de pont thermique de ces fabricants atteignent des coefficients Uw proches de 1,0 W/m².K en double vitrage et encore plus bas en triple vitrage. Internorm propose même des menuiseries certifiées Passivhaus, adaptées aux maisons à très basse consommation. Si vous envisagez de grandes baies vitrées, l’aluminium recyclé à haute performance est une option intéressante pour concilier design contemporain, durabilité et réduction des émissions de CO₂ liées au bâti.

Solutions bois-aluminium mixtes de tryba et minco pour performance optimale

Les fenêtres mixtes bois-aluminium combinent un parement intérieur en bois (chaleureux et très isolant) et un parement extérieur en aluminium (résistant et sans entretien). Des fabricants comme Tryba ou Minco se sont spécialisés dans ces solutions hybrides, particulièrement adaptées aux projets écoresponsables. À l’intérieur, le bois – souvent certifié PEFC ou FSC – stocke du carbone et améliore le confort thermique et acoustique. À l’extérieur, l’aluminium protège la menuiserie des intempéries, ce qui allonge considérablement sa durée de vie.

Certains industriels vont plus loin encore en intégrant des matériaux biosourcés innovants, comme le bambou stratifié chez Minco, issu de plantations gérées durablement. Ces fenêtres hybrides affichent des coefficients Uw pouvant descendre en dessous de 0,9 W/m².K en triple vitrage, avec une forte part de matières recyclables et renouvelables. Pour un projet où vous recherchez à la fois esthétique, performance et faible empreinte carbone, les menuiseries bois-alu représentent souvent le meilleur compromis.

Fenêtres PVC biosourcé de profils systèmes et production locale

Le PVC évolue lui aussi vers des formulations plus vertueuses, avec l’apparition de PVC biosourcé ou partiellement issu de ressources renouvelables. Certains gammistes, comme Profils Systèmes ou d’autres acteurs français, travaillent sur des résines intégrant des composants d’origine végétale ou sur des procédés permettant de réduire la part de dérivés pétroliers. Couplé à une utilisation croissante de PVC recyclé en cœur de profilé, cela permet de diminuer nettement le bilan carbone de la menuiserie finale.

La production locale en France ou en Europe est un autre atout majeur. Elle limite le transport des profilés et des fenêtres finies, tout en facilitant la mise en place de boucles de recyclage régionales. En choisissant des fabricants proches de chez vous, vous favorisez aussi la réactivité en cas de besoin de SAV ou de remplacement de vitrages. Pour identifier ces démarches, appuyez-vous sur les labels « Origine France Garantie », les FDES, ou encore les communications RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) des industriels.

Installation étanche et recyclabilité en fin de vie pour une démarche circulaire complète

Même la meilleure fenêtre écologique perdra une grande partie de son intérêt si elle est mal posée ou si sa fin de vie n’est pas anticipée. L’installation doit garantir une excellente étanchéité à l’air et à l’eau, ainsi qu’une continuité de l’isolation avec les murs. Par ailleurs, intégrer dès le départ la question du recyclage et du réemploi permet de s’inscrire dans une véritable économie circulaire. Vous ne remplacez pas seulement des fenêtres : vous concevez un système durable de gestion des ressources.

Mise en œuvre selon le référentiel CPT 3560 et membrane d’étanchéité périphérique

En France, la mise en œuvre des fenêtres en rénovation est encadrée par le CPT 3560 (Cahier des Prescriptions Techniques) qui définit les bonnes pratiques de pose en applique, en feuillure ou en tunnel. Le respect de ce référentiel par votre installateur est essentiel pour limiter les infiltrations d’air parasite, responsables de surconsommation de chauffage et d’inconfort. C’est un peu l’équivalent des fondations pour une maison : si la base est mal réalisée, tout l’édifice en pâtit.

Une pose performante prévoit généralement l’utilisation de membranes d’étanchéité périphériques et de mousses isolantes à faible expansion entre le dormant et la maçonnerie. Ces dispositifs assurent la continuité de l’isolation et évitent la création de ponts thermiques au droit des menuiseries. Pour vous assurer d’un travail de qualité, privilégiez un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) et n’hésitez pas à demander quelles solutions d’étanchéité il compte utiliser. Une fenêtre bien posée, c’est jusqu’à 50 % de pertes en moins par rapport à une pose négligée.

Filières de collecte et recyclage des menuiseries via adelphe et valobat

Le renouvellement de vos fenêtres soulève une autre question : que deviennent les anciennes menuiseries déposées ? Trop souvent encore, elles finissent en décharge, alors que plus de 90 % des matériaux (verre, métaux, PVC, bois non traité) sont théoriquement recyclables. Pour remédier à cette situation, la filière bâtiment s’organise autour d’éco-organismes comme Valobat, chargés d’orchestrer la collecte et le traitement des déchets de construction, y compris les fenêtres.

D’autres structures, comme Adelphe ou des réseaux régionaux, participent également à la mise en place de points de collecte et de centres de tri spécialisés. Lors de la signature de votre devis, interrogez votre artisan sur la destination des anciennes menuiseries : travaille-t-il avec une filière de recyclage ? Peut-il vous fournir un justificatif de prise en charge ? Ce simple réflexe vous permet de vous assurer que votre rénovation ne déplace pas le problème environnemental en bout de chaîne.

Démontabilité des composants et réemploi des châssis en rénovation

Enfin, la véritable fenêtre écologique de demain sera conçue pour être facilement démontée et réemployée. Certains fabricants travaillent déjà sur des systèmes d’assemblage sans colle ou avec des fixations mécaniques, qui permettent de séparer le verre, les profilés et la quincaillerie en fin de vie. Ces menuiseries « démontables » facilitent le recyclage matière, mais ouvrent aussi la voie au réemploi, c’est-à-dire à la réutilisation de fenêtres entières dans de nouveaux projets.

Le réemploi est particulièrement pertinent pour des bâtiments temporaires, des projets architecturaux expérimentaux ou des chantiers à budget contraint. En France, plusieurs plateformes se spécialisent dans la revente de menuiseries d’occasion, issues de surplus de chantier ou de déposes soignées. En tant que particulier, vous pouvez déjà demander à votre installateur de déposer vos anciennes fenêtres avec précaution si elles sont en bon état, afin de les donner, de les revendre ou de les réutiliser dans des dépendances. Ce geste simple s’inscrit pleinement dans une logique de réduction de l’empreinte carbone et de préservation des ressources.